1966, inauguration de la gare SNCF


Fort long fut le cheminement de la réfection de la gare de Lorient 1959-1966, et il était grand temps d’aller à la chasse aux derniers subsides de ce ministère de la reconstruction finissant.
Ce nouveau «  bâtiment des  voyageurs » fut conçu par l’architecte en chef de la reconstruction de Lorient, Georges Tourry, devenu architecte en chef des bâtiments civils, et des palais nationaux. 

L’ancienne gare fut bombardée le 4 février 1943 par cinq bombes explosives, (la gare de marchandise subit de gros dégâts avec des bombes incendiaires). Retapée avec une toiture  provisoire, charpente métallique et tôle elle assure pourtant sa mission. La belle verrière dont s’enorgueillit notre gare, disparue lors de la remise en état, dès la capitulation des Allemands au 8 mai 1945.

Les trains transportèrent les milliers d’ouvriers dont la reconstruction de notre citée avait grand besoin. En 1946 le port de pêche  reprit le trafic des trains de marée sur la capitale, le trafic était des plus denses par l’apport des matériaux. Les liberty-ships débarquèrent 252 000 tonnes de charbon en 1947, pour l’industrie, pour la centrale à charbon (près du viaduc) et, bien entendu, pour les locomotives, dont les fameuses 141, arrivant des États-unis.

Lors de l’inauguration, monsieur Weber, ingénieur, chef d’arrondissement, souligne les difficultés dues au détournement des eaux usées de la gare, et du passage souterrain. Passage souterrain qui devait sur 250 m, rejoindre le boulevard Franchet d’Esperey, et qui ne verra jamais le jour. Weber parle d’une gare «  transparente », tout comme est déjà définie la future gare de 2015.

En effet ce «  bâtiment dédié aux voyageurs »,( comment en serait-il autrement), est une suite logique et soucis du regroupement entre la bagagerie, consigne, la billetterie, la salle des pas perdus, l’accès aux quai, le buffet, et le tabac journaux. L’aspect extérieur n’est plus dans la grandiloquence architecturale des gares anciennes, (déjà jugée trop petite à l’époque, ), la partie centrale du hall, structure en béton armé, 5 travées, avec soubassement en schiste rouge de Campanéac (Morbihan) et partie supérieure, avec un remplissage en verre sécurit de st Gobain, illumine le hall, dont on décorera  quelques temps plus tard,de fresques Bretonnes le mur opposé.Cette partie centrale est entourée par deux aile plus basses. La toiture sera recouverte en cuivre rouge qui passera en couleur verte dès que l’oxydation aura  fait son œuvre.

Et Weber de continuer à « intégrer le chemin de fer, à la vie même de la ville, de supprimer cette barrière autant morale que physique qui séparait le monde des locomotives et des wagons de celui des hommes de la rue » Quel beau discours, pour oublier le passage à niveau, perturbateur, et ralentisseur en place depuis déjà 100 ans. Et aussi cette gare qui tournera encore le dos à notre ville pour bien des années avant que ne se réveillent les consciences et surtout la logique.

Ainsi cette gare sera détruite, lors des travaux qui se profilent pour une troisième gare, au profit de quelques immeubles d’un meilleur rapport, et LORIENT gardera la belle devise : construire,  reconstruire !!!!!!!!!! Elle aura oeuvrée durant 50 années. À chaque nouveau siècle sa gare !!!!

Texte de Daniel faurie (passeur d’images et de mémoire)
Août 2018

    

 

 

 

 

   

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