La paroisse Sainte‑Bernadette du Kreisker constitue l’un des marqueurs urbains les plus significatifs de l’ouest lorientais. En plein Quéhellio-Sachoy, ce territoire est rattaché à la commune de Ploemeur jusqu’au 1er octobre 1947 avec le rattachement à Lorient de la section cadastral de Lanveur réclamée par la municipalité de Lorient dès juillet 1926. L’étymologie de Kreisker est la forme évoluée de Kroez Kaer qui signifie belle croix. Kreisker est souvent traduit par le centre du village, centre de la ville ou encore la croix de la ville alors qu'encore au début du XXe siècle, ce territoire est encore très rural. Le sens le milieu du village est plus probable.
L'histoire de la paroisse est étroitement liée à l’expansion de la ville de Lorient au XXe siècle, aux transformations du quartier de Lanveur puis de Kervénanec, ainsi qu’aux grandes ruptures qu’ont été la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction. À travers ses bâtiments successifs – église, grotte, salles paroissiales, cinéma, puis nouveaux aménagements – se dessine une chronique architecturale révélatrice de l’évolution du quartier et de ses besoins collectifs.
La paroisse est officiellement créée au printemps 1936 par l’évêque de Vannes, dans un contexte d’urbanisation rapide de la banlieue ouest de Lorient. Cette création est annoncée dans le Nouvelliste du Morbihan dès le 5 avril 1936. Le journal titre Une nouvelle paroisse lorientaise : Lanveur - Quéhellio-Sachoy. Bien que situé sur la commune de Ploemeur, ce titre est retenu par le journaliste car ce quartier, loin de bourg de Ploemeur, a tellement d'affinités avec Lorient qu'on peut considérer qu'en fait il en fait partie, en attendant d'y être annexé officiellement comme cela se fera certainement dans un avenir plus ou moins prochain. D'ailleurs, lors d'une enquête lancée par le journal en 1934, [...] les opinions les plus autorisées s'étaient prononcées nettement en faveur de la séparation d'avec Ploemeur. Les interrogés, travaillant principalement sur Lorient, optent majoritairement pour un rattachement à Lorient où une commune indépendante comme Keryado.
Le 12 avril 1936, une ordonnance érige une nouvelle paroisse sur le territoire de Plœmeur, sous le nom de Sainte‑Bernadette du Kreisker.
Extrait de l'ordonnance diocésaine : Cette nouvelle paroisse est limitée, du côtée de Ploemeur, par une ligne qui prenant à un chemin dans les champs du petit Kerlouano, à l'ouest de Kerfichant, arrive au chemin de La Gaillec, descend jusqu'à la route de Pénescluze à Lanveur ; à 100 mètres sur cette route, à droite, prend le vieux chemin ; trouve la route de Kerfichant et plus bas, à Kerabus, la route de Ploemeur à Lorient ; tourne à gauche dans la direction de Lorient ; à une distance de 200 mètres environ s'engage sur le premier chemin de campagne, à droite, qui va rejoindre la route de Kerpape à Lorient, suit celle-ci pendant 100 mètres jusqu'à un ruisseau ; et par ce ruisseau aboutit au Ter. Du côté de Lorient, elle est séparée des autres paroisses par les anciennes limites de Ploemeur, avec une légère rectification en faveur des paroisses Sainte-Jeanne d'Arc et de sainte-Anne d'Arvor. Cette rectification part de la rue de Larmor, à l'entrée de la rue de Keryvaland et donne, comme limite nouvelle, la rue de Larmor, le chemin de terre au sud-ouest du Polygone et du quartier Frébault, qui continue à l'ouest du village de Kerolay et enfin une piste, qui aboutit sur le Ter, à la briqueterie, celle-ci restant dans la paroisse nouvelle.
Les quartiers et villages, qui font partie de la paroisse nouvelle, tous distraits de Ploemeur, sont donc La Ville-neuve [La Villeneuve], Kervaric, Brutul [Burtul], Le Mir, Le Grand Batteur, Beg-er-Lann, Kerforn (1 ferme), Le Pavic, Kerfichant, Bois-Sapins, Penher-Rostet, Kerguestinen (Kerguestenen) ; Lanveur et les Quatre chemins de Lanveur, Quéhellio-Sachoy, Kerdiret, Kerjulaude, Le Poteau, Kerfontaniou, Les Montagnes, Kervenannec (Kervénanec), Keryvaland, Fontaine des Anglais, La Puce-qui-Renifle, La Briqueterie, Kermélo... et plusieurs maisons isolées qui portent le nom des agglomérations avoisinantes.
Le choix du toponyme Kreisker, issu du nom du terrain destiné à accueillir la future église, ancre immédiatement cette création dans le paysage local. La paroisse devient juridiquement effective le 19 avril 1936. Aussitôt fondée, la paroisse qui est dépourvue d'édifice religieux, fonctionne provisoirement dans l'église Sainte-Brigitte située à Merville. Le premier recteur est un enfant du pays, ancien élève de l'école Saint-Joseph à Lorient, l'ancien vicaire d'Auray : l'abbé Joseph Le Bellégo. La paroisse n'est pas encore dotée d'église quand un prêtre généreux offre au recteur une statue de Sainte Bernadette. Il s'agit d'une reproduction d'un original d'Hartmann qui représente la bergère à l'âge des apparitions. La statue est aussitôt installée dans l'église provisoire Sainte-Brigitte.
Dès les premiers mois, la question de la construction d’un édifice religieux s’impose. L'édifice sera implanté sur un terrain appartenant à monsieur Goulian et généreusement offert à la paroisse. Le donateur domicilié à Goré en Inzinzac est originaire de Quéhellio. Outre la mise à disposition de son terrain pour le clergé, il leur donne l'accès à sa propriété en attendant la construction du presbytère. Pour permettre la construction de l'église, le recteur fait appel aux dons numéraires des paroissiens. Parallèlement, lui qui est obligé d'assurer le culte dans une paroisse dénuée de biens, sollicite la charité des catholiques, en lui faisant parvenir des dons en espèces ou en nature (ornements, linges d'autel, vases sacrés, costumes d'enfants de chœur...), afin d'organiser le culte. Sainte-Bernadette du Kreisker pourra donc voir le jour grâce à l'investissement du recteur et au lancement de souscription populaire.
L'appel est entendu et Jean Guyomar, propriétaire au Courégant en Ploemeur, donne à l'abbé Bellégo droit de carrière sur un terrain lui appartenant entre le Courégant et Kerroc'h. Le Nouvelliste du Morbihan du 7 juin 1936 informe ainsi que le recteur a trouvé " tout le cubage de granit nécessaire à la construction de son église et du presbytère ".
Un premier projet architectural mené par René Guillaume (1885-1945) est élaboré durant l’été 1936. Initialement prévue avec des nefs latérales, l’église Sainte-Bernadette est finalement conçue à nef unique pour des raisons économiques.
Cet architecte installé à Lorient à partir de 1921 est également l’auteur de plusieurs édifices religieux sur Lorient et ses environs : l’église Sainte-Radegonde à Riantec (1923-1927), l’église Sainte-Jeanne d’Arc à Lorient (1927), l’église de Kervignac (1927), l’église Saint-Pierre d’Inzinzac (1927-1928), l’église Sainte-Anne du Bois de la Roche à Néant-sur-Yvel (1927-1929), la chapelle Saint-Léon à Glénac (1924-1925). En 1925, il dresse également un projet qui n'aboutira pas de construction d'église pour le grand Lanveur.
Au 18 septembre 1936, les travaux ont démarré depuis six semaines et les fondations sortent de terre. À proximité de la future église, la grotte qui est une réduction des rochers de Lourdes, creusée dans un conglomérat de matériaux, est achevée.
Le 20 septembre 1936, la première pierre est scellée dans le mur côté Est et bénie par l'évêque de Vannes monseigneur Tréhiou. La pierre de granit est gravée d'une croix et de l'inscription 20 septembre 1936. En ce 20 septembre, la grotte est également bénie et la première messe (la grand'messe) chantée y est célébrée par l'abbé Le Bris, auxiliaire du recteur Le Bellégo et les abbés Le Lausque et Guillo en présence notamment du maire de Ploemeur. L'évêque dans son discours rend hommage au recteur : De même que Sainte Anne a eu Nicolazic, Notre-Dame, Bernadette, Bernadette elle-même aura eu M. l'abbé Bellégo pour faire connaître son culte en ce coin du sol breton. Il est le très jeune prêtre d'une très jeune paroisse.
L'église doit être construite en deux phases dont une première tranche qui doit permettre la célébration du culte et qui est achevée en mai 1937. Le chevet de l'église de 35 mètres de long et 10,50 mètres de large est orienté à l'ouest contrairement à la tradition liturgique. Cette entorse à la tradition est due alors à l'emplacement de la route desservant l'église. La nef de six travées ne possède pas de bas-côté et si le plan de l'édifice est cruciforme, les bras du transept seront très peu saillants et ceux les niches d’autel, le cœur et le chevet qui justifient la forme de la Croix. Le clocher prévu doit être désaxé sur la droite du porche pour une hauteur prévue de 28 mètres. La volonté de l'architecte est d'en faire une église de style roman avec des adaptations modernes rappelant l'Art Déco.
La première tranche de travaux comprend la construction du chevet, des sacristies, de quatre travées de la nef.
La seconde tranche doit comprendre quant-à elle, deux travées supplémentaires, le clocher, le porche et les fonts baptismaux. La première tranche terminée, un diaphragme ou un voile de maçonnerie doit être élevé pour clôturer provisoirement le sanctuaire. À cause des évènements de la Seconde Guerre mondiale, le clocher ne verra jamais le jour et le portail reste inachevé.
Malgré tout, cet ensemble forme alors un nouveau centre bâti structurant pour le quartier. Le 16 mai 1937, à l'occasion de la Pentecôte, l'évêque Tréhiou, inaugure la nef. Comme annoncé, l'église est donc construite en moins d'un an.
Presque aussitôt, les responsables locaux lancent de nouveaux projets afin de doter la paroisse d’équipements complémentaires. Une salle paroissiale est programmée, avec notamment l’objectif d’y installer un cinéma de quartier, le futur cinéma « Le Pax ». Cette infrastructure témoigne d’une conception élargie de l’équipement paroissial, pensée aussi comme un lieu social et culturel.
La Seconde Guerre mondiale marque une rupture brutale. En 1942, les bombardements touchant Lorient et ses environs atteignent durement le site du Kreisker : la voûte de l’église est soufflée, la salle paroissiale est gravement endommagée, et le presbytère perd sa toiture. Le bâti, à peine achevé quelques années plus tôt, doit être en grande partie réparé. En 1943, une bombe qui tombe à, proximité de l'église souffle tous les vitraux.
Après la Libération, un effort de reconstruction est entrepris. En 1948, l’église est remise en état et retrouve sa fonction initiale.
Aidé de son vicaire l'abbé Le Bourhis, l'abbé Bellégo organise les 10 et 11 octobre 1936 une grande kermesse de charité. Le 15 août 1937 se déroule à Notre-Dame du Kreisker, la première procession aux flambeaux de la paroisse qui imite celle de Lourdes qui a lieu chaque soir à la période des pèlerinages. La fête annuelle paroissiale avec sa kermesse a alors lieu le deuxième dimanche de mai. Le 8 mai 1938, elle s'intègre dans les manifestations organisées pour la fête de Jeanne d'Arc. Quant au pardon annuel, il est dédié aux malades et infirmes de la région lorientaise et fixé au troisième dimanche de septembre. Le premier pardon a lieu le 19 septembre 1937. Le 20 septembre 1942, les pélerins du diocèse de Vannes, ne pouvant s'acheminer vers Lourdes, sont tous invités à se rendre au pardon annuel du Kreisker.
Le mardi 17 août 1943, le pèlerinage de la paroisse Sainte-Bernadette du Kreisker se déroule à Sainte-Anne d'Auray. Le Nouvelliste du Morbihan du 18 août relate ce moment : Ce fut une cérémonie de souvenir lorientais... Dispersés par les bombardements, loin de leur ville évacuée, les paroissiens de sainte-Bernadette s'étaient fixés rendez-vous aux pieds de Sainte-Anne. Il en était venu de partout, parmi ceux qui sont actuellement de véritables exilés, si éloignés de leur terre bretonne, de leur région lorientaise. La plupart de ceux qui ont reçu accueil dans le Morbihan même avaient répondu à l'appel. À Sainte-Anne, ils eurent la joie de rencontrer une délégation des paroissiens, qui sont demeurés là-bas, et qui, sous la conduite de leur sympathique recteur, venaient, eux aussi, implorer la grande sainte, protectrice de notre Bretagne, la supplier de leur venir en aide, lui recommandant leurs familles et leur paroisse éprouvée.
En février 1944, le Pape fait un don aux enfants sinistrés de la région lorientaise. Les 80 000 francs sont répartis par une commission. Aussi, les familles sinistrés ayant des enfants d'âge scolaire où les directeurs et directrices d'écoles ont alors jusqu'au 15 mars pour signaler les cas necessitant une aide parmi les plus de 11 000 enfants de la région (Lorient, Keryado, Ploemeur, Lanester, Larmor-Plage, Port-Louis, Gâvre, Locmiquélic et Riantec) au chef de leur paroisse (curé de Saint-Louis replié à Sainte-Anne d'Auray au couvent des filles du Saint-Esprit, le recteur de Saint-Christophe replié à Pont-Scorff, le recteur de Sainte-Anne d'Arvor replié au pensionnat Saint-Aubin à Languidic, le recteur de Sainte-Jeanne d'Arc replié à l'école Saint-Joseph de Quistinic, le recteur de Keryado domicilié au presbytère de Quéven, le recteur de Sainte-Bernadette du Kreisker resté sur Ploemeur... ) [Le Nouvelliste du Morbihan du 16 février 1944].
Le cinéma Pax, quant à lui, est reconstruit et aménagé intérieurement ; il ouvre à nouveau au public en juin 1952. Pendant plusieurs années, ce cinéma de quartier joue un rôle important dans la vie locale, avant de connaître à partir des années 1960 des difficultés économiques et techniques liées à l’évolution des pratiques culturelles.
Les années 1960 et 1970 sont marquées par d’importants travaux d’adaptation et de transformation du site. Entre 1961 et 1971, des travaux sont entrepris pour les canalisations d’eau du quartier. Ces travaux ont pu permettre d'assécher un tant soit peu le sol sous l’église et donc de modifier la nature du terrain sur lequel reposaient les fondations et qui a pu fragiliser l'édifice.
En 1967, quatre salles sont construites en dur pour remplacer des installations provisoires, tandis que l’ancienne grotte de Lourdes, devenue insalubre, est démolie. À son emplacement est aménagée une cour. En mars 1969, un chantier longtemps différé est enfin mené à bien : la façade de l’église, restée inachevée depuis 1936, est terminée. Un porche est construit et un large vitrail est posé, modifiant durablement l’aspect de l’édifice dans le paysage urbain.
En 1973, le cinéma Pax est définitivement transformé en salles polyvalentes. Cependant, l’état du bâtiment continue de se dégrader. En 1985, la décision est prise de le démolir. Les travaux débutent le 20 septembre 1985 et laisseront place à de nouvelles salles paroissiales modernes, utilisées dès février 1986 et officiellement inaugurées en juin de la même année.
Un nouvel épisode majeur s’ouvre au début des années 1990. Des désordres structurels affectant l’église de 1936 conduisent à sa fermeture définitive par mesure de sécurité le 26 mars 1992. Après des expertises approfondies révélant des fondations inadaptées et des déformations de la charpente, le choix est fait de démolir l’édifice.
Le 6 juin 1992, le temps que le nouvel édifice sorte de terre, la première messe est donnée dans la salle paroissiale de l'église Sainte-Bernadette du Kreisker transformée en chapelle provisoire pouvant accueillir jusqu'à 250 personnes.
En décembre 1993, l’église est rasée, ouvrant la voie à la construction d’un bâtiment entièrement neuf, confié à l’architecte de Vannes, Yves Guillou.
La maquette est présentée par le recteur André Cadudal, aux paroissiens et paroissiennes, à l'issue de la messe de la nativité, le 24 décembre 1993. Œuvre de l'architecte vannetais, la silhouette de la future église rappelle celle de l'église de Caudan, conçue également par Guillou.
Le permis de construire de la nouvelle église est accordé en avril 1994. La première pierre est posée le 18 février 1995. La nouvelle église est partiellement utilisée dès décembre 1995, puis officiellement dédicacée le 18 février 1996. Conçue selon des principes contemporains, elle se distingue par son architecture sobre, sa convivialité spatiale et, plus tard, par l’installation de vitraux sans plomb achevés en 2011.
En effet, l’église ne s’impose pas par son volume et s’insère dans le tissu urbain existant, au centre d’une placette relativement aérée. Elle apparaît comme un édifice religieux qui se veut proche des fidèles et qui s'inscrit dans un plan carré, sans tenir compte de la tradition des plans en croix latine. L’importance est donnée à la toiture en ardoise qui protège les parties basses de l’édifice.
La toiture en ardoise sombre, contraste avec les matériaux utilisés en partie basse comme pour les éléments porteurs (enduits, pierres et bois). Le clocher est souligné par deux piliers carrés engagés, traversant la toiture et abritant les cloches, elles-mêmes abritées sous une petite couverture pyramidale en ardoise. La pierre, le bois et l’ardoise sont ici formidablement associés au verre avec en façade, les deux parois en verre de forme arrondie complétées par une grande verrière surplombant la porte principale en bois.
En 1998, pour la réalisation des vitraux " verrières ", le maître-verrier Lorrain Antoine Benoît, issu d’une grande famille de maître-verrier et qui exerce son art aux quatre coins du monde, est choisi sur concours. Ses recherches chimiques pour réussir à obtenir un verre incassable et sans plomb, même pour les grands volumes, lui ont valu une reconnaissance auprès de grands maîtres et si son atelier est à Paris, par sa stature internationale, il enseigne à Chicago, Strasbourg, Moscou ou Montréal. À Sainte-Bernadette, il commence par réaliser les hautes verrières du chœur composées de multiples fines lamelles placées les unes à côté des autres : à gauche, la prière du matin et à droite, la prière du soir. Originalité et modernité au niveau des formes, des couleurs et des décors, sont ici les maîtres mots. Ses recherches chimiques pour réussir à obtenir un verre incassable et sans plomb, même pour les grands volumes, lui valent une reconnaissance auprès de grands maîtres. Il utilise des matériaux solides, durables dans le temps et n'utilise pas le plomb. Sa technique : fondre du verre teinté dans la masse et le placer entre deux verres ophtalmiques ce qui en fait un verre incassable, imperméable et isolant.
L’ensemble se complète progressivement : une nouvelle grotte de Lourdes est reconstruite et bénie en 1996. Reconstruite par trois paroissiens (Gabriel dit Gaby Diard, son neveu Sébastien et André Diaoua), la nouvelle grotte située à quelques mètres de l'emplacement originel, permet à la statue de la Vierge, de retrouver un cadre rappelant celui qu'elle a occupé de 1936 à 1967. Pour se faire, Michel Cado, entrepreneur à Inzinzac-Lochrist a fait don de pierres, de sable et de ciment alors que Gaby Diard se charge de la restauration de la statue. La grotte est bénie le 27 octobre 1996 par le père Louis Le Corvec.
Puis un parvis paysager et un jardin sont aménagés en 2014, et un orgue contemporain est installé entre 2018 et 2019.
Enfin, en 2024‑2025, un nouveau bâtiment est édifié dans l’enceinte du site : un foyer étudiant de 330 m², marquant l’intégration du patrimoine paroissial dans un projet urbain et social contemporain.
Ainsi, depuis 1936, le site de Sainte‑Bernadette du Kreisker n’a cessé d’évoluer. Son histoire architecturale, faite de constructions, de destructions et de renaissances, accompagne fidèlement celle du quartier et témoigne des transformations profondes de l’ouest de Lorient au fil de près d’un siècle.
- 12 avril 1936 : Ordonnance épiscopale érigeant officiellement la paroisse Sainte‑Bernadette du Kreisker (effective au 19 avril 1936)
- 10 mai 1936 : Première réunion du conseil paroissial de Sainte-Bernadette du Kreisker lançant le projet de construction de l’église
- 10 juillet 1936 : Remise du premier devis de l’église Sainte-Bernadette par l’architecte René Guillaume
- 20 septembre 1936 : Pose de la première pierre de l'église Sainte‑Bernadette alors que la grotte de Lourdes pour des messes extérieures est déjà achevée
- 10-11 octobre 1936 : Grande kermesse de charité
- 15 août 1937 : Première procession aux flambeaux organisée par l'abbé Bellégo
- 19 septembre 1937 : Premier pardon dédié aux malades et infirmes de la région lorientaise
- Début 1938 : Achèvement de la première église Sainte‑Bernadette du Kreisker
- Mars 1938 : Établissement du devis pour la construction d’une salle paroissiale destinée notamment au cinéma (futur cinéma Pax) au Kreisker
- 8 mai 1938 : Fête annuelle paroissiale avec sa kermesse
- 20 septembre 1942 : Pélerins du diocèse de Vannes ne pouvant se rendre à Lourdes viennent au pardon annuel du Kreisker
- 1942 : Voûte de l’église soufflée et la salle paroissiale avec le cinéma Pax gravement est touchée par les bombardements
- 1943 : Vitraux soufflés par une bombe qui tombe à proximité
- 17 août 1943 : Pélerinage de la paroisse Sainte-Bernadette du Kreisker se déroule à Sainte-Anne d'Auray
- 1948 : Reconstruction et remise en état de l’église Sainte-Bernadette du Kreisker
- Juin 1952 : Réouverture du cinéma paroissial Le Pax après reconstruction et aménagement intérieur
- Années 1960 : Difficultés économiques et techniques du cinéma Le Pax ; dégradation progressive du bâtiment
- 1967 : Construction de quatre salles de catéchisme en dur
- 1967 : Démolition de l’ancienne grotte de Lourdes devenue insalubre
- 1967 : Aménagement d’une cour à l’emplacement de la grotte de Lourdes démolie
- Mars 1969 : Achèvement de la façade de l’église, restée inachevée depuis 1936 avec la création d’un porche et la pose d’un vitrail
- Janvier 1973 : Transformation du cinéma Pax en salles pour mouvements de jeunes et clôture du terrain donnant rue de Quéhellio
- 20 septembre 1985 : Démolition du bâtiment du cinéma Pax de la paroisse Sainte-Bernadette du Kreisker
- 7 juin 1986 : Inauguration officielle des nouvelles salles paroissiales Sainte-Bernadette du Kreisker lors du cinquantenaire de la paroisse
- 26 mars 1992 : Fermeture de l’église Sainte‑Bernadette pour raisons de sécurité (fondations, murs, voûte)
- 6 juin 1992 : Première messe dans la salle paroissiale de l'église Sainte-Bernadette du Kreisker transformée en chapelle provisoire
- Décembre 1993 : Démolition de l’ancienne église Sainte‑Bernadette
- Avril 1994 : Obtention du permis de construire pour la nouvelle église
- 18 février 1995 : Pose de la première pierre de la nouvelle église Sainte-Bernadette du Kreisker
- 17 décembre 1995 : Première messe célébrée dans la nouvelle église inachevée
- 18 février 1996 : Dédicace officielle de la nouvelle église Sainte‑Bernadette du Kreisker
- 27 octobre 1996 : Bénédiction de la nouvelle grotte de Lourdes reconstruite à proximité de l’église
- Novembre 2011 : Pose des derniers vitraux de la nouvelle église achevant ainsi l’ensemble architectural intérieur
- 24 avril 2014 : Aménagement du parvis de l'église Sainte-Bernadette du Kreisker avec la création d’un parking et d’un jardin inspiré des jardins monastiques médiévaux
- 28 janvier 2018 : Bénédiction de l'orgue de l'église Sainte-Bernadette du Kreisker par l'évêque de Vannes Raymond Centène (orgue de 4,20 mètres de haut, 3 mètres de large, 658 tuyaux)
- Mars 2019 : Installation des derniers tuyaux de l’orgue, instrument désormais complet
- Octobre 2024 : Lancement dans l’enceinte de la paroisse de la construction d’un troisième foyer étudiant MEMO (bâtiment de 330 m² livré à l’été 2025)
- 2025 : 35 étudiants au total habitent les foyers paroissiaux
Sources : - Texte du père Antoine Le Garo, recteur de la paroisse Sainte-Bernadette du Kreisker (avril 2026)
- Recherches de Xavier Argotti, guide-conférencier (2019)
- Coupures de presse