Adrienne Le Bec


Adrienne Le Bec, témoignage adressé à Yvette Cadet

Née le 16 novembre 1918 et ma fille le 2 avril 1940, avec mon mari, nous habitions au 108 de la rue Louis Roche, ma belle famille au 98. Le 27 novembre 1940 mon mari démobilisé, nous revenons à Lorient, un obus non éclaté aboutit au premier étage, peu de dégâts ! En fin d’après-midi comme beaucoup de Lorientais nous sommes allés à la Ville-en-Bois. Ce fut pour nous tous la révélation visuelle des horreurs de la guerre.

Les bombardements continuent… La maison Lacroix au bout de notre rue détruite, un enfant plus loin tué avec un éclat, des dégâts sur notre maison.

Pendant ce temps, les enfants jouaient à la guerre, ramassaient les éclats.

J’attendais le car dans l’abri de la place Bisson, tout d’un coup de jeunes enfants y font irruption, landau, poupées les serrant dans leurs bras comme elles avaient vu les mamans, coups de sifflet des garçons à l’extérieur, fin de l’alerte, tout ce petit monde disparaît. Puis arrive janvier 1943. J’entends encore les bombes qui sifflaient au dessus de nos têtes et qui tombent rue de Calvin.

Nous quittons Lorient, vélos, remorque pour aller chez mes parents à Sarzeau. Un défilé sur le pont, entre autre un homme avec une brouette disant : c’est tout ce qui me reste !

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