Keryado et l’assainissement


Entre 1923 et 1925, la municipalité de Keryado dresse les plans des conduites qui vont lui permettre d’alimenter les bâtiments communaux depuis l’usine des eaux du Petit-Paradis ainsi que ceux d’un réservoir supplémentaire à la station de pompage de Kerguillette qui alimente l’usine. Le 19 octobre 1928, Aristide Nabat peut lancer les premiers travaux de canalisation qui sont achevés pour le 7 novembre 1930 par la société des établissements Chappée du Mans.

En juin 1935, il commence à être envisagé que chaque propriétaire d’immeubles soit mis dans l’obligation de se brancher à une canalisation d’eau dont les travaux sont exécutés dans le courant du dernier semestre. Le 10 juillet 1936, pour des raisons d’hygiène et de santé publique, un arrêté municipal annonce que toutes les maisons seront pourvues d’eau potable et que la ville de Lorient est chargée de l’exploitation du réseau d’eau de Keryado. Aussi, les propriétaires devront s’entendre avec les services des travaux de Lorient pour les travaux, l’achat ou la location de tous les nouveaux branchements. À partir du 12 octobre 1936, dans la cadre des travaux d’extension du réseau d’eau, la rue de Bretagne est interdite à la circulation.

Lavoirs

La naissance des nouveaux quartiers de la reconstruction, associée à d’importants travaux d’assainissement apportant modernité et confort, amorce la disparition programmée des lavoirs de Keryado, que ce soit les lavoirs publics et privés encore utilisés au lendemain de la guerre. Le lavoir du Pont de Rhun (La Grenouillère) est construit par le cimentier-mosaïste Louis Andréatta sur un terrain de 341 m2 acheté à Alexis Lomenech qui en autorise la vente le 18 juillet 1930. La réception des travaux a lieu le 8 décembre 1931.

Le lavoir du Rouho, propriété de la ville de Lorient, est clôturé en novembre 1931 par un double financement de Keryado et de Lorient, le lavoir étant fréquenté par de nombreuses personnes de Keryado. Le conseil municipal a en effet accepté le 3 août 1931 de participer à ses frais à hauteur égale de ceux de la ville de Lorient. Le 9 mai 1933, au vu du site du lavoir devenu trop exigu face à sa fréquentation et qui ainsi ne répond plus aux règles d’hygiènes les plus élémentaires, le conseil municipal de Lorient décide d’acheter une parcelle de terrain qui l’entoure, soit 2 740 m2. Avec les années qui passent, l’utilisation de ce lavoir par les ménagères de Keryado est abordée à plusieurs reprises au conseil municipal de Lorient. Certains conseillers municipaux pensent que la commune de Keryado devrait participer en conséquence à tous les frais d’entretien de ce lavoir intercommunal et même payer une indemnité à Lorient pour l’eau où même ne plus avoir accès à ce lavoir qui est la propriété de la ville de Lorient. Lavoir très fréquenté, son utilisation réservée au Lorientais comme son agrandissement, sont des sujet récurrent. Le maire de Lorient fait effectuer une enquête en mai 1939 qui met en avant l’utilisation majoritaire de ce lavoir par des blanchisseuses professionnelles. Il envisage ainsi le versement d’une redevance pour ces dernières. Le 3 mai 1940, le maire de Lorient déclare qu’il ne peut rien faire pour des « travaux d’une certaine envergure ». Transformer ce lavoir en lavoir couvert a été décidé par le conseil municipal de Lorient et le 30 mai 1907 le conseil municipal confirme que la commission des travaux s’est occupée des couvertures du lavoir et qu’une ouverture y a été décidée au milieu de la couverture. En hiver, il ouvre à 7h30 le matin et ferme à 18h00. Un employé de l’atelier communal est chargé du remplissage des lavoirs le matin et non le soir afin d’éviter de trouver l’eau glacée notamment le lundi matin comme c’est régulièrement l’occasion au lavoir du Rouho en 1920, alors que les lavoirs municipaux sont fermés le dimanche.

En 1932, le conseil envisage la construction d’un lavoir rue de la Voûte mais faute de trouver un terrain solidement assis, le projet est abandonné en 1935. Le 3 juin 1936, des blanchisseuses réclament des bailles dans les cabinets du lavoir de Pont-Emplar (lavoir du Manio). Ce lavoir couvert en 1935 est éclairé à partir de 1939.

Le 23 mai 1947, les cinq lavoirs communaux sont en achèvement de travaux de réparation et le lavoir privé de Saint-Armel a également été réparé par la municipalité suite à une demande des habitants du quartier. Avant 1947, il existe un lavoir privé à deux bacs au manoir de Kerlétu, le bassin de la fontaine du Bourgneuf.

Au début des années 1950, il est recensé treize lavoirs opérationnels sur Keryado : cinq lavoirs publics [un à La Grenouillère, deux au Manio rue des Lavoirs, deux doubles à Kersabiec achetés en 1931 à monsieur Ruban (Poul Arlaou, dit le « lavoir du Pou  et Poul Argand, dit « lavoir d’Argent »)] ; cinq lavoirs privés (Kersabiec près de la rue Pierre Philippe, Le Plénéno près du chemin de Penher Le Brec’h, Saint-Armel près de la chapelle, Kerulvé dans le vallon qui dépend du manoir du Pouillot, Saint-Uhel près du château de Saint-Uhel).

À cette liste, il convient d’ajouter les trois lavoirs temporaires des cités de baraques : deux bacs à la cité Jean Le Maux, un bac à la cité de Kerforn et un bac à la cité du Mir.

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