Conan Henri


Conan Henri (23/01/1917 à Foeil - 02/1983)
Architecte DPLG

Henri Conan est l'un des acteurs importants de la Reconstruction à Lorient. Au début, il est associé à Yvon Lamaury au 2 place Jules ferry de 1945 à 1983. De 1960 jusqu'à son décès, son cabinet est installé au 50 rue du Port.

Il construit pour l’office public communal d’HLM, l’immeuble du Moustoir devait faire figure de « tête d’entrée de la Cité nouvelle ». Il peut apparaître comme une variation sur le thème des unités d’habitation de Le Corbusier dont il reprend, sur une plus petite échelle (99 logements), les caractéristiques : construction sur pilotis, plan en duplex pour la plupart des appartements, traversant et desservis par une coursive extérieure, avec des pièces à vivre s’ouvrant plein sud, sur une loggia pour la moitié d’entre eux, toit-terrasse accessible, magasin alimentaire accolé au pignon Est. Admis comme une construction d’avant-garde, le bâtiment a été unanimement salué par la presse locale, les locataires et le maître d’ouvrage.

L’immeuble du Moustoir est directement issu des préceptes de la Charte d’Athènes de Le Corbusier. L’immeuble s’élève sur pilotis, la toiture terrasse est accessible, un magasin alimentaire lui était accolé, la majorité des appartements sont en duplex. Bien que d’une dimensions moindre il fait référence à la Cité radieuse de Marseille ou plus près de nous Rezé-les-Nantes. Ici les coursives sont extérieures et l’école maternelle laisse la place à un simple solarium et jeux d’enfants, mais ce sont bien les mêmes intentions qui sont recherchées. Cet immeuble a été volontairement placé en perspective du pont d’accès au centre-ville afin de servir de vitrine au dynamisme du Lorient reconstruit. Au travers de pilotis, l'automobiliste devait apercevoir les plantations du Parc des Sports. A l'origine, ce projet était destiné à la cité du Ter au Sud de Lorient. Une copie plus grossière se trouve à proximité du cimetière de Keryado.

Quant à l’immeuble de la rue du port, au niveau de la place Paul Bert, présente la sobriété dont il se réclamait, même si sa joyeuse coloration d’origine l’a fait surnommé le Perroquet ou le Technicolor par les Lorientais. Cette construction marque son admission dans le camp des progressistes et il va collaborer à maintes reprises avec Pierre Brunerie ou Félix Le Saint. Il travaille également sur le lycée Dupuy de Lôme avec Albert Beaudeau et Réné Grihangne.

D’un esprit scientifique, il avait entamé des études de mathématiques avant de s’orienter vers l’architecture. Partisan des idées modernes, il est sans concession et défend l’idée d’une beauté architecturale basée sur la vérité des matériaux, l’utilisation des couleurs pures et l’adaptation de la forme à la fonction. Participant actif dès les débuts de la reconstruction, il applique ses idées afin d’apporter une réponse à l’urgent problème du logement. Il signera ainsi un grand nombre de cités provisoires (Le Petit Batteur, Keryado), puis d’immeubles collectifs en étant l'un des principaux architectes des HLM (Kersabiec, quai de Rohan). Si l’architecte urbaniste parisien André Schmitz est désigné comme architecte en chef de la ZUP de Kervénanec, Henri Conan en conçoit les immeubles dans le respect du concept de l’urbaniste. Le chantier débute en 1969 mais en 1973, une loi stipule qu’une ZUP ne peut être signée d’un même architecte. Henri Conan passe alors la main et son projet qui imaginait une galerie commerciale et un immeuble central de 20 ou 28 étages est remis en cause : libérer l’espace au sol en privilégiant de grands espaces végétalisés. Une galerie simplifiée et deux barres de huit étages sont alors retenues.

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