Reglain Henri


Reglain Henri (1901-1974)
Architecte

Henri Julien Charles Ernest Reglain est né à Dinan le 10 janvier 1901 et décède le 22 mai 1974 à Pont-Scorff. Membre du SP des architectes du Nord-Ouest de la France, il est inscrit à l'ordre des architectes - circonscription de Rennes, le 21 décembre 1943.

Il étudie l'architecture à Paris où il est l'élève de Charles Le Maresquier, chef d'atelier à l'école d'architecture es beaux-arts. Il s'établit d'abord à Reims avant de travailler en 1931 dans une agence à Lorient pendant les huit premières années avec l'architecte Maurice Jan. Il bénéficie d’une réputation d’amateur de détails techniques et de matériaux riches. Il garde de sa première expérience de reconstruction à Reims après la Première Guerre mondiale, le goût de l’identique.

Sur Lorient, il prend part à tous les concours organisés par la Ville comme les quinze maisons individuelles de l'habitation populaire à Kerbataille. Leur cabinet est retenu dès 1931 pour construire les ateliers techniques de l'école primaire supérieure (EPS) de garçons du cours des Quais (quai des Indes). Le 25 octobre 1932, une œuvre des deux architectes, le cinéma moderne Royal de monsieur Dufeix, situé rue Saint-Pierre, entièrement reconstruit et pouvant accueillir 475 spectateurs est inauguré. Un bâtiment innovant par son faux plafond semblant être suspendu et permettant un éclairage diffus et dégradé.

Du 19 mai 1935 au 31 mars 1941, il est conseiller municipal de Lorient pour la liste SFIO. En 1936, alors qu'il est conseiller municipal, il est chargé en accord avec le service des travaux de la ville d'établir le plan d'utilisation des terrains et des bâtiments du site de l'ancien hôpital-hospice (future cité Allende). Il en surveille également l'exécution tant pour les démolitions et les bâtiments réutilisés que pour les nouvelles constructions. La même année, c'est son projet qui est retenu pour la construction du groupe scolaire de Keroman, non sans créer une polémique au vu de sa casquette de conseiller minicipal et d'architecte privé. Avant guerre, il construit également le patronage laïque.

Mobilisé au début de la guerre, le sergent-chef de réserve Henri Reglain du 337e régiment d'infanterie est réaffecté au début du mois de juin 1940 au 264e. Fait prisonnier le 14 juin 1940, il est envoyé en Allemagne dans un camps de Saxe situé sur l'Elbe. Libéré, il revient à Lorient le 18 janvier 1941. Durant son absence, c'est son premier commis, monsieur Kerlidon, qui à la demande du maire Emmanuel Svob, suit les travaux du groupe scolaire de Keroman. À sa libération, il reprend son activité sur Lorient et en 1943 lors de l'évacuation de la ville, il se replie à Pont-Scorff.
Un grand nombre de ses références d’avant-guerre ne font état que de rénovations et de réaménagements. Toutefois, une de ses œuvres majeures survit à la Seconde Guerre mondiale : l'école moderne de Keroman. Les cabinets dans lesquels il travaille sont nombreux : 48 rue Paul Bert de 1935 à 1937, 35 rue de la Comédie (rue Nayel) de 1938 à 1944, réfugié route de la Gare à Pont-Scorff, 18 boulevard maréchal Joffre de 1945 à 1947, 2 rue de Liège jusqu'en 1974.

Chef d’îlots dès le début de la reconstruction lorientaise, dont celui de la première pierre de l’intra-muros, il signe des immeubles d’une grande qualité de finition, sa préférence allant aux façades de granit et aux compositions à tendance art-déco. Il signe les établissement Lappartient à La Perrière (réaffectés pour abriter l’école européenne supérieure d’art de Bretagne), les entrepôts de la Coop à la Villeneuve, le cinéma Le Royal ainsi que la tour de l’arsenal de terre avec l’aide importante de Joël Guenec. L'église du Sacré-Coeur du Moustoir est aussi son oeuvre. De style régionaliste, elle est construite en pierre de Calan et en granit. Pour porter toute la charpente, il utilise une seule poutre-maîtresse de 43 mètres de long.

Il décède à Pont-Scorff le 22 mai 1974.

Retour en haut