La Poche de Lorient comprend de nombreuses communes sur un territoire vaste. Des lieux qui aujourd'hui peuvent se retrouver sur le territoire de Lorient aglomération pour certains mais bien au-delà de cette entité pour d'autres.
Brandérion
L’occupation réelle de Brandérion commence en février 1941 avec la réquisition du château de Kerlivio, par le commandement de l'aviation allemande. Le responsable est alors Martin Harlinghausen (Fliegerführer Atlantik = commandant aérien de l’Atlantique) pour la 3e flotte aérienne de la Luftwaffe.
Cette occupation implique l'expulsion des résidants de Kerlivio, y compris les fermiers et leur bétail. Ces derniers s’installent dans un champ près de Kerguellec où ils édifient des constructions sommaires. D'autres fermes et habitations sont également réquisitionnées, partiellement ou en totalité par l'occupant. De plus, ponctuellement, les écoles et le presbytère font office de logement pour des officiers ou des troupes de passage. Les habitants subissent les perquisitions surprises, le rationnement, l'instauration du couvre-feu et le classement de la commune en zone interdite avec un strict régime de laissez-passer. Toutefois, il y a peu de victimes civiles à déplorer, hormis une fermière du Milledec, tuée au retour du moulin peu de temps avant la libération.
Avec l'arrivée vers 9h00 des troupes américaines le 7 août 1944, commence la période la plus difficile pour les Branderionnais. Ce jour-là, un bref mais violent bombardement du bourg par les forces allemandes qui se sont repliées sur Lorient et cherchent à stopper la progression des Alliées fait trois victimes civiles : deux enfants de 8 et 9 ans des familles Le Goff et Philippe et le sous-lieutenant Louis Évanno âgé de 47 ans, chef des sapeurs-pompiers.
La proximité du bourg avec la Poche va impliquer de fréquents bombardements fréquents, faisant plusieurs victimes civiles et poussant la population à s'exiler dans les communes environnantes et le centre Bretagne. Progressivement, le bourg devient un no man's land où se retrouvent seulement FFI et FTP. Kerlivio subit le même sort avec une forte implantation de la Résistance.
La vraie libération du territoire suit la capitulation allemande du 7 mai 1945 à Étel.
Bubry - Quistinic
Dès la fin de l’année 1942 puis début 1943, deux groupes rattachés au FTP (Franc-Tireur et Partisans) se constituent dans la région de Bubry. Le groupe Vaillant-Couturier animé par trois militants communistes, Émile Le Carrer (ancien de l’OS de Quimperlé), Marcel Le Du et René Jéhanno. Le second groupe FTPF, celui de Corentin Carriou de Quistinic. Ces groupes se manifestent par des attaques comme celle de la mairie le 30 novembre à Guémené-sur-Scorff ou encore dans le sabotage de voies ferrées. Le 10 décembre 1943, huit membres du groupe Vaillant-Couturier sont arrêtés à Malguénac sur dénonciation. L’un d’entre eux parvient à prendre la fuite, mais les sept autres sont condamnés à mort par le tribunal miliaire de Vannes : cinq sont fusillés le 25 février 1944 et la peine des deux plus jeunes est commuée. Le 7 février 1944, une rafle est organisée dans la région de Bubry, Baud, Camors et Quistinic par des miliciens nationalistes du Bezen Perrot [unité paramilitaire de volontaires bretons créée par Célestin Lainé et intégrée dans le SD (Sicherheitsdienst soit les SS) allemand en 1943] et du groupe Vissault de Coëtlogon (autre groupe collaborationniste breton) ainsi que par des feldgendarmes allemands. Dix-sept résistants et civils sont arrêtés durant l’opération.
Le 15 avril 1944, le groupe Corentin Cariou attaque un poste d’observation anti-aérien allemand installé au village de Loge-Picot en Quistinic. Des représailles sur la population a lieu suite à la mort de deux Allemands durant l’attaque. Le 17 avril 1944, le cantonnier Joseph Perron est arrêté à son domicile au village de Loge-Picot. D’abord emmené à Locminé pour y être torturé, il est transféré à la prison de Vannes, avant d’être amené au Fort de Penthièvre (Saint-Pierre-Quiberon) où il décède le 28 avril. Le 18 avril, Marcel Le Teuff est abattu par une rafale de mitraillette dans la prairie de Ty-Parez alors qu’il tente de s’échapper du bourg encerclé par les Allemands.
Le 21 avril 1944, trois membres du groupe Corentin Cariou, Émilien Gahinet, Henri Guillo et Louis Le Ruyet, sont arrêtés à Locmaria (Quistinic) et conduits à l’école des filles de Locminé où ils vont être torturés. Ils sont ramenés ensuite à Quistinic où ils ont été contraints d’indiquer une cache d’armes dans le bois de Kerdinam. Les armes avaient déjà été récupérées par les Résistants. Les trois hommes sont alors exhibés dans le bourg, hissé sur un camion. Puis, retour à la cache d’armes vidées où ils sont exécutés. Leurs corps y sont retrouvés le 23 avril 1944 dans une fosse appelée depuis le trou des martyrs.
Également arrêté le 21 avril 1944, Raymond Péresse est emmené à Locminé où il décède des suites de torture.
Le 22 avril 1944, une cinquantaine de jeunes hommes de Quistinic sont arrêtés à leur domicile ou au travail dans les champs et contraints de partir travailler en Allemagne.
Le 1er mai 1944, Mathurin Guégan est tué à son domicile à Locmaria (Quistinic).
Le massacre de la Chapelle du Cloître
Suite à la multiplication des accrochages opposant les SAS et les FFI aux troupes allemandes, les Résistants installent une infirmerie clandestine dans la chapelle Notre-Dame du Cloître située non loin du château de La Villeneuve-Jacquelot (Quistinic). Un jeune étudiant en médecine, connu sous le prénom de Jean-Claude (dit Rascasse dans la Résistance), y fait fonction de médecin du maquis, aidé de Fernande Uzel qui fait fonction d’infirmière. Le 12 juillet 1944, Éliane Tanguy, une jeune résistante, originaire d’Argenteuil et réfugiée à Pont-Douar en Kernascléden, est tuée accidentellement tout près de la chapelle par un de ses camarades alors qu’il est en train de manipuler une arme. À l’aube du 24 juillet, plusieurs unités de la Wehrmacht encerclent la chapelle et les FFI blessés, qui ne sont pas armés, tentent de s’échapper mais quatorze d’entre eux sont abattus. Le 26 juillet, après une dénonciation, des unités allemandes accompagnées de miliciens bretons dont plusieurs sont originaires de Bubry, encerclent un groupe de résistants appartenant à l’état-major FTPF du Morbihan qui est stationné au village de Keryacunff (Bubry) près de Bieuzy-Les-Eaux. Frédéric Bolay est fait prisonnier et incarcéré à Pontivy. Émile Le Carrer et Georges Marca réussissent à s’échapper mais sont arrêtés le jour même à Guern et emmenés à Locminé pour y être torturés. Six autres résistants dont quatre femmes, sont également pris et exécutés au lieu-dit Prat-er-Lann.
Erdeven
Pendant l’occupation, le château de Keravéon est réquisitionné par les services de la Kommandantur. Après le Débarquement, les Allemands veulent conserver Erdeven pour disposer de terrain et d’une source de ravitaillement pour leurs effectifs militaires. Le plan des Alliés pour libérer la ville n’est connu que de quelques personnes comme Michel Le Bris (instituteur public) qui dirige le réseau de renseignement Notre-Dame de Castille, ou encore Eugène Rollando membre du même réseau à qui est donné la mission de sectionner les câbles téléphoniques.
La majorité d’Erdeven est libérée le 12 août 1944 par une colonne blindée américaine, accompagnée de FFI (Forces françaises de l'intérieur). Avant l’assaut, Américains, Résistants et membres du SAS (Spécial air service) se retrouvent à Ploemel, au manoir de Kercadio. Eugène Rollando embarque alors dans la Jeep de tête et dirige la colonne. Les Allemands de leurs côtés ont installé des canons à Botlan et rue du Souvenir. Le premier barrage allemand est bombardé par un avion d'observation américain, le deuxième pulvérisé par un tir de char. Des FFI dégagent ensuite les obstacles. Les Jeep et le convoi entrent dans Erdeven à vive allure, cependant des soldats allemands, retranchés dans le clocher, commencent à les mitrailler. Les FFI, après quelques combats, parviennent à déloger les Allemands. Si la plupart fuient direction Étel vers la Falaise, certains vont se rendre. Les libérateurs défilent dans le bourg. Si la population est en zone libérée, elle ne retrouve néanmoins pas sa tranquillité. Par exemple, le 19 août 1944, suite au sabotage d'un câble téléphonique, les Allemands font plusieurs otages aux Sept-Saints. De plus, tout Erdeven n’est pas libérée, notamment la côte et les blockhaus de Kerminihy qui est le théâtre de durs combats en décembre 1944.
Une plaque commémorative rend hommage à trois soldats américains tués lors des combats lors de ces combats le 8 décembre 1944. Elle rend également hommage à Pierre Germain, gravement blessé par le déclanchement d’une mine et qui décède peu de temps après.
Étel
Le 13 mai 1944, le bateau de pêche Jouet des flots est coulé par un patrouilleur allemand. Le 23 août 1944, plusieurs FFI attaquent les Allemands calfeutrés dans leurs positions de la Falaise, les Allemands ripostent, notamment par plusieurs tirs de mortier faisant plusieurs victimes. La ville est libérée par les Américains le 8 décembre 1944. La Poche est ainsi coupée en deux. En effet, vers 8h30, les Américains lancent l’assaut avec tout d’abord avec des tirs d’artillerie pendant dix minutes suivis de l’assaut de trois compagnies d’infanterie. Le combat dure près de 50 minutes et tous les objectifs américains sont remplis. Bilan : 59 allemands sont faits prisonniers et neuf blockhaus sont investi. Trois soldats américains sont tués lors des combats : deux par éclats d’obus et un par un tir ami.
Le 7 mai 1945 à 20h, le colonel allemand Otto Borst signe, au Café Breton, l’acte de reddition de la Poche de Lorient.
Gâvres
L’Hôtel de la plage appelée le Lager Mattena est réquisitionné pour un campement de l’organisation Todt. Le Fort de Porh-Puns, accueille quant à lui, à partir d’octobre 1940 un groupe d’artillerie lourde chargé de protéger l’entrée de la rade de Lorient. Le 2 septembre 1941, la Pinasse « Le Roger » coule probablement à cause d’unemine magnétique. Les six membres d’équipages sont tués. La mairie de la ville doit se replier à Méridec dans les environs de Sainte-Anne d’Auray à partir de février 1943. Le carré militaire du cimetière abrite les tombes de cinq aviateurs alliés, abattus à proximité de la commune : un crash le 26 mars 1941 puis un second le 11 novembre 1943.
Gestel
Libérée le 10 mai 1945, la commune a perdu la quasi-totalité de son patrimoine architectural religieux. Le hameau de Kergornet, alors composé de six fermes, huit chaumières et d’une chapelle, se trouve juste sur la ligne de démarcation de la Poche. Des combats y font rage, notamment dans la vallée du Scave à la limite de Pont-Scorff, obligeant les habitants du hameau à fuir. À leur retour, leur village n'est qu'un champ de ruines, le clocher de la petite chapelle a disparu. Il est dynamité en février 1945 par des rRsistants car ce clocher à double balcon, fait office de poste d'observation pour les Allemands. Les huit chaumières sont incendiées en 1944 par des soldats allemands.
Guidel
En octobre 1944, Marcel Lorans, en froid avec ses parents, quitte le domicile familial dans l’intention de retourner à Lorient où il a travaillé pour l’Organisation Todt. Lui qui réussit à traverser les lignes Alliées, est arrêté près de Guidel par des soldats allemands. Le capitaine Goluke qui commande le secteur, juge que maintenant qu’il pourrait dévoiler les positions allemandes, il doit être executé. Les sergents Heikhaus et Biewald qui lui annonçent sa libération prochaine, l’escortent jusqu’à un chemin isolé au lieu-dit Kerhoat-Bénoal. Là, le sergent Biewald l’abat d’un coup de révolver dans la nuque. Son corps, enfoui dans une fosse, est découvert le 28 février 1946.
Sous l’égide de la Croix Rouge, 1 300 Guidélois réussissent à quitter la commune en février 1945, suivis en avril par 800 autres empochés. Après la libération, le déminage de la zone dunaire va durer un mois.
Hennebont
Les Américains atteignent le centre-ville d’Hennebont le 7 août 1944, sous la riposte des Allemands repliés à Saint-Caradec et qui parviennent à détruire un char de l’US Army. Pour stopper l’avancée des FFI des 5e et 7e bataillon qui atteignent la rive gauche du Blavet, les Allemands détruisent les ponts. Les civils restés sur place s’organisent. Le 8 août des hommes du 5e bataillon atteignent Saint-Caradec puis la Veille-Ville et chassent les Allemands du camp des Genêts. Pour sa part, le 7e bataillon libère le château de Bel-Air, la zone de Kergars et de Kerlivan. Si au 12 août le front d’Hennebont est stabilisé, la ville est encore coupée en deux.
Île de Hoëdic
Mis à part un détachement de DCA qui reste durant un mois sur l’île en 1941, l’armée allemande est peu présente. Elle revient en mai 1945 avec une escouade allemande pour piller l’île.
Landévant
Alain Le Lay, résistant communiste originaire du Finistère, est arrêté sur dénonciation par des gendarmes français le 12 novembre 1941. Remis aux autorités allemandes, il est déporté vers le camp d’extermination d’Auschwitz où il décède le 4 octobre 1942.
Le 1er décembre 1944, le capitaine Michel Marcor et le sergent Paul Mauricette du 1er régiment aéroporté sont tués lors d'une patrouille autour de Nostang. Bien que tués sur le territoire de la commune de Landévant, leurs noms figurent sur le monument commémoratif de Mané-er-Houët à Merlevenez.
La commune est également touchée par des bombardements lors de la Poche de Lorient.
Languidic
Les premiers Allemands s’installent dans la commune à partir de juillet 1940. Dès 1941, la commune accueille les premiers réfugiés fuyant les bombardements de Lorient. Le 22 juin 1942, un bombardier australien s’écrase à Kerroc’h près de Languidic. Le 16 avril 1943, il s’agit cette fois d’un bombardier anglais qui s’écrase. Cinq aviateurs perdent la vie et cinq sont faits prisonniers.
Le 3 juillet 1944, des membres de la résistance abattent deux chauffeurs de l’organisation Todt. En représailles, une femme est tuée. Les Allemands ont réuni tous les hommes mais l’intervention du maire permet d’éviter un massacre.
Début août, l’occupant quitte le bourg qui est investi par les Résistants puis par les Américains, le 6 août. Les Allemands vont bombarder la commune faisant ainsi sept victimes civiles. D’ailleurs, de par sa proximité avec la Poche, la commune est évacuée à plusieurs reprises, pour cause de bombardement.
Nostang
Le château du Rongouet, occupé à partir de 1942 par la Kriegsmarine, est la cible de bombardements le 22 juillet 1944.
La 2e compagnie du capitaine Le Pichon, appartenant au 4e Bataillon FFI (ex 4e FTPF) commandé par le commandant Jean Rucard, reçoit l’ordre de tenir position devant Nostang, dont le front est pilonné par les batteries de l’artillerie allemande de l’île de Groix et du secteur de Lorient. Le Front de Nostang est l’un des plus sanglants et disputé de la Poche.
Lucien Arnaud est tué au combat du front de Nostang le 6 octobre 1944. Le 16 octobre 1944, le caporal-chef André Gillouzo est tué par un tireur d’élite lors d’une patrouille du côté de Kervignac. Le 22 octobre 1944, Émile Draghi et Pierre Caro sont tués par des fusants. Roger Mathière est tué le 18 novembre 1944 par un tir trop court de l’artillerie américaine sur Languidic.
Le 17 janvier 1945, le clocher de l’église est détruit par un obus allemand privant ainsi la résistance d’un point d’observation important. De nombreux déserteurs allemands notamment des Tchèques et des Polonais se rendent aux résistants de Nostang. Selon le résistant Gilbert Baudry, certains combattront même avec eux.
Ploemeur
En 1940, le château du Ter, propriété de la famille de Vitton est réquisitionné par les Allemands qui transforment l’édifice en poste de commandement de la Flak (unités de batteries antiaériennes allemandes) de la région de Lorient. Ils y construisent sous la demeure, un blockhaus. Sur le site, se trouvent deux autres constructions de béton armé récemment réhabilités. Le château de Soye, quant à lui, accueille un poste de commandement durant la période de la Poche.
Albert Le Roy qui rejoint les FTPF (Francs-tireurs et partisans français) en mars 1943, collecte des informations sur les installations militaires allemandes et fait office d’agent de liaison entre les secteurs de Ploërdut et de Priziac. Au cours du mois d’août 1944, alors qu’il habite dans la Poche de Lorient, il achemine des renseignements aux chefs maquisards qui tiennent le front entre Quéven et Kervignac. Il est dénoncé par une voisine et son amant allemand qui le soupçonnent de détenir des listes de collaborateurs et d’Allemands qui pourraient faire l’objet d’éventuelles représailles après la guerre. Il est donc arrêté pour espionnage le 28 août 1944 et conduit au PC du capitaine Von Maltzahn au village de Keradehuen en Plœmeur. Violemment interrogé, il est exécuté sur ordre du capitaine Von Maltzahn par l’adjudant Weiss et enterré sur place. Lorsqu’il apprend l’exécution qu’il juge sommaire, le général Wilhelm Fahrmbacher relève le capitaine Von Maltzhan de son commandement et le fait interner dans la citadelle de Port-Louis. Le corps d’Albert Le Roy, qui sera identifié par sa mère, est exhumé le 27 mai 1946 sur les indications de son dénonciateur allemand incarcéré à Port-Louis. Emprisonné au camp de La Motte près de Rennes, Von Maltzahn est condamné à mort pour crime de guerre le 10 février 1949 par le tribunal militaire de Paris. Il est fusillé le 4 juillet 1949 au fort de Montrouge (Val-de-Marne)). L’adjudant Weiss est acquitté.
Plouhinec
Le sable de l’espace dunaire est exploité par l'armée allemande dès 1940 pour la construction des nombreux blockhaus, de la base de sous-marins de Lorient et du Mur de l'Atlantique. D'ailleurs, une voie ferrée est aménagée entre le port du Magouër et Port-Louis pour permettre d'acheminer le sable de la ria d’Étel.
Le 22 mai 1941 un habitant de Plouhinec, Louis Larboulette est fusillé à Vannes pour avoir frappé un soldat allemand. Laurent Le Blévec, né le 10 juin 1901 à Riantec, est quant à lui déporté pour avoir gardé une arme alors que les mesures émises par les autorités allemandes en interdisent la possession. Il est déporté Nacht und Nebel depuis la gare de l'Est (Paris) vers le Sonderlager d’Hinzert entre le 29 mai 1942 et le 10 septembre 1943. Envoyé à la prison de Wittlich puis à la prison de Wohlau, il est transféré au KL de Gross Rosen où il décède le 19 janvier 1945.
À la fin de la guerre, par son emplacement, Plouhinec joue un rôle majeur. Des échanges de prisonniers sont organisés au passage entre les ports de Plouhinec et d’Étel. De plus, le 7 mai 1945 à 15h00, s’ouvrent des négociations sur une table du Café du Port au Magouër où le colonel Borst prend connaissance des conditions de la reddition de la Poche de Lorient. Sont également présents à cette réunion de négociations, le lieutenant Boulla, le colonel Joppé (adjoint du général Borgnis-Desbordes), le capitaine Villard, le capitaine Naulleau de la 19e DI ; le colonel Keating (chef d'état-major de la 6e division d'infanterie américaine) ; un secrétaire, un officier et un officier d'état-major américains ; un officier de la Kriegsmarine et un officier d'ordonnance allemand.
Pont-Scorff
Le 21 juin 1940, les Allemands entrent dans Pont-Scorff par la route de Quimperlé, des side-cars d’abord, puis des camions et des voitures blindées. Environ cinq cents hommes de la Wehrmacht restent sur place tout au long de l’occupation.
En 1943, alors que les Alliés ont pris l’habitude de survoler la région pour bombarder Lorient et la base allemande des sous-marins, l’occupant installe de puissants projecteurs aériens à Kerleau. D’ailleurs, six personnes sont tuées sur la commune le 16 février 1943 lors d’un bombardement.
Les troupes américaines atteignent Pont-Scorff le 7 août 1944. Dans un premier temps, les FFI s’installent à Kervarzaouën. De violents affrontements opposent les Allemands aux Alliés, à Bivière dès l’été, puis à Brémelin en novembre. Durant le dur hiver 1945, la ligne de front de la Poche se stabilise entre Gestel et Pont-Scorff.
Port-Louis
Le secteur de Port-Louis est fortement occupé par les troupes allemandes pour défendre la forteresse de Lorient. La Kommandantur de Port-Louis est situé dans la maison Ty-Huella. En 1941, la kommandantur est dirigée par la Kriegsmarine. Le Grand Hôtel de la Plage et des voyageurs est réquisitionné, tout comme l’Hôtel Bellevue qui accueille un camp de l’organisation Todt (lager Von Brauchitsch) et l’Hôtel Ker-Jojeb.
La citadelle de Port-Louis est le lieu parfait pour la défense de l’entrée de la rade de Lorient. Au-delà de la mise en place d’une batterie d’artillerie, la citadelle fait également office de prison pour les soldats allemands frappés de sanctions disciplinaires, jusqu’en avril 1944. À partir de ce moment-là, l’ordre du général allemand Wilhelm Fahrmbacher est d’y enfermer des résistants.
Quéven
La ville est investie, comme Lorient, le 21 juin 1940. Dès leur arrivée, les Allemands s'intéressent au site de Kerlin-Bastard site de la future base aéronavale dont le dossier de projet se trouvaient à leur arrivée sur le bureau du président de la Chambre de commerce Émile Marcesche. L’occupant entreprend de relancer le projet en l'élargissant considérablement à 1 200 hectares, à cheval sur les communes de Guidel, Ploemeur et Quéven. À partir de mars 1941, ils débutent la construction d'une importante base comprenant deux pistes de 2 000 mètres, des parkings très dispersés, de nombreux abris et hangars dont certains existent toujours. La base est protégée par une batterie installée à Moustoir-Flamm (Quéven) qui fera des ravages le 7 aout 1944 dans les rangs américains qui subissent les tirs d’artillerie de la batterie allemande causant 20 morts côté américain et plus de 80 blessés, sans compter de nombreux dégâts matériels.
En outre, ce jour-là, un train va se retrouver pris au piège sous les tirs croisés qui opposent les troupes américaines et allemandes à Beg-Runio en Quéven. Dans ce train, se trouve un groupe d’une trentaine d’otages arrêtés par les Allemands le 4 août 1944 à Rosporden, transférés à Quimperlé, puis embarqués dans un wagon à destination de l’Allemagne. Le wagon s’enflamme par des tirs de balles incendiaires alors que ses portes sont verrouillées de l’extérieur par du fil de fer barbelé. Plusieurs d’entre eux sont blessés lorsqu’ils réussissent à s’échapper par le toit du wagon et ainsi ouvrent les portes du wagon. Neuf d’entre eux ne parviennent pas à rejoindre les lignes américaines et sont tués : Mathurin Baudic, domicilié à Lorient ; Marguerite Caugant née Le Naour, Guillaume Flaouter, Jean Hémery, Jean Le Menn, Jean-Marie Porhiel, tous domiciliés à Rosporden (Finistère) ; Antoine Hénaff et Jean Bernard, domiciliés à Quimper (Finistère) ; Manuel Gudierrer-Valladorès, originaire d’Espagne.
Les Allemands vont reprendre le contrôle de Quéven et incendier le bourg le 18 août.
Riantec
Quelques avions alliés sont abattus au-dessus de la commune durant l’occupation. Riantec connait d’ailleurs deux crashs. L’un le 8 octobre 1942 avec un bombardier britannique, qui tombe au lieu-dit Branroch, touché par la défense antiaérienne allemande (Flak) à 6 000 m d’altitude. Le pilote réussi à poser l’avion mais l’équipage britannique et canadien composé de cinq soldats est capturé par les Allemands. Le 26 août 1944, un chasseur américain heurte un obstacle en mitraillant une position de la Flak et s’écrase sur une ferme. Le pilote et une fermière décèdent dans le crash.
Saint-Pierre Quiberon : Fort de Penthièvre
Jusqu’en avril 1944, le Fort de Penthièvre fait office de prison pour les soldats de la Wehrmacht frappés de sanctions disciplinaires et sert également à la défense du Festung de Lorient. Le 27 avril 1944, pour lutter contre la Résistance française intérieure qualifiée par les autorités allemandes de lutte contre les terroristes, le général allemand Wilhelm Fahrmbacher, commandant du XXVe Corps d’Armée en Bretagne, donne l’ordre d’installer des centres de rassemblement dans le fort ainsi que dans les citadelles de Brest et Port-Louis. Il ordonne d’y incarcérer les « terroristes » arrêtés en attente de leur jugement ou de leur transfert. La garde des lieux de détention où siègent alors les tribunaux militaires allemands spéciaux, est confiée à un régiment de forteresse.
Au fort de Penthièvre, entre mai 1944 et mai 1945, les détenus subissent des sévices (pendaison par les pieds, coups de bâton, supplice de la baignoire, arrachage des ongles), notamment du lieutenant SS Sülling (officier géorgien, membre d’une « unité de l’Est » formée de volontaires armés par la Wehrmacht), dans une salle de torture aménagée spécialement.
Le tribunal militaire spécial du Fort de Penthièvre, au cours des audiences des 18 et 19 mai 1944, prononce huit condamnations à mort pour détention d’armes interdites et actes de francs-tireurs. Les sentences sont exécutées les 19 et 23 mai 1944.
À la fin juin 1944, 23 détenus sont transférés du fort à la citadelle de Port-Louis. Une vingtaine d’entre y sont fusillés après le premier juillet 1944, en exécution d’un jugement rendu par la Kommandantur de Vannes.
Le 11 juillet 1944, devant l’avance des troupes américaines, le chef de la Gestapo de Vannes donne l’ordre au colonel Reese (officier de la Wehrmacht) d’exécuter 52 détenus de la prison surpeuplée de Vannes. Le major Esser, chef de bataillon de la défense côtière, chargé d’exécuter cet ordre, fait transférer au Fort Penthièvre cinquante des détenus dont 25 de Locminé, pour la plupart des FFI et des FTPF. Exécutés le 12 ou le 13 juillet 1944 selon les sources, ils sont amenés deux par deux devant le peloton d’exécution composés de SS géorgiens placés sous le commandement du lieutenant Wassilenko.
Les corps des résistants, dont certains ne sont pas encore mort, sont jetés dans une galerie souterraine d’une trentaine de mètres. Creusée à partir d’un tunnel préexistant de quelques mètres, cette galerie est ensuite refermée par trois murs séparés par de la terre et montés à une distance respective de trois mètres l’un de l’autre.
Sainte-Hélène
À partir du 20 juillet 1942, les Allemands investissent le bourg et les alentours. Un officier et deux soldats logent au presbytère et huit chevaux occupent les annexes. Les entrées de Sainte-Hélène sont contrôlées. Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1943 des bombes tombent sur la commune sans faire de victimes. En mai de la même année, 400 réfugiés de Lorient et des environs, arrivent à Sainte-Hélène. Le 25 mai, les classes de l’école des garçons sont réquisitionnées pour le logement des soldats allemands. Le 19 août 1943, Marcel Danigo, 11 ans, décède accidentellement alors qu’il joue à faire éclater des balles allemandes en les jetant dans le feu.
En juin 1944, un camp de la Résistance se met en place à Kercadic constitué entre autres, de plusieurs Hélénois qui fourniront également de l’équipement. La ferme située au Maného, de l’autre côté de l’étang, va également permettre de nombreux hébergements, tant humain que matériel.
Le 18 juin, après les combats de Sainte-Hélène, les résistants s’y réfugient pour organiser l’accueil de parachutistes britanniques et américains. En juillet, l’ostréiculture est à l’arrêt dans la commune. La gendarmerie de Port-Louis se replie à Sainte-Hélène et installe ses bureaux dans la mairie.
Le 6 août, les allemands font sauter le pont principal qui permet de faire la jonction entre Sainte-Hélène et Nostang. Le 8 août, un détachement de parachutistes et de résistants, commandé par Lucien Neuwirth, quitte Kercadic direction Mané-er-Hoët près de Merlevenez ou les Allemands ont établi un poste d’observation. Ces derniers se rendent sans combattre, et les Français font sauter le dépôt de munitions. Jusqu’au 12 août, le camp improvisé de Kercadic, voit arriver des centaines de jeunes des environs. Au même moment, 800 FFI des cantons de Guémené, du Faouët et de Gourin, sous les ordres du commandant Le Coutaller arrivent dans le bourg. Le 13 août, le camp de Kercadic est transféré au Château de Kerlivio à Brandérion. A la mi-août, la 2e section du bataillon Le Coutaller prend position dans le secteur de Lizourdin à Sainte-Hélène.
Le 2 septembre, le général Fahrmbacher visite le secteur de Sainte-Hélène en voiture. Sept FFI projettent une attaque mais ils se heurtent à un groupe d’une quarantaine d’Allemands. Jacques Bourvellec, l’un des sept, est tué du côté du ruisseau de Lézévry. Le 7 septembre, le bataillon Valmy arrive à Nostang. Dans la nuit, il entre dans Sainte-Hélène et fait douze prisonniers allemands. Il installe son poste de commandement au village de Penhouët, à la sortie de Nostang.
Le 9 septembre, les Allemands déclenchent un violent bombardement sur les positions françaises, tuant Louis Christien et faisant plusieurs blessés. À 20h00, un tir d’obus fusant provoque la mort de Jean Portanguen, sacristain de la paroisse. Le 11 septembre, nouvelle attaque allemande à 7h00, sur un front de trois kilomètres et un bombardement intensif sur Lizourden. La 2e section Le Coutaller parvient à se replier mais après le départ des FFI, les Allemands incendient plusieurs maisons et même l’église le lendemain. Le 15 septembre, les Résistants reprennent leur position. Le 21, les Allemands tentent une poussée en direction du Moustoir, faisant cinq nouveaux blessés parmi les soldats français. Le 22 septembre, le bataillon Valmy est relevé par le bataillon Georges Le Du composé de 800 hommes alors sous les ordres de Léon Razurel. Le PC s’installe au château de Kerfrézec. Le bataillon reste dans le secteur jusqu’au 13 octobre avant d’être remplacé par le 13e bataillon FFI. Le 16 octobre 1944, ils dynamitent le clocher qui constitue un point de repère pour les Allemands.
Le 28 octobre, après une violente offensive contre les hommes du 15e bataillon, revenus occupés leur ancienne ligne), les Allemands s’emparent à nouveau du bourg.
Le 6 novembre 1944, un avion Douglas A24 rattaché au groupe 1/18 (groupe de chasse et de bombardement de l’Armée française) est abattu par la Flak et les deux membres d’équipage décèdent.
Un monument commémoratif à Mané-er-Houët (Merlevenez) rend hommage à cinq résistant(e)s patriotes.
Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto