Forces alliées


Du 15 août au 25 octobre 1944, les douze bataillons, nouvellement organisés de la Résistance française, sont placés sous les ordres du lieutenant-colonel Morice (Paul Chenailler). De son quartier général installé à Vanne, il répartit les bataillons entre le secteur de Lorient et de Saint-Nazaire.

Le secteur Lorientais est placé sous l’autorité du commandant Paul Manceau dont le poste de commandement est basé à Auray. Le 25 août 1944, comprenant qu’une attaque sur Lorient, menée en conjointement avec l’armée américaine ne se fera pas, le commandant Manceau regroupe les unités et en organise le commandement et l’administration. Les hommes âgés ou chargés de famille sont libérés. Ceux qui restent sont alors considérés comme des engagés volontaires : près de 10 000 hommes entrent ainsi dans l’armée régulière. Manceau a sous ses ordres sept bataillons FFI du Morbihan (5 620 hommes) auxquels s'ajoutent des bataillons du Finistère et des Côtes-du-Nord (Côtes d'Armor) et la compagnie de la Trinité avec l’aide des troupes américaines.
Pour la fin août, le service de santé est organisé grâce au dévouement de chirurgiens, médecins et de personnels de clinique. Un hôpital pour convalescents ouvre à Larmor-Baden tandis que l’ancien hôpital allemand de Sainte-Anne-d’Auray est transformé en hôpital FFI. En octobre, une section des transmissions, une compagnie de transport automobile sont mises en place ainsi qu’un poste militaire.

Le secteur de Lorient est divisé en 4 sous-secteurs. La situation de la fin août à la mi-octobre se présente ainsi :

  • sous-secteur Ouest : le long de la rive droite de la Laïta à la hauteur du Talhouët est sous le commandement du capitaine Sylvain Loyer, originaire de Quimperlé. Il compte 890 hommes répartis entre le 17e bataillon FFI et un bataillon de fusiliers-marins. Ils tiennent un front de 10 kilomètres, depuis l’embouchure de la Laïta jusqu'à Gestel. Une réserve de 310 hommes est disponible.
  • sous-secteur Nord : de la Laïta à Hennebont est sous le commandement du colonel Jean Muller, chef du 7e bataillon FFI. Ce secteur compte 2 462 soldats répartis dans les 6e, 7e et 9e  bataillons FFI, dans une compagnie du 11e et une autre du 17e, dans une compagnie de fusilliers-marins, dans deux compagnies du 118e RI.  Il peut également compter sur le renfort des 5e, 6e puis 16e bataillons FFI des Côtes-du-Nord, sur la présence d’unités américaines (301st US). Un front de 22 kilomètres entre Gestel et le Blavet.
  • sous-secteur centre : d’Hennebont à la rivière d’Étel sous le commandement du capitaine Jean Le Coutaller, chef du 10e bataillon FFI. Il compte 2 000 hommes répartis entre les 3e, 4e, 13e et 16e bataillons du Morbihan. Renfort des 3e, 15e, 16e bataillons F.F.I. des Côtes-du-Nord arrivés le 10 octobre 1944 et en place jusque-là mi-avril 1945. Un front de 16 kilomètres entre le Blavet et Nostang.
  • sous-secteur Est : de Belz à Carnac (Le Po) sous le commandement du lieutenant-colonel Yves Le Garrec, chef du 2e bataillon FFI. Renfort du 14e bataillon F.F.I. des Côtes-du-Nord.

Fin octobre 1944, ces bataillons intègrent les Forces Françaises de l’Ouest dont le commandement est confié au général Edgard de Larminat. Les Forces Française du Morbihan (FFM) sont commandées par le général Henri Borgnis-Desbordes. Le 26 octobre est créée la 19e Division d'Infanterie en remplacement des FFM. Dès lors, 20 223 français sont engagés sur le Front. Plus de 9 000 hommes sont répartis entre le 19e dragons, les 118e, 71e et 41e régiment d’infanterie, les trois bataillons de rangers, le 10e régiment d’artillerie, le 4e régiment de fusiliers marins, un bataillon de sécurité et une compagnie de transmission (200 hommes) et le QG (360 soldats et officiers). Le 4e régiment d’infanterie de l’air, issu de résistants du Loir-et-Cher, prend position dans le secteur de Nostang à partir du mois de novembre.

            Néanmoins, les troupes françaises sont mal-habillées, sous-équipées et manquent cruellement d’expérience. En matière d’habillement, si l’indispensable est assuré, l’équipement reste basique : les simples musettes sont encore rares. L’équipement de la 19e DI bretonne reste hétéroclite, qu’il s’agisse de l’armement ou des moyens de transmission, qualifié d’inférieur à celui des régiments de 1939.
Composition de la 19e DI :

  • 41e régiment d’infanterie
  • 71e régiment d’infanterie
  • 118e régiment d’infanterie
  • 10 régiments d’artillerie divisionnaire
  • 19e régiment de dragons
  • 19e bataillon médicale
  • 81e bataillon du génie
  • 81e compagnie mixte de transmission

À compter du 1er janvier 1945, le sous-secteur Ouest passe sous commandement américain ( La 94e Di du général Malony est remplacée par la 66e du général Kramer) et le sous-secteur Est sous commandement français.

- commandement américains :

  • sous-secteur de Brandérion : tenu par le 10e bataillon de marche du Morbihan.
  • sous-secteur Lorient-Nord : lieutenant-colonel Jouteau, commandant le 118e RI (basé à Kerveze). Le 118e est à 3 kilomètres au sud-ouest de Cléguer et à Rédéné, le 14e bataillon de marche des Côtes-du-Nord à Kervennec et la 3e compagnie du 7e bataillon FFI du Morbihan à Pont-Scorff. Les réserves du 118e RI sont à Arzano. Il faut y ajouter une partie du 4e régiment de fusiliers marins.
  • sous-secteur du Finistère : colonel Adol, commandant le 19e Dragon (basé à Quimperlé). Le 19e Dragon est à Kervehennec, le 2e bataillon de marche du Finistère à Garlouet et à Quimperlé, le 1er au Gragnec et à Riec, le 4e régiment de fusiliers marins au Pouldu. Les réserves composées du 3e bataillon de marche du Finistère sont à Scaër.
  • réserves de secteur : le 41e RI, le 1er et 2e bataillon de marche du Morbihan, le 19e Dragon et des régiments d’artillerie divisionnaire.

- commandement français :

  • sous-secteur Lorient-Est : chef de bataillon Biron, commandant le 4e régiment de l’infanterie de l’air (basé à Ploemel). Le 4e RIA tient une ligne Carnac-Erdeven, le 41e RI Locoal-Mendon, le 10e RAD à Kergognan ;
  • sous-secteur Lorient-centre : colonel Languillaire commandant le 71e RI (basé à Landévant). Le 71e RI tient Nostang jusqu’à 2 kilomètres au Nord avec le 10e RAD.
  • réserves de secteur : le 71e RI à Pluvigner et le 16e bataillon des FFI des Côtes-du-Nord à Brandérion.

Côté américain la 4e DB du général Wood est la première à arriver dans le secteur de Lorient lors des combats pour la libération de la Poche, elle est ensuite relevée par la 6e DB du général Grow jusqu’à la mi-septembre. En remplacement, arrive des hommes de la 94e DI américaine sous les ordres du général Malory qui cantonne sur la ligne Pont-Scorff - Hennebont. Le 1er janvier 1945, la 66e DI arrivant directement des États-Unis sous le commandement du général Kramer (6 000 hommes) remplace la 94e DI jusqu’à la reddition allemande du 10 mai 1945.

FFI tués lors des combats de la Poche : 35 en août 1944, 14 en septembre, 23 en octobre, 8 en novembre, 12 en décembre, 14 en 1945.
FFI tués par des tirs d’obus : 7 en août 1944, 3 en octobre, 2 en novembre, 5 en décembre.
FFI morts des suites de blessures : 8 en septembre 1944, 7 en octobre, 5 en novembre, 8 en décembre, 21 en 1945.

Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto

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