Troupes présentent au moment de la formation de la Poche :
Heer (armée de terre) : 1er bataillon du 896e régiment de grenadiers appartenant à la 265e division d’infanterie ; l’Ost-Bataillon 636 ; les 12e,13e,14e et 15e et 25e compagnies du IIe bataillon des troupes de forteresse ; les 7e et 10e batterie du régiment d’artillerie de la 265e division.
Kriegsmarine (Marine) : état-major du IVe groupe de Flak avec les 704e, 806e ,807e et 817e groupes de Flak, le 681e et le 708e groupe sur l’île de Groix. Les 1er, 2e, 3e et 5e batteries du 264e groupe d’artilleur de marine.
Luftwaffe (armée de l'air) : 5e groupe de ballons captifs.
Troupes présentent à Groix :
4e compagnie du 798e bataillon géorgien, 4e batterie de la Mafla 708, 4e batterie de la Mafla 681, et 5e batterie du 264e groupe d’artillerie de marine. Les canons : six canons de 75, trois de 105 et quatre de 203 et un de 15mm.
Unités se repliant sur Lorient :
XXVe corps d’armée, basé à Pontivy, se replie le 3 août avec l’état-major du général Wilhelm Fahrmbacher dont le colonel Walther Kaegler commandant de l’artillerie 115.
Bataillon des transmissions 425 commandé par le major Karl Bronsart von Schellendorf.
Poste aux armées 307 et les deux colonnes de transport 307.
État-major des troupes régulières de la forteresse XXV commandé par le colonel Witt.
Feldkommandantur 752 de Quimper avec la poste aux armées annexe 618.
Dès le 8 août 1944, les Allemands parviennent à rapatrier à Lorient 350 tonnes de munitions du camp Banche de Questembert et 800 tonnes de ravitaillement du camp de l’intendance de Quimperlé. Le 9 août, une partie du groupe de combat du colonel Otto Borst (unité spécialisée dans la lutte contre les maquis du Morbihan) entrent à son tour dans Lorient. Le 10 août, le Front est relativement stabilisé. À cette date, à peu près 26 000 Allemands se retrouvent dans la Poche dont 8 250 hommes de l'Armée de terre, 13 200 de la Marine et 1 200 hommes de l'Armée de l'air.
1 200 unités, en grande partie des troupes de l’Est, sont stationnées aux alentours de Quiberon ainsi que sur les île de Groix et de Belle-Île-en-Mer. La plupart des 26 000 hommes qui se trouvent dans la Poche, dont 12 858 marins, ne sont pas préparés pour le combat terrestre. En conséquence, ils vont recevoir une nouvelle formation militaire. Le colonel Otto Borst, commandant la place forte de Lorient en remplacement du colonel Karl Kaumann (blessé par une mine), est chargé de la mise en place de cette préparation. Quant à l'armée de terre, elle est alors composée de vétérans de la Première Guerre mondiale, de soldats peu expérimentés ou de blessés parfois en convalescence.Aussi, pas plus de la moitié est réellement apte au combat. Les plus jeunes hommes de la Marine sont réaffectés à l’infanterie. Ainsi, au 30 octobre 1944, après une courte formation, 10 239 marins allemands sont utilisés comme fantassins ou artilleurs ; 2 559 sont employés dans les services d’état-major et d’intendance et seulement 4 % soit 558 marins sont gardés comme personnel naviguant. Les marins concernés par les réaffectations en tant que fantassins sont par exemple le groupe d’artillerie de marine 681 de l’île de Groix réaffecté à Lanester ou encore les équipages de sous-marins ou de navires de commerce restés bloqués à Lorient.
Quelques bateaux naviguent encore dans la Poche : flottille de protection du port ; HS 8, 11, 12, 14 ; patrouilleurs [VP 222, 223, 225, 226, 227, 231 (VP : vorposten-boote)] ; dragueurs de mines (M4020, 4022) ; chasseurs de sous-marins (UJ-1401, 1405, 1410, 1411,1414, 1415) ; navire de transport Adelbaran. Tous ces bâtiments patrouillent alors entre Lorient, Saint-Nazaire, Groix, Belle-Île et Quiberon pour du transport d'hommes et de matériels. D'ailleurs, le 29 septembre 1944, sous les ordres du lieutenant-colonel Pluns de la 2e flotille des patrouilleurs, l’Adelberan rappatrie de Belle-ïle à Lorient, deux canons de 75 mm ainsi que de 4 000 obus. L’UJ-1411 de retour à Lorient lors d'une de ces opérations de transport, coule après avoir touché une mine le 23 octobre 1944. L'équipage est secouru.
Réorganisation dans la Poche avec la constitution de cinq régiments et la particularité du secteur de Quiberon :
Les défenses maritimes sont réorganisées et tournées vers les terres. L'opération est plus facile pour les batteries montées sur affûts de roues. L’artillerie est réarticulée et regroupée avec au préalable, l’aménagement de positions bétonnées. Comme pour les batteries de marine, les batteries de défense antiaérienne comportent quatre cuves bétonnées dont le tir est coordonné par le poste de direction de tir pourvu d’un télémètre blindé.
Au total, outre les canons de DCA, 140 canons de campagne ont été comptabilisés dans la Poche avec un calibre compris entre 75 et 105 mm ainsi que 30 pièces supérieures à 105 mm.
Groix : 4 pièces lourdes, 10 pièces de campagne de 75 à 105 mm, 6 pièces Flak de 88 mm et 33 canons Flak de petit calibre.
Belle-Île : 26 pièces supérieures à 75 mm, 30 pièces Flak ou Pak.
Quiberon : 20 pièces de calibre supérieur à 75 mm.
Pertes allemandes entre le 10 août 1944 et le 9 mai 1945 :
Les combats font plus de 2 000 blessés côté allemand. Au fur et à mesure, de nombreux déserteurs, notamment parmi les soldats des unités de l’Est, viennent diminuer les effectifs du Reich dans la Poche. En effet, les Alliés tentent d’inciter les Allemands à la désertion. Par exemple, des tracts rédigés en allemand, sont lancés par avion. Si au début de la Poche, très peu d’Allemands se rendent, le terrible hiver qu'ils subissent comme les Alliés, et le manque de vivre, les poussent à se rendre. Certains hésitent, craignant des représailles sur leurs familles restées en Allemagne. La Croix-Rouge de Guidel, pour rassurer les Allemands, installe une grande carte de l’Europe, modifiée chaque jour, en fonction de l’avancée des Alliés. Aussi, une fois leur village libéré, certains soldats n’hésitent plus à quitter les rangs de l’armée allemande et traverseront la Laïta en bateau ou à la nage, parfois aidé par les services de la Croix-Rouge.
Le mois d'août 1944 est le plus meurtrier pour l'occupant allemand avec 202 morts. Jusqu'à la Libération, chaque mois des soldats sont tués : 75 en septembre 1944, 122 en octobre, 72 en novembre, 44 en décembre, 44 en janvier 1945, 57 en février, 125 en mars, 93 en avril, 41 morts en mai.
717 allemands sont enterrés au cimetière de Kerentrech dont 46 inconnus parmi lesquels deux soldats bulgares.
Source :
- Alain Floch, L’occupation allemande dans les 261 communes du Morbihan 1940- 1945, Presses de Cloître imprimeurs à Saint-Thonan, 2019
- Fahrmbacher et Matthiae, Lorient Entstehung und Verteidigung des Marine. Stützpunktes 1940-1945, Prinz Eugen Verlag Weissenburg, 1956
Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto