Des premiers clubs aux premiers équipements sportifs


Les premières associations sportives sont nées à la fin du 19ème siècle, liées à Lorient au milieu militaire. La presse relate en 1898 (Morbihannais du 11 mai) le courrier d’un lecteur qui invite ainsi à la création d’une association sportive à Lorient, et on apprend que la ville a déjà sa société de gymnastique mais également un club de vélo-sport lorientais. Ces clubs restent néanmoins pour la plupart corporatistes, c’est-à-dire liés à un métier, ou intégrés à une école : ainsi, le lycée Dupuy-de-Lôme avait son équipe.

Au lendemain de la première guerre mondiale, de nouvelles associations s’ouvrent aussi au grand public sous l’égide d’un patronage (comme le C.E.P. de Lorient) ou issues d’un mouvement laïque (comme le club athlétique lorientais en 1922). 

Les sports collectifs sont pratiqués sur plusieurs endroits de Lorient et ses environs, probablement sommairement aménagés pour accueillir les matchs : Larmor, Kergroise, Keroman, Caudan…  En témoigne cette anecdote, reprise dans la République du Morbihan du 6 mars 1898, qui atteste que le terrain devait être situé sur la grève de Larmor : foutue balle !

Les matchs de football ont par la suite essentiellement lieu sur le terrain du Polygone de Lorient, et le Nouvelliste du Morbihan relate le 9 février 1911 un match perdu 6-1 par le Sporting Club Armoricain contre l’équipe de l’escadre de Quiberon. Ce club avait, fondé l’année précédente avec pour but la pratique des sports de plein air à Lorient et la préparation au brevet d’aptitude militaire, organisait un championnat local de football.

 La municipalité de Lorient accordait une subvention à cette société sportive « qui tend à éloigner nos enfants du cabaret en même temps qu’elle leur procure de saines distractions ». L’Etoile Sportive Lorientaise devient l’un des principaux clubs de football du département, et remporte le championnat de Bretagne avant d’être dissout en 1916. Lorient Sport est fondé en 1916 et joue sur le stade la « Potée au beurre », puis sur le terrain du Polygone. Ce terrain est décrit en 1911  comme particulièrement inadapté, et trop peu entretenu et aménagé.

À l’initiative de l’association l’Armorique, un premier vélodrome est créé sur la place de Rohan dès 1891 afin d’accueillir les courses de « vélocipèdes ». Il est remplacé par le vélodrome des Glacis dès 1899, situé au pied des fortifications derrière le jardin Bodélio, dont les virages permettent d’aller jusqu’ 55 km/h. Ce second vélodrome accueille pour la première fois des « vélocipèdes à pétrole », et accueillera une grande « fête de la Victoire » en 1899 qui réunit les clubs de cyclisme et de gymnastique. Un troisième stade vélodrome est projeté place de la République en 1908.

Comme ce second vélodrome, c’est au pied des remparts près du jardin Bodélio, à l’endroit appelé « Potée au beurre » qu’on lieu aussi les matchs de tennis à partir de 1915. Ce « jardin des sports » compte six courts de tennis. Ils auront ensuite lieu sur le terrain situé place de la République, un terrain de grande dimension mais éloigné du centre et réputé en mauvais état. Un grand tournoi a lieu en 1925, organisé sur le court privé du casino de la Perrière.

Dès 1908, la presse relate un match de « foot-ball rugby » opposant l’Union sportive des mécaniciens et l’Association du 1er Colonial, score : 21 à 0. Quelques années plus tard, les « lycéens du Stade Lorientais » battent le Stade Port-Louisien 9 à 0, sur leur terrain de Port-Louis. En 1919, le Lorient-Sports joue ses matchs de rugby sur le terrain des apprentis-mécaniciens à Caudan. Le 28 janvier 1921, l’Yser-Club (anciennement équipe de l’association de l’Yser Club des Fusiliers-marins) lance un défi au Rugby-Club lorientais sur le terrain de Keroman, probablement sans gradin ni équipement.

Le basket-ball apparait également, et connaitra un important développement à Lorient-Sports et au Patronage Laïque de Lorient, dont l’une des élèves, Marie-Claude Le Crom, deviendra une icône du sport féminin et capitaine de l’équipe de France après la Seconde guerre mondiale.

 Il semble que l’athlétisme ait lieu sur le Champ de manœuvre, avec l’influence probable des exercices militaires qui s’y déroulent aussi. Un premier stade y est édifié en 1920, mais la ville réalise dès 1921 un emprunt pour un construire un plus grand : le « ground » de Keryvaland. 

De la fin du 19ème siècle aux années 1920, la ville de Lorient a progressivement créé un premier réseau de terrains puis d’équipements dédiés aux sports, pour répondre à la demande de la population. Néanmoins, ces structures sont vites insuffisantes et sans cesse agrandies et modernisées afin de correspondre à une pratique grandissante.

 Malgré le développement des pratiques collectives, on ne construit pas encore de gradins pour les sports collectifs. C’est par la pratique du vélo que naît véritablement le patrimoine des sports de Lorient, avec l’aménagement successifs de plusieurs vélodromes. Ces aménagements restent liés au domaine militaire, comme à la « Potée au beurre » sur le glacis du rempart ou sur le Champ de manœuvre.

Les premiers équipements privés apparaissent, comme les courts de tennis du casino de La Perrière, et de premiers projets municipaux comme l’emprunt pour la construction d’un stade à Keryvaland, mais il ne reste plus de traces de ce premier patrimoine des sports dans la ville actuelle.

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