Monument aux morts de Keryado


En 1921, le sculpteur Pierre Lorenzi réalise pour le cimetière un monument aux morts commémorant les victimes militaires de la Première Guerre mondiale. Ce monument aux morts rend alors hommage aux 148 Keryadins morts aux combats, dont les noms sont inscrits sur le monument en lettre d’or. Le monument réalisé en granit extrait du sol de la Bretagne, au pied duquel deux crapouillots pointent leur gueule vers le ciel, est entouré de six obus reliés par des chaînes. Pour le maire de Keryado, Jean-Marie Touliou, la pierre choisie est dure « comme la volonté et la résistance des enfants de Bretagne » et « Il est surmonté du buste d’un Poilu au regard fier, à l’attitude mâle : le drapeau qu’il a bravement défendu l’ombrage de ses plis ; la couronne de chêne symbolise sa victoire ; la croix de guerre et la palme avec laurier sur le socle récompense sa vaillance. Simple et sobre, ce monument est indestructible comme notre souvenir. »

Le monument est inauguré le 31 juillet 1921, à 10h00 du matin, le même jour que celui de Ploemeur, en présence du député du Morbihan et sous-secrétaire d’État à la marine marchande et aux pêches Alphonse Rio. Pour l’occasion, le maire invite les habitants de Keryado à pavoiser leurs habitations. Ce jour-là, une messe est célébrée à 8h00 du matin dans l’église paroissiale Saint-Joseph (La Cabane) rue Pierre Huet, par le recteur de la paroisse l’abbé Rio. Selon la presse de l’époque, l’état délabré de la pauvre église « a évoqué, à l’esprit de beaucoup, ces humbles sanctuaires du front que fréquentèrent souvent ceux-là même dont on commémorait l’héroïsme. » Un cortège d’automobiles arrivent à la mairie de la rue de Brest à 9h17. Alphonse Rio y est accueilli par le maire Jean-Marie Touliou entouré des membres du conseil municipal de Keryado. De nombreux notables de la région ont été invités : Pierre Guillemant (préfet du Morbihan), contre-amiral Pierre Delzons (préfet maritime de Lorient) ; Pierre Bouligand, Ernest Lamy, Paul Maulion, Maurice Marchais, Victor Robic et Alphonse Sévène (députés du Morbihan), Albert-Mony (sous-préfet de Lorient), Edouard Labès (maire de Lorient), Louis Guyomar (maire de Guidel), Théophile Guyomard (maire de Pont-Scorff), Julien Moëllo (maire de Quéven), Camille Herwegh (directeur des forges d’Hennebont), René Herscher (commandant des sapeurs-pompiers de Lorient)…

La clique des Enfants de Lorient sonnent Aux Champs après quoi les officiels pénètrent dans la mairie pour écouter un discours du maire de Keryado.

Alphonse Rio, après avoir remercié le maire pour son discours élogieux, s’adresse à François Le Darz (jeune Keryadin domicilié 185 rue de Belgique) pour le féliciter d’avoir sauvé la semaine précédente deux enfants de la noyade au péril de sa vie et lui remettre la médaille du sauvetage et le diplôme qu’il signe devant lui.

À 9h30, précédé de la Clique de la société de gymnastique Les Enfants de Lorient, des enfants des écoles de Keryado, de drapeaux de délégations d’anciens combattants de Keryado, Quéven et Lorient, Alphonse Rio entouré par le maire et son adjoint Jubin, prend la tête du cortège en direction du cimetière. Pour l’occasion, une estrade décorée de tentures tricolores et de feuillages y est installée. Une fois au cimetière, après le dépôt des couronnes offertes par la section de l’Union des anciens combattants de Keryado et la municipalité, et d’une gerbe envoyée par l’UNC de Lorient, les enfants des écoles entonnent la cantate de Victor Hugo Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie. Puis après un appel à l’Union Sacrée perpétuelle de Jean-Marie Touliou qui voit le monument comme une consolation, une fierté pour laquelle chacun pourra se dire que c’est celui« du fils, de l’époux, du père qu’il pleure toujours… et le témoignage de sa vaillance. » Ensuite, il prononce le nom des 148 morts de Keryado. Après chaque nom prononcé, deux anciens Poilus (monsieur Le Caignec domicilié à La Périnière et Antoine Esvan domicilié à Kerlir) clament Mort au champ d’Honneur.

Pierre Bouligand, Ernest Lamy et Alphonse Rio prennent successivement la parole. Pour Alphonse Rio « le monument de Keryado perpétuera les noms de ses enfants et restera le fidèle témoin de leur sacrifice. Il évoquera une époque douloureuse de notre Histoire, la guerre la plus affreuse que le monde ait connue. » La cérémonie achevée, un vin d’honneur au champagne est offert dans une des classes de l’école des garçons.

Puis à midi, une centaine de convives se retrouvent au Courrier Fidèle pour un banquet sous la présidence du député Maurice Marchais. Le banquet est organisé par la section en formation de l’UNC de Keryado présidé par monsieur Duparc. Les autres membres du bureau de ce comité sont messieurs Robic, Mahé, Even, et Jubin. Tous les membres du conseil municipal de Keryado et du comité de l’UNC sont présents ainsi que le commandant des sapeurs-pompiers de Lorient René Herscher (inspecteur départemental des sapeurs–pompiers du Morbihan).

Au moment du dessert, les invités ont pu déguster des gâteaux au kirsch provenant de chez monsieur Jubin (adjoint au maire)

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