Naissance de la pratique des sports à Lorient


La pratique du sport est ancienne, liée à des raisons physiques et physiologiques mais aussi éducatives ou comme une activité de divertissement. Le patrimoine lié au sport est par contre encore mal connu. Il est relativement récent, la pratique sportive ne bénéficiant pendant longtemps que de structures légères, mais il est également souvent disparu en raison de l’évolution des pratiques.

Le service régional de l’Inventaire du patrimoine a œuvré récemment à une opération thématique sur le patrimoine des sports en Bretagne qui a concerné certains édifices de Lorient. Ces notices sont l’occasion d’enrichir les connaissances sur ce patrimoine lorientais et de l’inscrire dans l’histoire de la ville.

La population de Lorient se développe au 18ème siècle. L’une des pratiques sportives les plus en vogues est alors le jeu de paume (longue-paume en extérieur à la raquette ou courte-paume en intérieur). Les salles de jeu de paume étaient nombreuses et l’un des plus anciens jeux de paume de France subsiste toujours à Rennes, mais il ne semble pas que la ville de Lorient ait dispose d’un espace dédié à ce sport.

Son équivalent dans la culture traditionnelle bretonne, davantage pratiqué à la campagne, était le jeu de la « soule », que présente Théophile Malo de La Tour d’Auvergne dans l’une de ses études, reprise le Journal de Ploermel en 1899. 

On pratique aussi le jeu de croquet et le « lawn-tennis », tennis sur herbe) aussi appelé « paume au filet » et particulièrement conseillé par la presse du 19ème siècle au public féminin.

Prisées des élites, des courses hippiques ont lieu le long du Blavet, vers le ruisseau du Plessis. Néanmoins, les courses ont essentiellement lieu à Vannes et la société hippique de Lorient ne parvient pas à mobiliser de financements et à construire des gradins. Ce site deviendra l’hippodrome de Lanester qui disparait dans les années 1930.

Les régates nautiques de la Perrière comptent par contre pour leur part parmi les plus importantes du département, grâce à l’influence de la Marine à Lorient. Elles réunissent néanmoins quasi-exclusivement des militaires de carrière.

L’ensemble de ces sports perdurent pendant toute la durée du 19ème siècle, notamment dans le milieu militaire.

Après la défaite de 1870, l’armée et l’école publique réfléchissent à valoriser la préparation physique des citoyens et futurs soldats. La société de canotage et de natation de Lorient est créée en 1873, alors que l’armée est la seule à enseigner la natation et à disposer d’une piscine. L’école des fusiliers-marins de Lorient dispose aussi de structures sportives sur son site de Caudan, et dispense un enseignement de gymnastique obligatoire pour tous les apprentis et officiers.

La pratique sportive se développe réellement à Lorient dans le dernier quart du siècle grâce à l’école. On enseigne la gymnastique à l’école publique à partir de 1881, sur recommandation du préfet du Morbihan. Jules Simon, né à Lorient en 1914 est ministre de l’Instruction Publique en 1871 est l’un des défenseurs de la pratique sportive à l’école. Il préside le comité pour la propagation des exercices physiques à partir de 1888.

Dans la continuité de l’armée et de l’école, les associations sportives se développent à Lorient dans le même temps. La société « L’Armorique » est fondée en 1889, afin d’enseigner la gymnastique mais également le bâton, l’escrime et la boxe. La société mixte de tir « La Lorientaise » est créée avec le soutien de la ville, puis le « Club de l’épée » dédié à la pratique de l’escrime en 1898.

La pratique sportive reste néanmoins toujours liée à la préparation militaire. Les combats ont lieu sur le terrain militaire du Polygone, au pied des remparts de la ville et sur la place d’armes.

Les sports de ballon se popularisent néanmoins comme souligné dans le Nouvelliste du Morbihan du 4 décembre 1890 : « Le jeu de paume passe la manche et revient sous le nom de foot-ball. Le jeu de paume ne nous intéressait pas. Le foot-ball nous passionne ». Le journal Avenir de La Bretagne témoigne l’année suivante de la pratique de ce jeu au lycée de Lorient : Surzur, un jeune élève de 12 ans, a le tibia brisé au-dessus de la cheville alors qu’il y jouait dans la cour du lycée.

Le 20 avril 1899, c’est « sur la route d’Auray », probablement sur un terrain qui n’était pas initialement dédié à la pratique sportive, que le Nouvelliste du Morbihan relate un match de « foot-ball »  où s’affrontèrent les équipes du collège Jules Simon et du stade Vannetais. « L’intérêt usité par ce sport avait attiré grand nombre d’amateurs  qui manifestaient par des bravos prolongés leur satisfaction pour l’adresse des matcheurs ». 3-1 pour le collège Jules Simon de Vannes après 90 minutes de jeu. A partir de 1899, les matchs auront lieu tous les dimanches à Vannes.

La naissance et le premier développement des pratiques sportives ne s’accompagnent donc pas à Lorient de la construction d’un patrimoine des sports. Ce sont avant tout des espaces sommairement aménagés qui sont utilisés, très souvent lié au milieu militaire, comme la Polygone de tir, la place d’armes ou le glacis des remparts de la ville.

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