Roger Le Hyaric dit Commandant Pierre (1920-2010)
Charpentier de marine
Dessinateur de marine
Résistant
Homme politique
Roger Le Hyaric est né le 19 février 1920 à Lanester et décède le 21 décembre 2010 à Lorient. Fils de cheminot, il étudie à l’école primaire supérieur de Lorient qu’il quitte à 15 ans, bien que bon élève, pour aller travailler. Il commence alors en tant qu'ouvrierr à l’arsenal maritime de Lorient comme charpentier puis y devient dessinateur.
À dix-neuf ans, dès la déclaration de guerre, il s’engage dans l’armée. Ne possédant pas le baccalauréat, il est refusé dans l’armée de l’Air et intègre le 18 octobre 1939, le 8e régiment du génie d’Angers. Admis à l’École militaire d’application du génie (EMAG), il suit la formation des futurs officiers de réserve à Versailles en février 1940. Le 16 juin 1940, l’école repliée à Saint-Sulpice-sur-l’Agout (Tarn) depuis le début du mois, Roger Le Hyaric participe à la mutinerie qui éclate au sein de l’École contre les officiers incompétents.
Caporal-chef de l’artillerie BOA (bataillon d’ouvriers d’artillerie) au 4e groupement du génie, il est démobilisé à Lyon le 28 septembre 1940. Dès le 13 octobre 1940, il retrouve son emploi à l’arsenal de Lorient. Avec d’autres jeunes ouvriers de l’arsenal, il forme un groupe de résistance et se retrouve congédié par mesure disciplinaire le 15 septembre 1941 en même temps que Jean Branchoux et Marcel Le Goff.
Échappant à l’arrestation, il rejoint les FTPF (Francs-tireurs partisans français). Il adhère au parti communiste clandestin en 1943. Chef d’un petit groupe de combattants, il devient le commandant de la première compagnie Lanquetil. Il prend de plus en plus de responsabilité dans la Résistance et devient dirigeant départemental, régional et enfin interrégional. Il devient dans la dernière phase de la guerre, « subdivisionnaire » adjoint de tous les FFI de Bretagne et Inter FTPF de la région Ouest. En septembre 1944, il occupe le poste de chef de l’état-major de la subdivision du Morbihan et du Front de Lorient.
Intégré dans l’armée comme lieutenant de la Première Armée, il participe à la campagne d’Allemagne en 1945 puis il est envoyé en Algérie en tant officier de 1947 à 1948. Il démissionne de l’Armée et est démobilisé en février 1949. De retour à la vie civile, il retrouve son épouse et deux enfants en bas âge. Il intègre alors le Centre de diffusion du livre et de la presse (CDLP) de mars à juin 1949. Il devient responsable politique et commercial pour le Morbihan du journal des fédérations communistes de l’Ouest de la France Ouest-matin.
Suite à un conflit, entre Julien Le Pan (maire depuis 1946) et Jean Le Coutaller (député depuis 1945) au sein du SFIO (section française de l'internationale ouvrière) local, le PCF (parti communiste français) emporte la mairie de Lorient lors d’une élection partielle en 1951. Le nouveau maire, Charles Le Samedy, prend Roger Le Hyaric comme premier adjoint.
Le Hyaric occupe les fonctions de secrétaire fédéral du PCF de février 1953 à juillet 1962 date à laquelle il est remplacé par Armand Guillemot. Il suit alors une formation de quatre mois à l’école centrale de formation du parti et intègre le comité fédéral, de juillet 1962 à mai 1968.
En outre, il est aussi membre du comité directeur des anciens combattants et résistants. Après cela, il ne brigue plus de mandat et concentre son activité sur l’écriture de la mémoire de la Résistance communiste dans le Morbihan. Il publie plusieurs ouvrages : Les patriotes de Bretagne en 1966, Maquisard 1944 Baud – Saint-Barthélémy – Lorient - Quimperlé en 1992, Maquisards en 1996, Les FTP de Bretagne, maquisards, terroristes, patriotes ou bandits en 2000.
Il se représente toutefois pour une élection cantonale partielle à Baud où il obtient le 18 novembre 1979, 17 % des suffrages exprimés faisant ainsi progresser le PCF de 2,4 % par rapport aux cantonales de 1976.
Il reste fidèle à son parti et s’engage en 2007 dans le comité de soutien à Marie-George Buffet. En 2010, quelques mois avant sa mort, il soutient la campagne de Gérard Perron, maire d’Hennebont, tête de liste du Front de gauche et dissident des fédérations bretonnes du parti.
Lors de ses obsèques, son éloge funèbre est prononcé par Jean Maurice, ancien résistant et ancien maire de Lanester.
Source : https://maitron.fr/spip.php?article136560