Croix de la Vérité - monument expiatoire


Maryse Le Roux, passionnée d'histoire locale, a effectué une recherche approfondie sur la Croix de la Vérité, dite aussi monument expiatoire, dans différents services d'archives (ministère de la Défense, minutes du procès du matelot, etc). Elle a livré le fruit de ses recherches aux Archives municipales... Rappelons qu'il fait partie des quatre monuments classés de Lorient.

Texte d’origine apposé sur la pyramide : « Cette croix a esté posée en 1711 par ordre de Louis le Grand en réparation du sacrilège commis dans la nuit du 19 au 20 d’Octobre 1710 par un matelot Génois qui, ayant volé deux ciboires dans l’église parroissiale de lorient, les enterra en ce lieu et fut brulé le 5 février 1711 en exécution de l’arrest du Parlement de Bretagne du 21 Janvier 1711. »

Ainsi mourut Giacomo GROPALLO, matelot gênois, embarqué sur la frégate royale corsaire La Galatée en escale à Lorient, qui fut pendu puis brûlé après avoir volé par trois fois l'église Saint- Louis.

Pour l’exemple, Louis XIV, en accord avec l’évêque de Vannes, fait ériger cette pyramide surmontée d’une croix sur un terrain situé environ 200 m plus bas sur l’avenue La Perrière. L’Académie des Inscriptions en réalise le dessin et libelle le texte qui figurait en latin, en français et en bas-breton sur trois plaques en feuilles de marbre ornant le soubassement du monument. À la Révolution, les biens de l’Église sont mis en vente et Joseph Morin, cultivateur de ce terrain, en fait l’acquisition le 24 février 1798 (6 ventôse an VI).

En 1906, suite à la loi de séparation des Églises et de l’État, le conseil municipal ordonne sa destruction bien qu’il soit situé sur un terrain privé : le monument est descellé, la croix arrachée. La famille Morin obtient sa reconstruction en 1917 après onze ans de bataille juridique. Au cours des années 1920, elle cède la croix expiatoire à l’association diocésaine de Vannes et le reste des terres à la société Saint-Gobain. En échange de terrains supplémentaires, celle-ci consent à établir des murs, une grille et un escalier pour « en assurer la solidité » .

L’édifice est inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 13 avril 1944. En 1947, la municipalité envisage sa destruction : la croix se trouve sur l’emprise de la route projetée par les travaux de remembrement. Saisi par le préfet, l’architecte des monuments historiques s’y oppose. Le monument est déplacé sur son site actuel en 1953.

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