Tombeau Bodélio


Ses obsèques ont lieu dès le lendemain de sa mort, le jeudi 29 décembre 1887. Toutes les classes de la société locale se mélangent. Des délégués des Sociétés de secours mutuels dont il a été durant de longues années l’unique médecin, a envoyé, outre des couronnes, une délégation. La Société des secours mutuels des ouvriers de toutes professions, dont Bodélio est resté le médecin jusqu’à sa mort, a quant-a-elle déléguée cent de ses sociétaires.

Très affable, paternel dans ses relations, le docteur avait voulu conserver auprès de sa tombe la simplicité qui avait été pour ainsi dire la caractéristique de sa vie. […] il avait longtemps exprimé que les honneurs militaires ne lui fussent pas rendus. Un cortège d’amis lui suffisait […] au vu de la foule [il nous est permis de croire qu’elle a dépassé tout ce que cet homme simple et modeste pouvait souhaiter. Sur le parcours du cortège, les becs de gaz étaient allumés en signe de deuil. […] Journal Le Nouvelliste du Morbihan, 1er janvier 1887.

L’église a été bien trop petite pour accueillir toute la foule désireuse d’exprimer sa sympathie et sa reconnaissance envers le médecin. Selon le journal Le Petit Lorientais du 30 décembre 1887, le nombre des personnes qui suivaient ne peut être exactement évalué ; le défilé dura plus de 10 minutes, c’est à dire que ce nombre dépasse plus de 5 000 personnes.

Outre l’annonce du maire pour la transformation de dénomination de la rue de l’Union où habitait Louis Bodélio, en rue Louis Bodélio (décision par délibération du conseil municipal du 28 décembre 1887), il informe l’assistance que par décision de ce même conseil, un monument funéraire sera élevé par une souscription publique. Après l’ouverture de la souscription le 13 février 1888, 1 800 personnes vont permettre à la tombe d’être dressée au cimetière de Carnel. Toutefois la somme récoltée est insuffisante et la municipalité n’a d’autre choix que de financer le reste. Le 25 mai 1889, le monument funéraire achevé, une cérémonie a lieu pour la translation des restes mortels du docteur, du dépôt funéraire au caveau installé en face de la tombe du poète Auguste Brizeux. Outre les membres de sa famille, un petit nombre de personne ainsi qu’une délégation du conseil municipal y assiste. Une brigade de gardien de la paix est formée autour du cercueil. Devant les quelques 200 personnes rassemblées, le poète René Asse lit une poésie partiellement retranscrite dans la presse :

C’était l’ami de la famille,
Le vieux compagnon du foyer ;
Du pauvre il était la béquille,
Et du riche le conseiller.

Le 6 juin 1889, le journaliste Yan Carnel, évoque le médecin et son tombeau dans le journal Le Nouvelliste du Morbihan : […] J’ai vu le caveau du docteur Bodélio, ce consolateur des souffrants, ce guérisseur patient et dévoué des humbles, cet homme de bien que la mort a surpris à la tâche sublime qui le retenait parmi nous. […] et bientôt, un palmier vert donnera la fraîcheur et l’ombre au marbre d’un monument digne de lui. Il est là, celui qui fut l’espoir des agonisants et l’ami de tous, celui qui voua son existence entière à lutter contre les fléaux horribles et impitoyables qui déciment l’espèce humaine. Combien il en a guéri, combian il a ravi d’êtres à la faux aveugle de la Mort ! Il est là près de Brizeux le doux poète de la Bretagne qui fut son ami autrefois, et c’est pour tous les deux maintenant que le rossignol des nuits chantera dans le noir feuillage du grand chêne, pendant les mois d’été.

Le monument est à l'image du personnage : discret, austère et loin du paraître. Voir le médaillon

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