En juin 1940, très précisément le 21 juin les troupes allemandes firent une entrée martiale à la caserne du Quartier Frébault en tenue vert de gris et en cirée, la fanfare en tête, les cuivres rutilant en ce premier jour de l'té 1940. Les officiers français remettant synmboliquement les clés de la caserne à l'officier allemand venant prendre possession du quartier militaire français.
Quelques semaines plus tard, faisant preuve d'un courage extraordinaire, ma grand-mère se présente devant le Feldkommandant de la caserne bardée des drapeaux alliés afin de solliciter ce haut gradé pour que mon grand-père ancien combattant de 1914-1918 qui fit Verdun et le Chemin des dames où il fut gazé, puisse regagner en tant que prisonnier des allemands après la percée désastreuse de Sedan, la caserne Frébault de Lorient. L'officier séduit ar ma grand-mère fit le nécessaire. Mon grand-père regagna Lorient où il fut affecté à la cuisine du régiment allemand. Elle écrivit aussi à monsieur Rreynaud, président du Conseil jusqu'en juin 1940. Ma grand-mère rendit hommage à cet officier allemand très correct et humain, j'ose imaginer l'attitude d'un gradé SS.
Souhaitant aussi évoquer l'attitude des " bons français " pendant cette triste période après les bombardements Alliés sur Lorient en janvier 1943, atteignant sans succès la base de sous-marins de Keroman, mais par contre s'acharnant sur la population civile afin de la terroriser, selon Churchill, il y eut 200 morts à Lorient.
Ma famille se réfugia à Quimper, mais auparavant il fallait se nourrir, les provisions venant à manquer dans la sous-préfecture du Morbihan entièrement détruite, sans vie et dans un amoncellement de gravats.
Ma grand-mère avec une amie se mit en quête de quelques provisions dans les alentours de Lorient et de Quimperlé, bien souvent l'accueil fut détestable notamment, sous les jets de cailloux, de pierres, des insultes. Je cite " nous ne servons pas les réfugiés lorientais " : triste exemple de la mentalité française.