École d'Art de Lorient


De l’usine de peinture Lappartient à l’école Européenne Supérieure d’art de Bretagne, site de Lorient

La Perrière: la naissance du quartier

Au 18e siècle, le quartier de la Perrière était situé à l’extérieur de la ville de Lorient. Il était notamment constitué de marécages et de quelques espaces cultivés et dédiés à l’élevage.
Un chemin conduisait vers le château de Keroman, le village de Kergroise et à la carrière de la Perrière, attestée dès le 18e siècle.
En 1711, un calvaire expiatoire, la Croix de la Vérité, a été édifié le long de cette route, pour réparer le vol de vases sacrés effectué par un matelot génois à l'église Saint-Louis, l’année précédente. Ce calvaire est toujours situé face à l’École Européenne Supérieure d’art de Lorient (EESAB) après le pont de Carnel.

Aux 19e et 20e siècles, le quartier connaît un nouvel essor avec le développement de la plaisance et des bains de mer. Dès le milieu du 19e siècle, un phare nommé le feu de la Perrière est construit pour signaler l’entrée du Blavet. En 1884, une plage est aménagée et en 1907 un casino et des cabines de plage sont édifiés. Les commerces s’y installent progressivement. Une ligne de tramway permet de relier le quartier à Ploemeur.

Après la Première Guerre mondiale, le quartier de la Perrière devient le cœur économique et industriel de Lorient avec l’aménagement progressif du port de pêche.
À la même période, les premiers quais du port de commerce de Kergroise sont édifiés.

L’usine de peinture Lappartient: un bâtiment emblématique de la Reconstruction

H. Lappartient bénéficie de dommages de guerre après les destructions engendrées pendant la Seconde Guerre mondiale pour construire une grande usine de peinture en 1949. La réalisation est confiée à l’architecte Henri Reglain (1901-1974). Ce bâtiment est emblématique, puisqu’il est l’un des premiers reconstruits dans le quartier et marque encore aujourd’hui l’entrée de l’avenue de la Perrière.

Pour la construction de l‘usine de peinture, Henri Reglain généralise les nouvelles techniques de construction. Il associe des éléments préfabriqués et du béton armé à des matériaux reconstitués comme les panneaux de gravillons lavés situés entre les fenêtres et les pavés de verre pour éclairer l’escalier.
Attaché à partager une esthétique inspirée du régionalisme, il utilise le granit sur de grandes surfaces pour donner un caractère prestigieux à l’usine.

La façade sur l’avenue de la Perrière marque la partie administrative du bâtiment, dominée par un escalier monumental, tandis que la façade latérale ponctuée de grandes ouvertures verticales correspond à l’espace de production des peintures. Pour relier ces deux façades, l’architecte crée des oculus, des ouvertures rondes, qui rappellent l’identité maritime du quartier. Un soubassement en bossage rattrape la pente du sol pour donner une impression de stabilité et renforcer l’unité des deux façades. Le dernier niveau en attique est en retrait et donne une unité aux deux façades. Il dissimule de la rue une toiture en dent de scie en partie vitrée qui diffuse la lumière naturelle dans toute l’usine.

En savoir plus sur l’architecte Henri Reglain

L’usine de peinture Lappartient: symbole du dynamisme économique

L’usine de peinture Lappartient représente l’âge d’or de l’industrie des quartiers de Keroman et de Kergroise de 1949 à 1985. Elle dépose des dizaines de marques de peinture et de vernis industriels, dont le fameux « gris Lappartient », peinture officielle pour les bâtiments militaires de la Marine.
Malgré la mobilisation des ouvriers et de la municipalité, l’entreprise H. Lappartient & Steren est en liquidation judiciaire et ferme ses portes en juillet 1985.
Racheté en 1987, le bâtiment va connaître une succession rapide d’entreprises  aux usages divers : National Sea, un centre de remise en forme, une solderie, Halieutis, Alpha Boy, etc. Le bâtiment se dégrade progressivement.

De l’école des Beaux-Arts à l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne

À la fin des années 1990, Lorient connaît une crise économique et sociale dans le secteur de la pêche et le déplacement d’activités militaires hors de la ville. La municipalité met alors en place une politique de redynamisation du quartier de la Perrière, qui se poursuit aujourd’hui.

Dans ce cadre, la ville a entrepris l’acquisition de l’ancienne usine Lappartient en novembre 1998 pour 1,02 million d’euros. Elle y installe les bureaux de l’agence de développement Audélor coté Avenue de la Perrière, et l’école municipale des Beaux-Arts dans les anciens espaces de production de l’usine. L’école était installée depuis 1972 au 9 rue Jules Legrand.
Manquant d’espace, elle peut  désormais bénéficier de grands espaces de travail, de lumière naturelle et d’un lieu de création.
Le projet est dirigé par l’architecte en chef de la ville, Philippe Albert. La première rentrée a lieu en 2000 avec 180 étudiants. Le bâtiment est réparti sur 790 m², avec plusieurs ateliers situés à l’arrière du bâtiment. La création d’un escalier permet de relier les différents niveaux. Le traitement architectural est réduit au minimal : le sol est en béton brut, les murs en parpaings et la charpente laissées apparentes.
La ville de Lorient reçoit en 2001 le prix spécial des Rubans du patrimoine pour la « réhabilitation du patrimoine industriel du XXè siècle ».

Le rez-de-chaussée accueille un espace d’exposition ainsi que les élèves de première et deuxième année. À l’étage se trouve  des ateliers ou se réunissent les étudiants de troisième, quatrième et cinquième année. L’espace en attique abrite les ateliers ouvert à tous les publics, comme les cours du soir. L’école compte également un espace administratif, une salle de documentation, un amphithéâtre et plusieurs ateliers. L’établissement devient école supérieure d’art en 1999 puis École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne / Site de Lorient en 2010.

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