Maurice Gouriou


 

Voici un bref rappel sur le 81e Bataillon du Génie de la 19e Division d'Infanterie :

Lors de la capitulation de la Poche de Lorient, ce Bataillon comptait environ 500 sapeurs répartis dans 3 compagnies de combat, plus une compagnie de commandement.

Tous ces gens étaient bien formés et très entraînés à une tâche qui représentait 80 % de l'activité  : le déminage ou la protection, le tout sans gloire, combat anonyme du sapeur...

Ce Bataillon, formé en septembre 1944 dans la région de Redon, au Nord de la Poche de Saint-Nazaire, secteur aquatique et inondé, guerre de patrouilles, a rejoint, au 1er mars 1945, une Compagnie opérant sur la Laïta. Il s'étoffa au sein de la 19e D.I.

Mais, par rapport a d'autres unités du secteur, en raison de la technicité nécessaire aux sapeurs, il était commandé par des Officiers Supérieurs venant d'autres fronts : Italie, Tunisie, débarquement Sud.

A la 81/1, ma Compagnie etait commandée par un lieutenant FFL, venant de la 2e DB, Ingénieur des chemins de fer en Colombie !... J'étais sapeur depuis 1942.

J'ajoute, pour ma situation personnelle, que j'ai eu l'honneur d'être designé pour pénétrer, avec ma section, en premier ,sur la presqu'île de Quiberon.

Le commandement tenait à récupérer, dans les règles, le Fort de Penthièvre, ouvrage appartenant a la Défense Nationale et gérée par le Génie. J'ai effectué cette opération.

Toutes les sections sont entrées dans la Poche après les vérifications néces saires.

Déminage - Dans  certains petits  ouvrages, rédigés sans méthodologie, on trouve « n'importe quoi », des vantardises comme des imprécisions. Tout cela aux archives de la 19e D.I.

Seul, le bureau de déminage du Génie divisionnaire possède les plans des champs de mines qui ont été remis, lors des conventions de capitulation, par les sapeurs allemands. Compte tenu de mon expérience, lors de nos interventions, l'on me remettait les plans. J'avais une petite équipe technique. Les sapeurs consultaient les plans...

Dans la première période, il n'y avait pas d'allemands sur les champs de mines. Au début des visites assidues des Américains, convention de Genève aux lèvres, et nous-mêmes, pour des raisons sécuritaires et techniques, nous craignions les suicidaires. Un peu plus tard, pour les travaux face a Lamester, j'ai disposé d'une trentaine de prisonniers pour les chargements et déblaiements.

J'ai effectué les destructions de tonnes d'explosifs en compagnie d'un Feldwebel allemand.

Dans ma compagnie, lors des chantiers de déminage, opéraient :

- A ma gauche, l'Aspirant Raymond Pontoizeau, sur Port-Louis/Merlevenez (un gros morceau !) ;

- A ma droite, l'Aspirant Guy Pontoizeau (aucune parenté). Ce dernier deviendra Général de Gendarmerie.

D'autres sections étaient au travail.

Les chantiers s'étant terminés vers la fin juin, nous avons cédé la place et nous avons rejoint Angers, puis l'Allemagne.

Les principaux acteurs (officiers supérieurs) sont tous disparus. Lors du 50e Anniversaire, a Lorient, je me suis trouvé être le seul officier de ma Compagnie... Il faut dire qu'en 1945, j'avais 22 ans !

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