Maires de Keryado


En attendant des élections municipales, un décret du 8 mai 1901 confie à des délégations distinctes les intérêts de Ploemeur et de Keryado : Eugène Le Coupannec, Joseph Esvan et Auguste Daniel pour Ploemeur ; Jean-Marie Le Breton, Louis Pouliquen et Louis Droalen pour Keryado.

Le 22 mai, un arrêté préfectoral convoque les électeurs des deux communes pour le dimanche 9 juin afin de nommer le conseil municipal par l’élection de vingt-trois membres pour chaque commune. Le scrutin qui a lieu à la mairie est ouvert de 7h00 à 17h00. Si un second tour s’avère nécessaire, il est prévu pour le 16 juin.

Face à Louis Pouliquen, Pierre Le Breton obtient 716 voix contre 706. Aussitôt les résultats prononcés, le premier conseil municipal se réuni. Le 9 juin 1901, Pierre Le Breton, jusqu’alors adjoint de Keryado au conseil de Ploemeur depuis 1896, est élu maire.

Pierre Le Breton est né le 22 août 1842 et décède le 23 juin 1918. Si il exerce son mandat jusqu’au 24 mai 1910, il démissionne une première fois avec le conseil dans son ensemble, le 29 août 1905. Il a tenté de montrer son mécontentement. Toutefois, il reste en fonction. Il est réélu le 14 novembre 1906 et le 26 mai 1908. Le 24 mai 1910, lui et ses adjoints Rocher et Le Gal adressent leur démission au préfet du Morbihan. En effet, les élus refusent une décision du département qui veut que la réfection de la grande route de Quimper soit prise en charge par la commune. Il reste en poste jusqu’aux élections du 26 juin 1910.

En effet, des élections complémentaires sont organisées. Jean Stéphan, agent technique né à Lorient le 25 mai 1859, est élu maire le 26 juin 1910. Réélu le 4 mai 1912, il décède le 27 décembre 1916 en cours de mandat.

Depuis le 22 décembre 1916 et ce jusqu’au premier janvier 1918, Pierre Vince fait fonction de maire.

Le 2 décembre 1918, il est remplacé par Jean Marie Touliou qui exerce le métier de charpentier. Ce dernier, fils de Jean Marie Touliou chaudronnier au port de Lorient demeurant au village de Keryado et de Marie Perrine Horel, est né le 23 février 1859 au domicile de ses parents. Jean Marie Touliou, élu maire le 8 décembre 1919, exerce son mandat jusqu’à son décès le 16 mai 1924. Veuf de Jeanne Louise Le Saux qui était tailleuse et qu’il avait épousée le 6 janvier 1884 à Keryado, il décède sur la place publique. Pierre Jubin, qui occupe la fonction de maire depuis le 28 mars 1924, lui succède jusqu’au 17 juin 1924. Ce jour-là, Pierre Philippe né le 22 mai 1862 à Ploemeur, directeur de la Compagnie des eaux et de l’ozone du Petit-Paradis, est élu maire. Il occupe cette fonction jusqu’à son décès à son domicile du 69 rue de Belgique, le 22 janvier 1927.

Toutefois, depuis le 9 janvier, l’intérim est pris en charge par Jean Hémon. Né le 26 avril 1877 et décédé le 6 décembre 1950, il mène une carrière d’officier des équipages de la Marine. Le 12 mars 1927, il est élu maire. Réélu le 23 mai 1928, il occupe le poste jusqu’au 19 mai 1935.

Le 19 mai 1935, Jean Le Maux, un proche d’Emmanuel Svob, est élu maire par les membres du conseil, suite aux élections municipales du 5 mai 1935. Jean Le Maux domicilié 3 rue de la Villeneuve à Keryado, est né le 14 février 1892 à Lorient. Il est le fils de Julien Marie Le Maux, né à Languidic et de Marie Joseph Alexandrine Garot, originaire de Quéven, tous deux jardiniers et mariés en 1890 à  Keryado en Ploemeur. Le 1er mars 1919, Jean Le Maux se marie également à Keryado, avec Louise Renée Gonin.

Engagé dans la Marine Nationale, il est blessé le 21 septembre 1914, en Afrique, dans la baie de Corisco. Après quinze ans de service, il termine comme maître-fourrier à bord du Provence. Il continue alors sa carrière dans l’armée au titre d’agent militaire à Châlons-sur-Marne. Adhérant à la CGT vers 1927-1928, l’armée le révoque suite à une grève. Pendant sa carrière militaire, il obtient de nombreuses décorations : Croix de guerre 1914-1915, médaille militaire en 1922 (le plus jeune de l’époque), Croix d’Or de Serbie en 1918, médaille coloniale en Afrique Equatoriale en 1927, décoration anglaise For Distinguished Service ».

En 1934, il revient à Keryado où débute sa carrière politique. Employé en tant que comptable à la Compagnie Worms, il est également membre de la SFIO (Société Française de l’Internationale Ouvrière). Le 19 mai 1935, il est élu maire de la commune de Keryado. Face à Alexis Le Tallec, 21 membres du conseil sur 22 votent pour Jean Le Maux. Albert Le Clanche, absent excusé, ne prend pas part au vote. Alexis Le Tallec est élu premier adjoint. Dès le mois de juillet, lors du pardon de Saint-Armel qui se déroule le troisième dimanche du mois, la municipalité s’oppose au clergé. Le Maire entend faire respecter la loi qui interdit l’utilisation des voies publiques pour les processions sans autorisation préalable. Le barrage municipal est forcé par les paroissiens avec à leur tête l’abbé Basile Le Gal. Les cantiques tentent de couvrir l’Internationale.

Au cours de ses mandats, il a profondément œuvré pour la commune : amélioration de l’alimentation en eau potable, création du Foyer Laïque de Keryado, des terrains de sports et tribunes, création de la salle Roger Salengro inaugurée le 9 avril 1938 (ancien Family et actuel City), création du marché sur la place de la Liberté, préparation d’un projet d’une nouvelle école de garçons et de filles laissé en suspens à cause de la guerre. Il a également travaillé à la fusion des communes de Keryado et de Lorient.

Le rattachement de Keryado à la commune de Lorient est officiellement demandé à Emmanuel Svob dès 1935. Lors d’une séance du conseil municipal du 21 janvier 1946, le Maire impose, dans les conditions de rattachement, qu’une mairie ainsi que le personnel municipal soient conservés sur Keryado. Pour cela, il s’appuie sur le précédent avec la commune de Ploemeur. En effet, le territoire qui n’était qu’une section de celle-ci, possédait depuis 1879 une mairie et son état civil. Il demande également l’édification d’un groupe scolaire moderne, l’agrandissement et l’amélioration du terrain communal des sports, la reconstruction d’une poste et d’une salle des fêtes. Il demande aussi à ce que l’ouverture d’une campagne électorale coïncide avec ce rattachement. Acquis à l’unanimité par un vote du conseil municipal de Keryado du 14 avril 1946, le rattachement est effectif depuis le 1er octobre 1947.

Extrait d’une lettre de monsieur Barbotin du 10 juillet 1945 suite à une conférence de Jean Le Maux : Socialiste de tendance communiste… presque anarchiste, il a laissé dans la mémoire des Keryadins l’image d’un homme d’un contact très facile, très serviable, affable, mais aussi celle d’un homme volontaire, vif en parole et en acte… soucieux du bien-être de ses concitoyens. Antimilitariste à 100 %… Sa principale volonté a été, après la guerre, de remettre tout en route à Keryado. Clair, précis, lumineux, optimiste, c’est l’impression qu’il a laissé aux personnes ayant assisté à sa conférence en 1945 à Vannes.

Le 25 décembre 1940, Jean Le Maux est démis de ses fonctions et remplacé dès le lendemain par Jean Bréchard, nommé par le gouvernement de Vichy. Jean Bréchard est adjoint au conseil municipal de Keryado depuis le 19 mai 1935. Durant la Seconde Guerre mondiale, deux autres maires sont successivement nommés. Tout d’abord, Léon Jacques en tant que maire à compter du 31 mars 1941 puis François Éven, premier adjoint depuis le 31 mars 1941, nommé maire à compter du 10 mai 1942. Le 12 mai 1945, Jean Le Maux reprend ses fonctions de maire. Le 16 août 1945, le conseil municipal réintègre les locaux de la mairie de la rue de Belgique. Réélu le 7 octobre 1945, Jean Le Maux occupe le poste de maire jusqu’à son décès de maladie. Jean Le Maux décède le 23 avril 1946.

Louis Lancelot, né à Toulon le 18 mai 1901 et décédé à Lorient le 25 février 1959, avec la maladie de Jean Le Maux puis son décès, fait fonction de maire du 28 mars 1946 au 12 mai 1946. Employé à l'arsenal de Lorient, il est conseiller municipal de la commune de Keryado depuis le 19 mai 1935 puis premier adjoint à compter du 7 octobre 1945. Après le rattachement de Keryado à Lorient, il devient conseiller municipal au sein du conseil municipal de Lorient.

Jean Penquer, élu le 12 mai 1946 est le dernier maire de la commune de Keryado après le décès de Jean Le Maux. Il exerce son mandat jusqu’au 30 septembre 1947. Jean Penquer élu maire, Louis Lancelot reprend son poste de premier adjoint.

Jean Penquer, né le 28 novembre 1895 à Pont-Aven, est ouvrier-boulanger de formation qui est gravement blessé le 7 mai 1917 au cours de la Première Guerre mondiale. Amputé d’une jambe, il suit des cours de rééducation à sa sortie de l’hôpital. Il obtient le poste d’archiviste au ministère de l’Air. Il devient conseiller municipal de Keryado en septembre 1945.

Il est par la suite, trésorier, puis secrétaire général de l’Union fédérale des anciens combattants (UFAC). C’est dans ce cadre qu’il rencontre le roi Albert 1er à Bruxelles, le président Bénès à Prague, les présidents Hoover et Roosevelt ainsi que le général Pershing aux États-Unis. En octobre 1947, avec le rattachement du territoire, il devient l’adjoint spécial de Keryado au conseil municipal de Lorient. Il occupe ce poste jusqu’en 1959. Puis en 1965, il revient au conseil où il reprend son poste. Il démissionne de ce poste le 5 mars 1966 tout en restant conseiller municipal jusqu’aux élections de 1971. Jean Penquer est nommé officier de la Légion d’honneur, officier des palmes académiques, titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre ainsi que de plusieurs distinctions étrangères. Inhumé au cimetière de Keryado, ses obsèques ont lieu en l’église Sainte-Thérèse le 16 octobre 1979.

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