Wilhelm Fahrmbacher (1888-1970)
Militaire allemand
Wilhelm Fahrmbacher est né le 19 septembre 1888 à Zweibrücken (Rhénanie-Palatinat – Allemagne) et décède le 27 avril 1970 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne).
Militaire de carrière, Fahrmbacher intègre l’armée allemande en Juillet 1907 dans le 5e régiment d’artillerie de campagne de l’armée bavaroise. En 1909, il est transféré dans le 4e régiment d’artillerie de campagne à Ausgbourg. Puis il entre à l’école de guerre de Munich et est promu lieutenant en mars 1910. Entre 1911 et 1912, il est à l’école d’artillerie et d’ingénierie. Peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il est nommé en 1914, adjudant de son régiment.
Il participe alors aux premières batailles de la guerre et est légèrement blessé le 24 août 1914. Après sa convalescence, il rejoint son régiment et est promu premier-lieutenant en mai 1915. De fin décembre 1915 à avril 1916, il commande une batterie d’artillerie de montagne avant de devenir commandant de la 6e batterie du 21e régiment d’artillerie de campagne. En février 1917, il est transféré au 4e régiment d’artillerie de campagne en tant qu’adjudant régimentaire. Enfin, il est promu capitaine en mars 1918 et occupe ce grade jusqu’à l’armistice du 11 novembre.
En 1919, il intègre l’armée de la république de Weimar : La Reichswehr. Il travaille par la suite au ministère de l’armée et est promu major-général. Le 15 août 1938, il prend le commandement de la 5e division d’infanterie de l’armée de terre (Heer) de la Wehrmacht. Le 31 mai 1939, il est promu lieutenant-général.
C’est à la tête de la 5e division qu’il prend part à l’invasion de la Pologne et plus tard à la Bataille de France. Le 20 octobre 1940, il est promu général d’artillerie et est nommé commandant du VIIe corps d’armée qu’il commande pendant l’opération Barbarossa. Il participe alors à plusieurs batailles notamment à Minsk, Smolensk, Vyazma, Moscou ou encore Rzhev.
Rappelé par la suite en France, il prend le 1er mai 1942, le commandement du XXVe corps d’armée chargé de la protection du mur de l’Atlantique en Bretagne et installe son quartier général à Pontivy. Ses hommes participent au printemps 1944 à plusieurs opérations qualifiées par l'occupant d'antiterroristes. Au moment où sont mis en place des tribunaux militaires allemand, c’est lui qui donne l’ordre d’enfermer les résistants capturés au sein du fort de Penthièvre ou de la citadelle de Port-Louis, Plusieurs dizaines de résistants vont alors être exécutés et leurs corps ensevelis dans des charniers.
En Juin 1944, lors de l’opération Overlord, il prend temporairement la tête du LX XXIVe corps d’armée, chargé de combattre les Américains dans le Cotentin. Le 31 juillet 1944, alors que les Américains se rapprochent de la Bretagne, il reçoit l’ordre de les retenir près du Pont de Pontaubault (Manche) mais ces derniers parviennent à franchir le pont. Revenu au commandement du XXVe en Bretagne, il reçoit l’ordre d’empêcher les Alliés de s’emparer des ports de Brest, Lorient, Saint-Malo et Saint-Nazaire.
Le 3 août 1944, face à l’avancée des Alliés, il quitte son QG de Pontivy pour Lorient, le Festung (forteresse) qu’il faut à tout prix tenir. Hitler lui a donné l’ordre de tenir le Festung de Lorient au moins huit semaines. Bien que commandant de toutes les forces de Bretagne, son commandement ne s’exerce véritablement qu’à Lorient. Encerclé, il ne peut diriger ses troupes repliées sur les Poches de Saint-Malo et de Brest qui sont entièrement libérées entre le 17 août et le 19 septembre 1944.
Entre le 7 et le 9 août 1944, la 4e DB américaine du major-général John Wood tente de libérer Lorient. Après de violents tirs d’artillerie qui entrainent la mort de plusieurs dizaines de soldats américains, elle se replie. Il a jugé que prendre Lorient causera des pertes importantes, laissant le soin aux Résistants français de tenir le siège. Farhmbacher jugera plus tard, que si les Américains avaient persévéré, Lorient serait tombée rapidement.
Le 10 août, alors que le front de la Poche de Lorient se stabilise, il prend le commandement direct des défenses de la ville. Ce dernier parvient pendant près de 9 mois à tenir le siège en réquisitionnant de la nourriture pour ses hommes. Il réussit à organiser plusieurs raids comme sur les îles de Houat et de Hoëdic ou encore la réussite de la prise de Sainte-Hélène en octobre 1944.
Le 7 mai 1945, avec la capitulation de l’Allemagne, une réunion est organisée au Magouër (Plouhinec) dans le Café du Port, pour conclure à un cessez-le-feu. Le soir même, la reddition des forces allemandes de Lorient est signée dans le Café Breton à Étel. Trois jours plus tard, le 10 mai, une cérémonie de reddition est organisée à Caudan, au cours de laquelle Farhmbacher remet symboliquement son arme au général Herman Kramer de la 66e division d’infanterie américaine. Le 19 mai, avec d’autres officiers allemands faits prisonniers, il est contraint de visiter le charnier de Port-Louis. Il déclare qu’il ignorait le sort de ces résistants, lui qui a donné l’ordre de leur incarcération dans la citadelle.
Comme tous les hauts responsables militaires allemands, il est obligé par les Américains de rédiger un rapport sur son activité pendant la guerre. Ce rapport est publié en 2012 : Souvenirs de la base (Keroman, 1940-1945) – Liv’Éditions (traduction du capitaine Jean Aubertin, préface de René Estienne).
Il dresse alors un bilan aussi flatteur que nostalgique de son action à la tête des troupes allemandes réfugiées au sein de la Poche de Lorient, d'août 1944 jusqu'à la capitulation du IIIe Reich, le 7 mai 1945. Ce rapport est une source utilisée pour la majeure partie des publications liées à cette période. L’orientation que donne le général à son texte peut contribuer à promouvoir le geste des défenseurs du Mur de l'Atlantique. Aussi, s’il s'avère une source essentielle de l'histoire de la Poche de Lorient, il faut l’étudier avec recul à cause des non-dits et des distorsions...
Remis aux autorités françaises par les Américains, il est interné en France jusqu’en 1950. Bien qu’un rapport d’nquête du 17 novembre 1947, effectué par la police française, montre le rôle clé qu’il a joué dans la mise en œuvre des exactions sommaires, il sera libéré. Jamais le juge français ne l’entend au tribunal et seul une déclaration écrite, transmise par la justice allemande, est remise au juge français. À sa libération, il part en Égypte où il devient conseiller militaire de 1951 à 1958. Durant cette période, il échappe à une tentative d’assassinat des services secrets du Mossad.
En 1956, est édité l’ouvrage Lorient, Entstehung und Verteidigung des Marine-Stützpunktes 1940/1945 (Lorient, Création et défense de la base navale 1940/1945), qu'il rédige avec l’amiral Walter Matthiae, commandant allemand du chantier naval occupé de Lorient, d’octobre 1940 jusqu’à la Reddition.
Retourné par la suite vivre en République Fédéral Allemande, il décède à Garmisch-Partenkirchen le 27 avril 1970.
Médailles militaires :
Croix de fer de 2e classe (2 octobre 1914)
Croix de fer de 1re classe (16 juin 1917)
Insigne des blessés en noir (1914)
Croix d'honneur (15 décembre 1934)
Médaille des Sudètes (21 novembre 1939)
Agrafe de la Croix de fer de 2e classe (21 mai 1940)
Agrafe de la Croix de fer 1re classe (11 juin 1940)
Croix de chevalier de la Croix de fer (24 juin 1940)
Médaille du Front de l'Est (10 août 1942)
Croix du mérite de guerre avec glaives de 2e classe
Croix du mérite de guerre avec glaives de 1re classe
Croix allemande en argent (30 octobre 1943)
Source :
https://www.lexikon-der-wehrmacht.de/Personenregister/F/FahrmbacherWilhelm.htm
https://en.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Fahrmbacher
http://www.lesamisdelaresistance56.com/index.php/resistance-en-morbihan/les-massacres-de-port-louis-de-mai-a-juillet-1944
Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto