Plan de la chapelle Saint-Christophe


Chapelle Saint-Christophe
Plan, coupe, élévation sur calque, échelle 1/100e, années 1890 - Collection Archives de Lorient - 12 Fi 1

Un temps église paroissiale pour le faubourg de Kerentrech avec l'érection de la paroisse Saint-Christophe en date 12 septembre 1791, la chapelle Saint-Christophe revient au simple de rang de chapelle avec l'inauguration de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle le 10 septembre 1854. Le 9 novembre 1857, le conseil municipal donne un avis favorable au conseil de fabrique de Kerentrech pour ériger la succursale de Saint-Christophe en cure de deuxième classe. La chapelle est donc conservée en lieu de culte annexe.
La chapelle, l'un des plus ancien édifice de Lorient, est édifiée à la fin du XVe siècle par les Rohan, seigneurs de Guémené et propriétaires du château de Tréfaven. Dominant un gué (Ker an Trec'h : le village du gué), elle est placée sous la protection de saint Christophe. De style gothique, très sobre, entièrement édifiée en granit, elle est à l’origine composée d'une simple nef centrale à deux travées. Vraisemblablement au moment où la paroisse est créée, l'édifice est allongé et transformé en collatéral. Cela explique que le bas-côté nord et dans son prolongement la sacristie, ont une maçonnerie et des ouvertures carrées qui diffèrent de celle du reste du bâtiment.
La nef est couverte d'une charpente lambrissée peinte en bleue. Elle s'ouvre sur un chœur à trois pans coupés percés de trois grandes baies avec une toiture à noues multiples. L’une des baies est structurée par un meneau en forme de fleur de Lys. C’est une particularité bretonne de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle. La décoration des rampants, des contreforts, des portes et des fenêtres est dans le style flamboyant du XVe siècle. Le bas-côté communique avec la nef par deux grandes arcades dont les archivoltes pénètrent dans des piliers rectangulaires. Un baptistère du XVIIe siècle en schiste, provenant de l’ancienne chapelle de la Compagnie des Indes (chapelle Saint-Joseph), est installé à l’entrée. À gauche en entrant, le bénitier en granit datant du XVIe siècle est composé d’une cuve bombée et polygonale. Deux angelots sculptés sur les côtés du bénitier, tenaient une cordelette mais un seul d’entre eux a traversé le temps. Il est classé le 12 juillet 1912 objet mobilier au titre des monuments historiques.

La façade est animée par un portail en anse de panier, surmonté d'un fleuron (ornement sculpté en forme de fleur entouré de feuillages). Le portail est encadré par des colonnes engagées portant un arc à peine brisé à trois voussures montant jusqu'au sommet du Pignon.
Le clocher primitif est entièrement appareillé en granit avec lucarne. Donnant sur la façade sud-ouest, il subit plusieurs modifications au cours du XIXe siècle. Le clocheton de bois, surnommé cage à poules par les Lorientais, est recouvert d'ardoises en 1832. Le clocher est remodelé en 1895 pour soutenir un nouveau clocheton reconstruit en pierre et formé de neuf colonnettes de style corinthien ornées de trèfles non ajourés. La cloche Marie-Perrine d'Évrard et Victor Trouvé est fondue en 1862. En 1956, en même temps que la restauration importante du reste de l'édifice, le clocher est remanié pour effacer les dommages de la Seconde Guerre mondiale.
Les vitraux actuels posés en 1956 et qui illustrent la vie de saint Christophe, sont attribués à l'atelier Hubert de Sainte Marie, maître-verrier de Quintin. Les trois précédents vitraux à meneaux dont la restauration est agréés par le ministère des beaux-arts en 1935, sont l’œuvre des maîtres-verriers Mauméjean. Ils sont détruits lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Une partie de l'agencement intérieur et du mobilier a également brûlé.

L'ensemble constitué par la chapelle et le promontoire rocheux est classé parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, par un arrêté du sous-secrétaire d'État des beaux-arts en date du 21 octobre 1931. Cette décision fait suite à l'avis favorable émis le 6 juin 1931 par la commission départementale des monuments et sites naturels, et à l'engagement pris par le conseil municipal de Lorient en date du 11 août 1931. Extrait du rapport de la commission départementale : vieille chapelle du XVIe siècle, la plus ancienne de l’agglomération lorientaise, construite sur un promontoire rocheux faisant saillie sur le Scorff, si pittoresque qu’il serait intéressant de protéger contre les constructions qui ont déjà envahi une partie du pourtour du rocher.
L'édifice est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 12 novembre 1934. Cette inscription lui permet de bénéficier d'une campagne de restauration dès 1935. Cette année-là, grâce au don d'une famille lorientaise, un calvaire est érigé sur la place, en remplacement d'une vielle croix en bois et qui a été enterrée en septembre 1906 au moment de la séparation de l'Église et de l'État.

La chapelle est aussi historiquement, un lieu de pèlerinage. Ce pélerinage tient son origine de la Guerre de la Ligue à la fin du XVIe siècle alors que les Espagnols sont en poste à la citadelle de Port-Louis (1590-1598). De longue date, le premier dimanche du mois de mai est consacré au pardon des enfants. Un autre pardon a eut lieu le dimanche qui suit la Saint-Christophe (25 juillet). À l’issue de la procession, un feu de joie était allumé au bord du Scorff. À partir de 1930, face à l'essor du trafic automobile et sur le modèle du pardon de Saint-Christophe des Bois (Ille-et-Vilaine) créé en 1928, le pardon qui suit le dimanche suivant le 25 juillet devient sous l'égide du président de l'Automobile Club armoricain, le pardon des automobilistes. L’exiguïté de la place fait que la bénédiction lors du pardon est déplacée sur le parvis de l’église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et se déroule dorénavant le 21 août.

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