Étapes et styles de la reconstruction


Première pierre de la Reconstruction place Alsace-Lorraine

Le 23 avril 1950 est marqué par la visite à Lorient, du Président de la République, Vincent Auriol, venu remettre la Légion d'Honneur à la Ville martyre.

Après un accueil à la gare et les honneurs militaires rendus par la musique de la Flotte, une réception a lieu à la mairie en présence de Monsieur Julien Le Pan, maire de Lorient et de très nombreuses hautes personnalités comme Messieurs Claudius Petit, ministre de la Reconstruction, l'amiral Robert, préfet maritime de la IIe Région, Raymond Marcellin, secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie et député du Morbihan, Jean Laporte, préfet du Morbihan, le sénateur Joseph Le Digabel, les députés Joseph Yvon et Jean Le Coutaller, les membres du conseil municipal, monsieur Guihot, président de la Chambre de Commerce, monsieur Hecquet, président du Conseil d'Administration de la Société du Port de Pêche …

Après la remise du cadeau : une broderie bretonne au Président Vincent Auriol puis la cérémonie au Monument aux Morts, la remise des médailles à la ville et le défilé militaire cours de Chazelles, commence la visite de la ville : l'Arsenal, le port de Ppche, puis la Base de sous-marins suivie d'un déjeuner à la Chambre de Commerce.

Enfin, c'est l'après midi de ce dimanche que Vincent Auriol, Président de la République, pose ce qui devait constituer, officiellement, la première pierre de la «Reconstruction» de Lorient, tout en haut de la rue de l'Assemblée Nationale, à l'angle avec la place Alsace-Lorraine. Il y dépose à l'intérieur le parchemin relatant les évènements de cette journée mémorable pour la ville, en présence entre autres, de monsieur Le Lain, délégué départemental du MRU, et des architectes Jean-Baptiste Houllier et Maurice Baduel. Moment fort, et tant attendu des Lorientais.

C'est le Café de Paris qui occupait cet angle de la Place Alsace-Lorraine et de la rue de l'Assemblée Nationale jusqu'au 26 janvier 1943. Ce jour-là, il est entièrement détruit par les bombardements aériens explosifs et incendiaires.

Cette première pierre est celle de cet immeuble appartenant à Monsieur et Madame Mahé. Il est achevé au début de l'année 1953. Le rez-de-chaussée est loué en avril de cette même année à monsieur Roussely, pharmacien, qui en fait, ne s'y installera jamais, puis en 1957 à monsieur et madame Pierrat pour en faire un magasin de meubles.

Dans le courant des années 1980, c'est l'enseigne de chaussures France Arno qui prend possession de ces locaux puis le magasin «Bocage» depuis mars 2014.

Cette place devait être un lieu de prestige gardant à la fois son tracé ancien mais utilisant les techniques de construction nouvelles, à savoir celles du béton armé et la préfabrication des éléments de façades.

Ce fut une belle réussite … tout comme cette journée qui se termina par des bals publics un peu partout dans Lorient.

Texte : Béatrice Joly

Les propositions

Dès 1943, quelques mois après les premiers bombardements, Georges Tourry polytechnicien et architecte est chargé de la reconstruction de la ville dévastée. Il s'avère très tôt que la reconstruction de Lorient ne se fera pas à l'identique. Pour le ministère de la reconstruction et de l'urbanisme (MRU), il s'agit de rebâtir une ville pour l'avenir. Tourry se met à l'ouvrage dès l'été 1943.

De nombreuses propositions.
Au départ, l'urbaniste souhaitait dé-densifier le centre ancien en dédoublant la ville par le comblement total du bassin à flot sur lequel devaient être construits des logements. Il deviendrait grand axe de composition libérant les quartiers sud des industries et entrepôts. La ville serait séparée des zones portuaires par un bande continue plantée. Elle serait recentrée autour de la place Jules Ferry. Tous les éléments du centre ancien s'éloignant du mur d'enceinte de l'arsenal pour se concentrer autour de la nouvelle place. Elle serait poursuivie par un grand parc, le Moustoir, conçu comme un grand jardin public, cerné par de nouveaux boulevards d'accès débouchant d'un nouveau pont sur la voie de chemin de fer.

Sur la base de ces propositions, les travaux de remembrement commencent. Après six ans de travaux, de propositions de plans, de négociations avec les associations de sinistrés, on abandonne notamment l'idée de construire sur le bassin à flot. Son comblement est stoppé en 1949.

Après le déminage, le déblaiement, la réfection de l'ensemble de l'infrastructure (eau, électricité, gaz), la première pierre est enfin posée le 12 mars 1949, rue du Port. Lorient se rebâtira dans la négociation permanente avec ses habitants et aboutira à un plan respectant le tracé d'avant-guerre, contrairement à Brest, Saint-Nazaire ou Le Havre par exemple.

 

Les dates clés

  • 1943 : Georges Tourry est nommé urbaniste en chef
  • 1944 : présentation à Auray d'une première esquisse de la reconstruction
  • 1945 : libération de Lorient : déblaiement et premiers baraquements
  • 1946 : premier plan de reconstruction. Début du remembrement
  • 1946-49: mise en fonction des réseaux
  • 1948 : acceptation du plan de reconstruction
  • 1949 : pose de la première pierre rue du Port en mars et arrêt du comblement du bassin à flots.
  • 1951 : cinéma le Royal
  • 1952 : école de Merville
  • 1953 : début du lycée Dupuy de Lôme et ensemble "La Banane"
  • 1954 : école Bisson
  • 1958 : pont d'Oradour, Parc des sports
  • 1960 : hôtel de ville
  • 1963 : immeuble du Moustoir
  • 1964 : halles de Merville
  • 2003 : théâtre
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