Georgette Pouleriguen


Interview réalisée en 2001 à l’occasion de l’exposition Lorient 1 ville, 1000 visages, 100 ans de photographies

J’allais à l’école, la petite école Sainte Anne. Je me souviens de bombardements pendant que j’étais à l’école. Je me souviens que dans la classe, on s’est précipité comme des petits poulets, vous savez, les uns par-dessus les autres, tellement on avait peur de tout ce qui pouvait se passer. …l’école a dû fermer peu de temps après.

On habitait au 3e étage rue de Merville, je venais juste d’avoir 6 ans. J’avais eu tellement peur. J’avais l’habitude de voir les bombardements. On descendait à la cave, on mettait une paire de chaussettes, une couverture. Et puis on commençait à trembler là-dessous. On tremblait comme des bouteilles. On était assez nombreux. Quand on est remonté au 3e, il y avait cette vue sur tout l’ensemble de Lorient, on voyait toutes les églises qui brûlaient, les gens qui hurlaient et mon père revenant de captivité et disant à ma mère « c’est pas possible, on ne peut pas la laisser ici, ça va continuer.

Pour ce qu’on mangeait, un peu de pain noir qu’on avait. Je me rappelle simplement le pain blanc que j’ai vu pour la première fois. C’était au Faouët ou j’étais en 1943, les petites filles de la campagne qui venaient et qui apportaient ce qu’elles avaient à manger, dans la cour de l’école. Et moi, je restais regarder ça. Ça sentait bon ! C’était extraordinaire ce pain là ! On avait le droit à une petite.. ; une petite miette.

Bien qu’amélioré depuis quelques temps, grâce à l’aide financière de la défense Passive, par l’acquisition d’une motopompe d’un débit de 40m3 heure, le matériel d’incendie dont sont pourvus les corps du département s’est avéré encore très insuffisant. Dans son rapport du 22 janvier 1943 ; l’inspecteur départemental des Services d’Incendie souligne combien le manque d’échelles mécaniques n s’est fait sentir : »bien des foyers auraient pu être noyés s’ils avaient pu être attaqué par le haut ». Il demande une nouvelle autopompe à grande puissance et une échelle aérienne sur plate-forme automobile pour chacune des villes de Vannes et Lorient. D’autre part, plusieurs corps de sapeurs-pompiers n’ont pu se servir des bouches incendie de Lorient et ont dû utiliser le bassin à flot, ce qui a nécessité l’emploi de grandes longueurs de tuyaux et entraîné une perte de pression et une perte de temps considérable. La standardisation des bouches incendies s’impose donc ainsi que le renouvellement d’un bon nombre de tuyaux mis hors d’usage.

Les pompiers titulaires n’étant qu’au nombre de 40 (il y a 80 pompiers auxiliaires), toute relève a été impossible. Rentrés à 19h00 le 15 janvier à la caserne dont ils étaient partis à 0h15, ils sont repartis à 19h30 et pendant 48 heures n’ont pu manger que des casse-croûtes et dormir quelques heures à tour de rôle.

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