Pont Saint-Maurice (Laïta) :
Entre 1941 et 1944, l’organisation Todt construit un robuste pont en bois reliant la commune de Guidel et de Clohars-Carnoët au-dessus de la Laïta. Entre le 5 et le 7 août 1944, les allemands en détruisent une partie dans leur fuite. Les FFI de Clohars-Carnoët de peur que les allemands le réparent pour mener des incursions demande à la RAF de le détruire complètement. Il reste aujourd’hui quelques vestiges de cette construction.
Pont Lorois (Plouhinec) :
Depuis le 12 août 1944 et la formation de la Poche de Lorient, les positions allemandes et américaine restent figées. Les percées allemandes, à travers la ligne défensive des Résistants stationnés dans le secteur de Belz, sont redoutées dès la constitution de la Poche. Le pont qui relie les deux rives de la Rivière d’Étel, entre Belz et Plouhinec, constitue le point de passage obligé pour un éventuel raid ennemi dans le but où celui-ci voudrait reprendre pied sur Auray. De septembre à novembre 1944, le bataillon Marco est remplacé par le bataillon Le Cosquer d’Auray. Ce dernier se positionne le long d’une ligne reliant Carnac à Étel et une section est chargée du secteur des Quatre Chemins de Belz.
Les accrochages avec l’ennemi sont relativement fréquents et parfois violents. Les Allemands stationnés à Plouhinec traversent le pont qu’ils contrôlent, pour se ravitailler du côté de Belz, créant ainsi une zone d’insécurité. Devant ces incursions allemandes et le peu de moyen des résistants en hommes et en matériel pour contenir une éventuelle percée vers Auray et aux regards des diverses tentatives effectuées par l’aviation Alliée, l’État Major FFI décide la destruction du pont.
Dans la nuit du 2 au 3 novembre 1944, une équipe de résistants de six hommes commandée par le lieutenant Louis Cocher originaire de Saint-Cado et tous chaussés de pantoufles, profitent du bruit de la marée montante pour couvrir leur avancée sur le pont. Outre la vigilance des sentinelles qu'il faut tromper, les abords sont minés et parsemés de chevaux de frise. Les charges explosives qu'ils placent sur les câbles du pont ne parviennent pas à ébranler sérieusement l’ouvrage. Malgré tout, celui-ci est inutilisable. Les chasseurs bombardiers venus de Meucon, puis l’artillerie américaine achèvent sa destruction les 5 et 6 novembre suivants, coupant ainsi la Poche de Lorient en deux.
Pont Brulé (Quéven) :
La Marine française installe deux poudrières, accessibles par le bas du village de Kerdual (Quéven) qui jouxte Lorient : site du Sac’h Quéven (1883) et site du Mentec (décret de 1878). Toutes deux accessibles par bateau, elles sont reliées entre elles en 1905 par une route interne.
De 1940 à 1944, les Allemands modifient ce lieu stratégique, bétonnent la voûte et les murs extérieurs. Face aux bombardements Alliés, ils creusent sous la colline deux souterrains avec des galeries principales et des galeries secondaires en épis. De plus, dès 1940, ils souhaitent accélérer et sécuriser au maximum le transport des munitions. Aussi, pour gagner du temps et éviter de passer par le pont de Saint-Christophe à Kerentrech, ils contruisent un pont de bois reliant le site des poudrières à Caudan.
En août 1944, pour empêcher les blindés américains de franchir le Scorff, les troupes allemandes arrosent d’essence le pont de bois. Aujourd'hui connu sous le nom de Pont Brûlé, il n'en reste que les vestiges des piliers de bois.
Source :
Leroux Roger, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch, éditeur, Mayenne, 1978
Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto