Collège de Tréfaven


Le 26 septembre 2017, la Ville de Lorient et le Conseil départemental du Morbihan annoncent la fermeture à la rentrée 2020 du collège Jean Le Coutaller au Bois-du-Château et du collège de Kerentrech pour être remplacés par un collège unique. Ce choix est dû à la vétusté des deux collèges qui implique des coûts de fonctionnement, d’entretien et de dépenses énergétiques élevés. De plus, les limites de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite à certains espaces sont également un problème. Il est décidé que le futur établissement sera implanté sur les bords du Scorff, à Tréfaven, quasi à mi-chemin des deux anciens collèges. Ce choix d’implantation est réalisable grâce à la mise à disposition du terrain par la municipalité.

En 2017, un premier budget pour la construction, est évalué à 10,7 millions d’euros. La signature du marché de maîtrise d’œuvre est alors prévue en juin 2018 et le lancement des travaux en mars 2019.

Le 2 décembre 2017, une manifestation rassemblant 150 personnes est organisée au centre-ville contre la fusion des collèges.

Ce nouvel établissement d’une capacité de 650 élèves et qui devrait en accueillir environ 535 à son ouverture (290 pour Kerentrech, 245 pour Jean Le Coutaller), représente un investissement de 17 millions d’euros financé par le conseil départemental du Morbihan. La part des travaux représente 13,6 millions. Au projet initial dont l’objectif de livraison est alors à la rentrée 2020, le conseil départemental a modifié le cahier des charges pour y ajouter une salle polyvalente de spectacle. Ainsi, l’option arts du spectacle devient l’un des socles communs du futur établissement. Cette démarche s’appuie sur la classe orchestre du collège Jean Le Coutaller et l’option cirque de Kerentrech qui a ouvert à la rentrée 2019.

Le bâtiment est l’œuvre de l’agence d’architecture Onze04 de Nantes (agence d'architecture Valéro Gadan). Le cabinet définit son projet ainsi : " Le projet veut être l’expression de la sobriété et de la durabilité. Toutes les façades, quelles que soient leur orientation, donnent du sens à l’équipement et à son contexte. La volumétrie du bâtiment avec les événements nécessaires à l’affirmation de certaines fonctions fait partie d’une réflexion globale.
Le bâtiment se déploie en « O », et positionne la cour de récréation au centre de la composition. La forme volontairement plus fermée est travaillée dans sa limite périphérique comme une bande épaisse qui gère la mise à distance et permet de créer des jeux de pleins et de vides, des percées visuelles et des transparences.
L’approche architecturale globale de notre conception a consisté à regrouper et identifier les différents volumes programmatiques. Les espaces fonctionnels ont été abordés non pas comme une succession de volumes autonomes, mais plutôt comme une volumétrie continue. Assemblés entre eux, l’ensemble des volumes regroupés forment une unité participant à l’homogénéité de l’édifice.

Les façades sont travaillées sur le thème de l’art optique de la cinétique. Elles se déclinent en strates horizontales, où s’alternent des rythmes de pleins et de vides, créant des perceptions différentes suivant l'angle de vue. Associé au soubassement en béton, un dispositif de lames verticales bois, avec une face recouverte d’une plaque colorée, crée un jeu de reliefs et de rythmes cinétiques et permet d’unifier l’ensemble.
Au-dessus du socle, les façades sont traitées par un revêtement aluminium à ondes variées. La variation du rythme des nervures accentue l’effet de stratification recherché. La vêture composée de pliures variées va refléter la lumière, créant un effet qui n’est pas sans rappeler les reflets de la mer sous la lumière variée d’une journée.
"

L’emprise totale est d’environ 1,8 hectare dont 8 800 m2 seront clôturés. La surface-plancher du collège a une emprise de 6 800 m2. Les hauteurs du bâti vont de 11,95 mètres à 14,6 mètres avec un cour de récréation centrale. Les bâtiments abritent un gymnase mutualisé, une salle polyvalente de spectacle, un restaurant scolaire, une salle de documentation, une salle de musique, une salle d’arts plastiques, deux salles d’enseignements technologiques, trois salles de travaux pratiques de physique-chimie et une vingtaine de salle de cours.

Les travaux de terrassement débutent en septembre 2019 sur une partie du stade de Tréfaven, faisant ainsi disparaître une piste d’athlétisme de 200 mètres, un terrain stabilisé et le terrain d’honneur de football. 6 800 m2 de terrain doivent être viabilisés.

Parallèlement, afin de préparer au mieux la fusion, la pratique des langues étrangères s’accentue dans les deux collèges, le but étant à terme de créer une option européenne langue et civilisation étrangère. Il est envisagé que les ateliers astronomie et robotique de Kerentrech soient intégrés aux parcours des élèves en étant transformés en option.

Le 8 décembre 2019, Norbert Métairie, alors maire de Lorient, et François Goulard, alors président du conseil départemental, annoncent ensemble que le nom qu’ils souhaitent proposer au conseil d’administration du nouveau collège de Lorient est celui de Denise Court.

Denise Court, fille de l’industriel Jean Périgault (commerce du bois), nait à Lorient le 26 janvier 1918. Déléguée de la Croix rouge Lorientaise durant la Seconde Guerre mondiale, elle en sera présidente de 1953 à 1991 avec une interruption de trois ans. Ancienne dirigeante de la concession Renault de Lorient, elle mène de front sa carrière professionnelle, ses engagements sociaux et une brillante carrière politique. En 1957, elle est la première femme de France à être élue conseiller général du canton de Lorient. En 1962, elle est élue présidente de la commission des affaires sociales de l'habitat et de la culture du département qu’elle a réussi à créer. De 1959 à 1965, elle est adjointe au maire de Lorient. Première Vice-présidente du conseil général chargée de l'action sociale, proche de Raymond Marcellin, son influence permet au département de faire avancer de nombreux projets dans l'aide sociale (centre de rééducation de Kerpape, l’hôpital Charcot, l’office HLM, l’aide à l'enfance…). Denise court, qui ne souhaite plus se présenter, termine son dernier mandat de conseiller général du canton de Lorient en 1993. En 1965, elle crée l'Association départementale de sauvegarde de l'enfance dont elle sera présidente durant 16 années. Elle reçoit la cravate de commandeur de la légion d'honneur en 1995. Celle qui était souvent dénommée la Dame de cœur, décède le 25 décembre 2011. François Goulard dit d’elle : c’est bien que ce soit le nom d’une femme. La féminisation est souhaitable. Denise Court est une personnalité qui a marqué Lorient. Une grande dame, intelligente, de caractère, qui a beaucoup compté au conseil général. Quant à Norbert Métairie, il salue celle qui pourtant n’était pas du même bord politique : elle a été vice-présidente du conseil général, joué un rôle important à la Croix Rouge et avait une grande proximité avec la population. La famille de la défunte a donné son accord au maire quant au choix d’une telle dénomination. Le conseil d’administration du collège devra émettre un avis, mais la décision définitive revient au conseil départemental, qui en est le propriétaire, et devra prendre une délibération pour officialiser cette dénomination.

En août 2020, même si les travaux ont pris du retard au niveau du gros œuvre à cause de la crise sanitaire et du confinement, l’ouverture est encore envisagée en septembre 2021.

Le 10 décembre 2021, le conseil départemental annonce aux conseils d’administrations des deux établissements (Bois-du-Château et Kerentrech) l’ouverture du nouveau collège pour la rentrée scolaire 2022. Comme le collège Brizeux, il dispose des concepts innovants en termes de pédagogie dans ce qui relève des outils numériques, de la mobilité du mobilier jusqu’au self participatif.

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