Herman F. Kramer (1892-1964)
Militaire
Herman Frederick Kramer est né à Lincoln (Nebraska) le 27 novembre 1892. Il est fils de Franz (Frank) Kramer, immigrant allemand et de Sophia Rodenspiel, Américaine de première génération dont les parents sont allemands. Kramer grandit en parlant et en lisant l'allemand comme l'anglais.
En juillet 1910, Kramer s'enrôle comme soldat dans le 5e régiment d'infanterie de la Garde nationale du Nebraska. Il est promu sergent en octobre 1910 puis sous-lieutenant en décembre 1912. En août 1914, il est nommé capitaine et devient inspecteur de la pratique des armes légères du régiment. Puis en juin 1916, il accepte une réduction de grade au rang de premier lieutenant afin de servir avec son régiment en service actif pendant l'expédition Pancho Villa. Il sert alors avec le 5e Nebraska Infantry au Camp Llano Grande près de Mercedes (Texas) et effectue des patrouilles de sécurité le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Le régiment retourne au Nebraska en février 1917 et Kramer est démobilisé du service actif.
Avec l'expansion de l'armée en prévision de l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, Kramer est promu sous-lieutenant d'infanterie dans l'armée régulière en mars 1917 puis affecté au 40e régiment d'infanterie à Fort Snelling (Minnesota). Il suit ainsi une formation dans plusieurs forts, notamment Fort Leavenworth et Fort Riley (Kansas). Kramer est promu premier lieutenant dans l'armée régulière le 15 avril 1917, capitaine temporaire dans l'armée nationale le 5 août 1917 puis capitaine permanent dans l'armée régulière le 15 décembre 1917.
La guerre terminée, Kramer sert dans le 14e Régiment d'infanterie à Fort Davis (Panama). En juillet 1923, de retour aux États-Unis, il est affecté à l'état-major de la 83e division d'infanterie à Fort Hayes (Ohio).
Kramer est diplômé du cours avancé d'officier d'infanterie en 1927 avant d’être nommé professeur adjoint de sciences militaires, pour le programme du Corps de formation des officiers de réserve à l'Université de l'Illinois. Il est promu major en décembre 1929. En 1931, il étudie au Collège de commandement et d'état-major de l'Armée des États-Unis et en sort alors diplômé en 1933. En mars 1937, Kramer est affecté au 29e régiment d'infanterie. En mai 1937, il fait partie d'un petit groupe d'officiers germanophones, sélectionnés pour un programme d'échange avec notamment l'école d'état-major allemand de Berlin et le service dans une unité militaire allemande. Il est promu lieutenant-colonel en juin 1939. Le début de la Seconde Guerre mondiale met fin au programme d'échange et Kramer revient aux États-Unis fin à la fin de l’année. À partir de 1940, il utilise son expérience pour fournir aux journalistes et aux responsables du renseignement américain, des informations sur la capacité militaire de l'Allemagne. Après son service à Fort Benning (Géorgie) en août 1941, Kramer est affecté au service d'état-major de l'Armée américaine. Promu colonel en octobre 1941 puis général de brigade en juillet 1942, il est nommé commandant adjoint de la 104e division d'infanterie en août 1942.
En mars 1943, Kramer occupe le poste de major général de l'Armée des États-Unis et est affecté le mois suivant au commandement de la 66e division d'infanterie qu'il dirige. La division est basée à Camp Blanding, (Floride), à Camp Robinson (Arkansas), à Camp Rucker (Alabama) et en Angleterre. En décembre 1944, la 66e Division fait route vers la France à bord des transports SS Léopoldville et HMS Cheshire. Les navires se trouvient à cinq milles de Cherbourg lorsque le Léopoldville est torpillé par un sous-marin allemand : 56 membres d'équipage périssent, tandis que la 66e division perd 14 officiers et 748 soldats. Après sa réorganisation à Cherbourg, la 66e Division relève la 94e Division d'infanterie qui patrouille le long des secteurs de Lorient et de Saint-Nazaire en Bretagne.
La 66e patrouille alors sur un front de 112 milles et mènent des attaques d'artillerie sur les Poches allemandes. Elle met hors d’état, plusieurs canons allemands comme la batterie du Bégo et coule de nombreux bateaux de ravitaillement. Parce que les troupes américaines coordonnent leurs activités avec les unités françaises, Kramer commande toutes les forces des Alliées de la région. Il est le chef du secteur côtier du douzième groupe d'armées.
Après la capitulation inconditionnelle de l'Allemagne le 7 mai 1945, des officiers allemands et américains se rencontre près d'Étel pour organiser une trêve afin de pouvoir négocier les conditions de reddition des forces allemandes de Lorient. Le 10 mai, une cérémonie a eu lieu près de Caudan, au cours de laquelle le général Herman Kramer accepte la reddition des 50 000 soldats du général Wilhelm Fahrmbacher. Son mépris pour ses ennemis fait à l’époque, la une des journaux. En effet, lorsque le général Fahrmbacher présente son pistolet, Kramer choisit de ne pas le rendre comme le fait habituellement le vainqueur. Au lieu de cela, il le conserve et le jet apparemment avec désinvolture sur le siège de sa Jeep, disant alors dédaigneusement qu'il s'agit au mieux d'une arme à feu de classe B.
Après la capitulation de l'Allemagne, la 66e Division est basée à Coblence (Allemagne) pour des fonctions d'occupation et notamment surveiller les camps de prisonniers de guerre allemands. Kramer est alors nommé gouverneur militaire.
En septembre 1945, Kramer est chargé de commander la 97e division d'infanterie qui a quitté l'Europe et les États-Unis pour le Pacifique en vue de l'invasion du Japon. La reddition du Japon le 2 septembre 1945 met fin à la nécessité d'une invasion. Arrivé fin septembre, la division établit son quartier général à Kumagaya et occupe six préfectures. La 97e Division retourne aux États-Unis en février 1946 et est dissoute le mois suivant.
Kramer prend alors le commandement de la 86e Division d'infanterie et est affecté à des tâches de maintien de l’ordre aux Philippines. La division combat alors les soldats japonais qui ne sont pas rendus ainsi que l'insurrection Hukbalahap (organisation de partisans communistes philippins) qui s'oppose au gouvernement philippin. Kramer quitte le commandement en juillet et prend sa retraite pour invalidité, le 31 décembre 1946.
Après avoir pris sa retraite de l'armée, Kramer s’installe à San Antonio (Texas) où durant dix années, il devient superviseur de terrain pour la Government Personnel Mutual Life Insurance Company. Il est également membre du conseil d'administration de la San Antonio River Authority. Il décède au centre médical militaire Brooke, sur le camp militaire de Fort Sam Houston, le 20 octobre 1964. Il est enterré au cimetière national d'Arlington.
Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto