Patrimoine sportif contemporain, 1990-2010 : modernisation et reconstructions pour faire face aux enjeux du 21è siècle


Essentiellement construit entre les années 1960 et 1980, l’ensemble du patrimoine des sports de Lorient nécessite des travaux de rénovation au tournant des années 2000. La ville entreprend alors la restructuration de la salle omnisport du Moustoir en 1997 avec notamment la construction de nouveaux vestiaires, d’une salle d’escrime et d’un dojo. Le COSEC Bois-du-Château est rénové en 199 et, le gymnase Colbert est rénové par l’architecte Philippe Sinquin en 2000. la salle omni-sport de Kervenanec est agrandie en 2006, le COSEC Carnot en 2010 tandis que le gymnase de Kersabiec est doté de nouveaux vestiaires en 2015.

Le gymnase Svob est un exemple à souligner : suite à un concours d’architecte lancé en 2006, il est déconstruit et repensé sur le même site par le cabinet « Déesse 23 architecture », dans un cadre paysager et dans un souci de construction durable et écologique. Il comprend une salle de sport multifonction, une salle de gymnastique, des vestiaires et des salles de réunion.

La piscine du Moustoir dédiée à la pratique sportive ne convenait plus aux usages ludiques des piscines qui se développent progressivement, tandis que la piscine Tournesol n’est pas assez grande pour les accueillir. Il a donc été décidé de restructurer entièrement la première : le Centre Aquatique du Moustoir est inauguré en septembre 2006, après 18 mois de travaux menés par l’architecte Jean-Yves Philippe et le cabinet Arcos.

Le nouveau bâtiment comprend 7 bassins : un bassin sportif de 25 mètres mais également un bassin ludique, un bassin de plongeon, un bassin d’animation et une pataugeoire. Un toboggan de 70 mètres de long est accolé au bâtiment, qui comprend aussi un espace de remise en forme. Elle peut accueillir jusqu’à 600 personnes simultanément.

Toujours orientée plein sud, elle profite de la lumière par de grandes verrières. Les volumes sont simples et contribuent à donner une esthétique discrète mais équilibrée au bâtiment. La piscine est chauffée par une chaudière à bois du centre-ville de Lorient, traite l’eau à l’ozone et non au chlore.

Le stade du Moustoir est également l’objet de reconstructions majeures. Il est nommé « Stade Yves Allainmat » en 1993, année du décès du maire de Lorient. La piste de vélodrome est abandonnée l’année suivante alors que le FC Lorient accès en 2ème division de la Ligue Professionnelle de Football, et les travaux d’agrandissement débutent en 1998 avec l’accession du FC Lorient en 1ère division.

La tribune dite « Hummet » située à l’est, d’une capacité de 2 000 places, est démolie en 1995. Elle est remplacée par la tribune présidentielle de 6 010 places terminée en 1998 et par  la tribune nord de 4 700 places en 1999. La tribune sud est inaugurée en 2010 et apporte 4 500 places supplémentaires, ce qui amène la totalité d’accueil du stade à 18 970 places.

La tribune nord édifiée par Jean-Yves Philippes comporte également un espace de 1 000m² abritant les vestiaire, une infirmerie, des salles de réunion, les loges, des salles de presse et de réception. La tribune sud construite par l’agence d’architecture A.I.A. présente pour sa part une esthétique profondément contemporaine, avec l’imbrication de deux volumes en bois et en métal, sur une structure en béton armé. Pour la tribune nord, il s’agissait surtout de construire des gradins, quand pour la tribune sud il est davantage question d’habiller et d’animer le stade, et de l’intégrer à la ville.

Le patrimoine des sports à Lorient est difficile à appréhender en raison de sa valeur d’usage, et des nombreuses rénovations et transformations qui ont accompagné l’évolution des pratiques sportives. Néanmoins, les architectes se sont tout particulièrement emparé des opérations de rénovations et de restructurations de ces dernières années pour ajouter à ces édifices une lecture résolument contemporaines.

Ainsi, les interventions sur le patrimoine des sports depuis les années 2000 se sont attachés à diversifier les formes et les couleurs pour parfois intégrer un site à son environnement, parfois en faire un repère visuel central dans la ville. L’usage de techniques de construction avancées, le souci de la construction écologique ou encore la perméabilité des espaces change notre regard sur le patrimoine des sports. La préoccupation première reste néanmoins d’assurer un confort optimal tant pour la pratique sportive qu’à destination des spectateurs.

L’élan créatif de cette architecture s’inscrit dans l’histoire du patrimoine des sports, de la naissance d’un patrimoine monumental à l’utilisation de nouveaux matériaux et de nouvelles formes au plus proche de la population.

© 2018 - Site officiel des Archives et du patrimoine de la Ville de Lorient

Retour en haut