Henri Fénies


Henri Fénies, résistant

J’avais 15 ans en 1940 quand j’ai commencé mes premiers sabotages contre le matériel des troupes d’occupation allemandes.

J’étais élève à l'Ecole Primaire Supérieure de Lorient. Je menais mes études en section industrielle et en même temps la pratique technique dans un garage lorientais. Avec un camarade nous avions souvent à réparer des autos Citroën réquisitionnées par la Kriegsmarine ou la Wehrmacht.

Notre méthode était d’introduire de la limaille d’acier dans la boite de direction… et de bien la refermer ; au bout de quelques jours, il suffisait d’un virage accentué ou pris un peu vite et le véhicule partait dans les décors.

Après les bombardements de 1943 et l’évacuation de Lorient, je me suis trouvé « réfugié » au Faouët avec mes parents, mon p^ère ouvrier à l’arsenal, ma mère ménagère. C’est là que j’ai fait la connaissance des résistants du Réseau « Libération Nord » dont le principal responsable était Jean Le Coutaller, alors instituteur, et qui allait devenir mon commandant quand j’ai rallié les FFI.

Les parachutages d’armes et de munitions auxquels j’ai pris part m’ont permis d’être armé du fusil anglais Enfield, très sûr ! Et de grenades.

Mon chef direct était Pierre Guillaume, autre instituteur ; son jeune frère marc et une douzaine d’autres « Maquisards » formaient notre groupe très déterminé, mobile. Après le débarquement des Alliés le 6 juin 1944 nous avons multiplié les actions capables de gêner au maximum les déplacements des troupes allemandes dès que les consignes, données par radio depuis Londres, nous parvenaient, notamment en coupant des lignes téléphoniques et en sabotant des voies ferrées, et toujours en assurant la réception d’armes et de munitions.

Début juillet, avec deux camarades je circulais à l’avant-garde d’une patrouille d’autres FFI, le long de la voie Le Faouët-Gourin du petit train qu’on appelait le « train de patates » car il apportait à Lorient les pommes de terre de cette région.

Notre patrouille de treize hommes avance en silence, aux aguets comme d’habitude. Un bruit devant nous, suspect. Chacun se gare et se prépare, puis voilà des casques allemands. Nous leur tombons dessus ; à leur surprise s’ajoute la peur « des Terroristes » ! La lutte est brève, après avoir eu deux blessés dont un Feldwwebel ; ils crient « Kamarades » et se rendent, désarmés.

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