Église Sainte-Anne d'Arvor


À l'origine, il s'agit d'une vaste chapelle de Secours qui fait parti de la paroisse de Merville. En effet, quand elle est construite, elle est destinée à recevoir environ 5 000 fidèles qui forment la population totale de La Nouvelle-Ville en 1895.

La Nouvelle-Ville faisant partie de la paroisse Saint-Louis, la population doit se rendre à la chapelle qui est éloignée de deux kilomètres de La Nouvelle-Ville. En 1893, la paroisse compte 12 000 âmes au total. Fort de ce constat q'une seule chapelle de 30 mètres de profondeur, qui plus est, située à l'extrémité du territoire, est insufisante pour autant de paroissiens, le 21 octobre 1893, Louis-Auguste Marsille se rend chez son notaire, Édouard Arnox, pour faire une donation pure et simple entre vifs et irrévocable à la Fabrique de Merville d'une partie de ces terres. Pour monsieur Marsille, il importe d'ériger au point le plus central de ce nouveau quartier, une chapelle dite de secours suffisament grande pour les besoins actuels et susceptible d'agrandissement en raison des besoins futurs. Le terrain avec une superficie de 1917 m2 est délimité au sud par la rue du Pont-Tournant (actuelle rue Carnot), à l'est par le terrain de Louis-Auguste Marsille, au nord par la rue Dupuy-de-Lôme, à l'ouest par le terrain de madame Glotin - Le Pontois. L'acte de donation est passé chez le notaire le 26 juin 1895. L'acte précise que le dit terrain sera affecté exclusivement à l'érection d'une église catholique, dite chapelle de secours, nécessaire aux besoins du culte.

Le 9 avril 1895, le président de la République Félix Faure, autorise l'érection de la chapelle sur le terrain de 1910,50 m2 et d'une valeur de 14 500 francs. Le culte pourra y être célébré sous la surveillance et la direction du desservant de l'église succursale de Merville.

 

La première pierre est bénie par monseigneur Bécel, évêque de Vannes, le 30 juin 1895. Les plans sont dressés par le chanoine Jean-Marie Abgrall du diocèse de Quimper. Nommé professeur de dessin et d'archéologie au séminaire de Pont-Croix en 1873, il y enseigne pendant treize ans. L'essentiel de ses constructions est antérieure à la loi de séparation de l'Église et de l'État : églises d'Édern,  Plogastel-Saint-Germain, Plomelin, Tréboul ; chapelles du petit Séminaire de Pont-Croix, du Likès, Sainte-Anne de Pratanras. Après cette loi, il ne construit qu'un seul édifice, Notre-Dame de Kerborne à Brest (1909-1910).

Outre les éclésiastiques, les principaux donateurs assistent à la cérémonie de bénédiction. Il s'agit de Louis-Auguste Marsille, Hyacinthe Glotin, Charles Mery - Le Beuve, Édouard Arnox qui se sont portés garants pour les 80 000 francs nécessaire à la construction de l'édifice. La première pierre de la chapelle Sainte-Anne d'Arvor est scellée avec la truelle d'argent qui a servi lors de la bénédiction de la première pierre de la basilique d'Auray. La cloche provenant de la fonderie Havard  de Villedieu en Normandie, est bénie le même jour. Elle est baptisée Jeanne-Françoise et porte les inscriptions : J.-M. Bécel, évêque de Vannes ; François Le Guyader, recteur de Merville ; A. Havard, fondeur à Villedieu.

Monsieur Le Normand, entrepreneur à Vannes, qui est également l'auteur de la basilique de Sainte-Anne d'Auray, est chargé de la construction de la nouvelle chapelle lorientaise. La chapelle dont les travaux ont commencés dès le 27 juillet 1894, est livrée au culte le 26 octobre 1896. Pourr l'occasion, l'édifice bénit à nouveau solennellement l'édifice. Le 29 juillet 1900 a lieu la fête patronale de Sainte-Anne d'Arvor avec une quête destinée à l'achèvement de l'édifice.

Au moment de la loi de séparation de l'Église et de l'État, aucun inventaire n'est effectué à Sainte-Anne d'Arvor. En fait, Louis-Auguste Marsille, par l'acte notarié du 21 octobre 1893, fait valoir ses droits contre la mise sous séquestre en revendiquant le terrain sur lequel est construit l'édifice. En conséquence, le préfet du Morbihan prend un arrêté le 6 mars 1909 qui stipule que le domaine-séquestre doit lui restituer le terrain et les constructions qui le couvrent.

En mai 1911, elle est déjà jugée insuffisante pour les 15 000 paroissiens. Il apparaît alors nécessaire d'agrandir l'édifice. Les nouveaux travaux comprennent un choeur et une abside avec une chapelle dédiée à Sainte-Anne. Les travaux achevés, l'église est consacrée en 1913. La Nouvelle-Ville devient alors la paroisse Notre-Dame d'Arvor.

Le 24 février 2021, des travaux de réfections démarrent sur la toiture suite à des fuites d'eau que l'édifice subit depuis quelques temps. Pour financer ces travaux, le recteur lance un appel aux dons. La restauration des cloches est évaluée à 13 000 €, les travaux sur la toiture et la charpente à 7 500 €, l'entretien de la façade et des ouvertures à 4 500 €, tandis que la mise aux normes de l'électricité est estimée à 3 500 €.

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