Edgard de Larminat (1895-1962)
Militaire
René Marie Edgard de Larminat, fils de René de Larminat (1859-1921) officier des eaux et forêts et de Madeleine de Seguins-Pazzis d’Aubignan (1861-1953), naît le 29 novembre 1895 à Alès (Gard). Il se marie à Beyrouth (Liban) le 27 octobre 1937 avec Suzanne Claire Marguerite Mahé. Il décède le 1er juillet 1962.
Bon élève, il suit des études aux lycées de Gap et de Troyes. Admissible en 1914 à Saint-Cyr promotion Grande Revanche, il passe les oraux malheureusement interrompus par la déclaration de guerre. À 19 ans, il s'engage à Dijon comme simple soldat au 27e régiment d'infanterie. Affecté au 134e, il va suivre les cours spéciaux des élèves de Saint-Cyr.
Affecté en janvier 1915 au 321e puis au 121e, il est promu aspirant en août 1915 et sous-lieutenant en décembre. En juin 1916, blessé par éclat d'obus au fort de Vaux, il fait preuve de bravoure et refuse de se faire évacuer avant la fin des opérations. Lieutenant en décembre 1916, il est promu capitaine en septembre 1917. Gazé en mars 1918, il est de nouveau blessé par éclat d'obus en juin de la même année. Il termine cette guerre avec quatre citations à l'ordre du jour et la Légion d'honneur.
En octobre 1919, sa formation de Saint-Cyrien achevée, il choisit les troupes de marines (armée coloniale). Il part pour deux ans et demi au Maroc où il commande le 13e bataillon de tirailleurs sénégalais d'Ouezzane. Nouvelle citation pour lui. Là, il prend part au combat contre les Djebalas en avril et mai 1921. Il est ensuite attaché à l'état-major du gouverneur général en Afrique-Occidentale française (AOF) puis, de 1923 à 1926, au commandement du cercle de Kiffa en Mauritanie. Entre 1925 et 1928, il est successivement affecté au 1er régiment de tirailleurs sénégalais, au 1er régiment d’infanterie coloniale (RIC) et au 22e RIC. En mai 1928, il intègre en Indochine, le cabinet militaire du gouverneur général et est promu chef de bataillon en septembre 1929. De retour en France, il prend en février 1931, le commandement d'un bataillon du 4e régiment de tirailleurs sénégalais à Fréjus. Puis, de 1933 à 1935, il suit les cours de l'École supérieure de guerre. En janvier 1936, devenu lieutenant-colonel, il est affecté au Levant en tant que chef d'état-major du général, en tant que commandant en chef du théâtre d'opérations du Moyen-Orient.
En mars 1940, il est promu colonel. En juin 1940, refusant de rendre les armes, suivant ainsi l'ordre du gouvernement de Bordeaux, il diffuse des appels pour des volontaires militaires. Il prépare l'évacuation des troupes volontaires en Palestine. Arrêté et emprisonné, Il s’évade rapidement et arrive à Damas le 1er juillet 1940. Il rejoint les Forces françaises libres (FFL).
Élevé au grade de général de brigade le 27 août 1940 par le général Charles de Gaulle, il organise depuis Léopoldville le ralliement du Moyen-Congo à la France libre après le 28 août 194,. prenant le commandement civil et militaires en lieu et place du gouverneur général des territoires ralliés, puis membre du Conseil de défense de l'Empire, haut-commissaire de l'Afrique française libre à partir du 12 novembre 1940 et jusqu'en juillet 1941. Nommé général de division, il repart en Syrie auprès du général Catroux. Le régime de Vichy le condamne à mort par contumace.
Il organise des bataillons africains des FFL formant la 1ère division française libre et la colonne Leclerc. En Décembre 1941, il est nommé adjoint du général Catroux, commandant en chef au Levant, et prend le commandement des 1re et 2e brigades FFL pendant la campagne de Libye, où il organise la défense de Bir-Hakeim. En juillet 1942, il subit un grave accident de voiture sur la route du Caire à Alexandrie, en Égypte. Il prend le commandement de la 1re DFL en janvier 1943 et se rend en Tunisie. En juin 1943, il devient chef d'état-major général des FFL.
Il rejoint le corps expéditionnaire français du général Juin, où il commande, en juin 1944, un corps de poursuite composé de la 1ère DFL et de la 3e DIA. Là, son sens tactique et son esprit de décision lors des combats contre les Allemands dans la région de Viterbe lui valent une nouvelle citation en juin 1944. En août 1944, il participe au débarquement en Provence à la tête du 2e corps d'armée, au sein de l'armée B, future Première armée. En octobre 1944, il est nommé à la tête des Forces françaises de l'Ouest sur le front de l'Atlantique et chargé de réduire la résistance allemande des Poches de l'Atlantique Pendant l'hiver 1944-1945, il réorganise les FFI en cinq divisions d'infanterie. Ainsi, en avril 1945, il prend toutes les positions allemandes de la Gironde et libère le port de Bordeaux. Après la capitulation de l'Allemagne, il prend possession de La Rochelle, Saint-Nazaire et Lorient, du 8 au 10 mai 1945.
En novembre 1945, il est nommé inspecteur général des troupes coloniales. Il dirige la délégation française à la conférence des experts militaires français et britanniques qui organise le départ des troupes françaises de Syrie en 1946. En juin 1947, il est mis en cause, avec les généraux Juin, Kœnig, Béthouart et Guillaudot, dans l'affaire dite du plan Bleu et relevé de son commandement le 2 juillet, avant que l'affaire ne retombe. Promu aux rang et appellation de général d'armée en 1953, il manifeste son soutien au projet de Communauté européenne de défense. Nommé Inspecteur des troupes coloniales en 1955, il est versé un an après en 2e section du cadre de réserve.
Il est le premier président de l'Association des Français libres de juin 1945 à 1962. Le 15 juin 1962, le général de Gaulle le nomme président de la Cour militaire de justice chargée de juger les participants au putsch d'Alger d'avril 1961 en lieu et place du Haut Tribunal militaire. À la suite d'un malaise cardiaque, il est hospitalisé le 19 juin pour une dizaine de jours, à l'hôpital du Val-de-Grâce. Le 1er juillet, il se suicide à son domicile.
Texte et recherches de Romain Bodiou-Biglietto