Une ère de prospérité, de construction et d’aménagements


Le 26 janvier 1926, la poste est transférée impasse de la Poste (actuelle rue de Suffren). Entre septembre et décembre 1934, la municipalité y fait effectuer des travaux de couverture par le couvreur keryadin Charles Leslé pour la cuisine du bâtiment. Le 1er avril 1932, le bureau de facteur-receveur est transformé en recette de plein exercice de 6e classe. Puis en recette de 5e classe le 1er octobre 1937.

Les efforts de la municipalité portent sur l’asphaltage des trottoirs dont le bitumage de la rue de Belgique a commencé en 1924, sur l’électrification, l’extension du réseau d’eau potable, le projet d’un nouveau groupe scolaire et d’un terrain de sport. En effet, entre 1935 et 1939, la commune de Keryado a connu une ère de prospérité incontestable.

Le 17 février 1930, le maire de Keryado annonce au conseil municipal qui l’ingénieur de la Société Bretonne d’Électricité doit commencer l’étude de l’électrification totale de la commune. Ont alors d’ors et déjà été étudié le quartier du Mir, autour de la route de Ploemeur, la rue Duliscouët et les rues des Lavoirs et Duliscouët prolongée. Le 10 avril suivant, il soumet au conseil le plan général pour le tracé de toutes les lignes notamment pour l’électrification des campagnes de la commune pour un montant d’environ 150 000 francs. Le 2 juin 1930, le maire fait un nouvel exposé au conseil où il vante l’intérêt pour la commune de se doter d’un réseau de distribution d’énergie électrique car selon lui, l‘utilisation de l’énergie électrique est l’avenir pour une commune qui est agricole. Les applications aux travaux agricoles pourraient être multiples et ainsi rendre la production plus abondante et également de suppléer au manque de main-d’œuvre. Le conseil approuve sa vision, aussi il sollicite le concours du service du Génie rural pour étudier le projet et le projet est transmis au ministre de l’agriculture avec avis favorable. En février 1931, le devis de la Société Bretonne ne peut toujours pas être étudié car l’État n’a toujours pas statué sur le montant de la subvention qui pourrait être allouée. Dans ses conditions, la commune ne peut lancer l’emprunt dont la somme est alors incertaine, auprès du Crédit Foncier. Le 21 avril 1931, le conseil municipal approuve le devis et autorise le lancement des travaux pour l’électrification de la route de Ploemeur, et des rues Saint-Joseph et de Belgique. En novembre 1931, l’électrification des campagnes qui est toujours à l’étude, est en bonne voie avec l’étude de subvention de 55 % est en cours au ministère de l’agriculture. En octobre 1932, une baisse anormale et ce depuis plusieurs semaines, de l’intensité de l’éclairage public fourni par la Société Bretonne d’Électricité est abordée au conseil. Au mois de mars de l’année suivante, la commune porte une réclamation auprès de la Société pour contester les tarifs pratiqués aux abonnées de la commune qui sont supérieures à ceux des habitants de Lorient ou Hennebont. Le premier juin 1933, le conseil autorise le maire à signer un traité de substitution entre la Société Bretonne d’Électricité et l’Énergie Électrique de la Basse-Loire. La commune est d’ailleurs à ce jour, toujours sans réponse pour sa réclamation relative au prix du KWH. Le 21 août 1933, le conseil est averti qu’après intervention du préfet, la Société Bretonne consent à une réduction des tarifs aux abonnés, de 10 % pour l’éclairage et de 15 % pour le tout usage. Toutefois, il met à cette proposition, une condition : la prolongation de l’exploitation pour une durée de 7 ans soit jusqu’au 10 octobre 1970. Le conseil rejette la clause de prolongation. Le même jour, l’électrification par la Société Bretonne d’Électricité et la pose d’un câble destiné à l’alimentation électrique du lotissement du Rouho est approuvé. Les problèmes d’intensité perdurent puisqu’en février 1934, plusieurs conseillers font part de l’insuffisance de l’éclairage chez les particuliers.

Le projet primitif d’éclairage des écarts (habitations isolée) qui a été présenté au conseil pour la première fois en 1928 n’est toujours pas réalisé en 1935. Le premier avril 1935, le maire annonce que la Société accepte une diminution de 9 000 francs sur le tarif global alors qu’est adjoint au projet initial, l’électrification de la ferme de la Périnière en partant du Perroquet-Vert. La commune espère une diminution du prix du KWH avec l’augmentation du nombre de clients potentiels. Ce jour-là, le projet d’un montant de 140 265 francs est adopté par le conseil et autorise le maire à contracter l’emprunt global et renonce au bénéfice de la subvention de l’État. Le remboursement s’effectuera sur 30 ans à compter de 1935. En mars 1936, le conseil accepte l’augmentation des dépenses imprévues pour les travaux d’extension électrique et autorise le maire à approuver les ouvrages de distributions électrique et l’implantation des poteaux le long des chemins ruraux. En septembre 1936, la commune est à nouveau en conflit avec la Société de distribution qui n’applique pas le tarif des villes de plus de 5 000 habitants mais propose un tarif différent pour les urbains et les ruraux. En février 1938, au vu d’e l’augmentation du prix de l’électricité et pour faire face aux nombreuses lampes supplémentaires installées dans les rues de l’agglomération, le conseil décide d’une surtaxe de 0,05 francs du KWH qui serait alors supportée par tous les usagers et applicable tant sur l’électricité d’éclairage qu’industrielle.

La caisse des écoles, présidée par le maire Jean Hémon, est créée le 31 novembre 1930. Son but est d’encourager et de faciliter la fréquentation de l’école publique en donnant aux élèves les fournitures gratuites et en apportant aux familles les plus démunies un supplément de ressources ou des objets en nature. Pour répondre au problème des classes saturées, la mairie lance un projet de construction d’une école de garçons devant être construite à côté du terrain municipal des sports de Kersabiec, libérant ainsi l’école de la mairie réaffectée entièrement en école de filles pour les deux ailes et en école maternelle pour l’annexe de la cour. En 1939, la commune nettement ouvrière est une des rares où les naissances dépassent les décès et compte alors plus de 800 enfants fréquentant les écoles communales (chiffre avancé par Jean Le Maux en janvier 1946). L’accord de subventionnement est accordé en août 1939 mais la Seconde Guerre mondiale empêche le projet d’aboutir.

Pour Jean Le Maux, lors d’un discours au conseil le 21 janvier 1947, la prospérité qu’a connue Keryado, est due à « la solidarité générale qui existait dans la population, qui en a fait une des communes les plus actives du département. Commune nettement prolétaire, la vitalité de ses membres apportait dans le Morbihan, dans tous les domaines, une activité que personne ne peut méconnaître. »

Dans les années 1930, Lorient, resserrée sur son territoire et un centre saturé, a lancé des projets d’urbanisation notamment sur l’assiette des anciennes fortifications de l’intramuros et accepté de nombreux projets de lotissements privés de tailles variables dans les quartiers comme Carnel, Chaigneau, l’Eau-Courante, Kerentrech, Keroman, Merville, La Nouvelle-Ville, Parco, La Perrière ou Saint-Uhel, mais les possibilités d’extension étant limitée par les communes qui l’enserrent, elle a malgré tout vu des lotissements s’épanouir ou d’autres s’édifier sur le territoire Keryado.

Pour répondre au besoin de logements, des lotissements de taille variables sont créés sur Keryado : lotissement du Rouho en 1931, rue de Ploemeur en 1931, rue du Perroquet-Vert en 1933, rue de Saint-Armel en 1935.

Le premier projet du lotissement du Rouho, dessiné en 1928 et présenté le 26 décembre, prévoit d’implanter l’église de Keryado au centre du lotissement, actuelle rue Pierre Bouligand. Le lotisseur est la société civile immobilière Bernheim et Compagnie. Les travaux d’aménagement démarrent en 1928. Sous la conduite de l’architecte Aristide Nabat, les travaux de terrassement sont entièrement achevés pour le 13 février 1930. Deux kilomètres de voirie sont prévus et la moitié est achevée pour l’inauguration officielle du lotissement qui a lieu le 25 octobre 1931.

À la même période, la demande de création d’un lotissement en bordure de route au Perroquet-Vert sur des terres appartenant à Roger de VItton est validée par le conseil municipal le 1er mars 1933.

Le 1er décembre 1936, Léon Nabat est désigné comme architecte pour tous les travaux de la commune en remplacement de son père Aristide.

Le 20 février 1939, le maire achète à la famille Esvan un terrain de 7 500 m2 jouxtant la rue de Kerulvé car au vu de la population qui augmente et de la création de nombreux lotissement, il a été envisagé un temps l’implantation d’un jardin public. C’est finalement un projet de groupe scolaire moderne avec terrain de sport qui est privilégié mais interrompu par la Seconde Guerre mondiale alors que ce projet a été subventionné en août 1939. Les premiers plans sont dressés en octobre 1936.

Au milieu des années 1930, le cimetière devenu insuffisant est agrandi sur des plans établis en 1933 par l’architecte Aristide Nabat. Le 9 juillet 1934, il remporte l’adjudication et achève les travaux pour le 15 décembre 1934.

Au début des années 1920, naît le projet d’aménagement d’une place centrale.

Les premiers plans de la place de la Liberté qui pourra abriter les comices agricoles et le marché sont présentés en 1922. À compter du 18 juillet 1934, mise à part les forains qui en font la demande en vue de donner des représentations aux habitants, il est formellement interdits à tous les « nomades » de stationner sur la place publique de Keryado.

À partir du 23 décembre 1929, avant que le stade de Kersabiec voie le jour, La Vigilante commence à s’entraîner et joue ses matches sur la place de la Liberté. En effet, depuis ce jour, il lui a été interdit de jouer à côté de la salle de la Vigilante suite aux bris de vitres récurrents. Mais dès le 31 janvier 1930, la pratique du football est aussi interdite sur la place pour ne pas occasionner de dégâts sur les maisons riveraines. Les maisons qui se construisent autour de la place, y ont rendu la pratique du sport impossible. Le marché hebdomadaire est acté par une délibération du conseil municipal le 28 août 1936. Le 9 avril 1938, la salle Salengro est inaugurée à l’emplacement de l’ancien gymnase de la Vigilante. Un premier bal, organisé par la caisse des écoles et le FLK, s’y tient le 5 novembre. À partir de là, la Vigilante occupe comme vestiaires les locaux de l’ancienne école maternelle à Kersabiec.

Circulation automobile

Avec l’urbanisation croissante, les accidents liés aux automobilistes se multiplient. En conséquence, depuis le 25 juillet 1926, les véhicules à traction mécanique soit les camions et les véhicules légers ne peuvent respectivement dépasser les 10 et 20 kilomètres heures sur tout le territoire de la commune. Le 18 mars 1933, il est décidé que les poids lourds ne pourront dépasser les 20 kilomètres à l’heure et les véhicules légers les 40 kilomètres à l’heure. Passage obligé des finistériens, la rue de Belgique est un axe très fréquenté. Cette décision de limitation de vitesse jugée insuffisante face à la recrudescence des sinistres, est renforcée par la municipalité le 27 septembre 1935, en décidant que dans les rues latérales ou adjacentes à la rue de Belgique, l’allure maximum pour les camions sera de 10 kilomètres à l’heure et de 20 kilomètres à l’heure pour les voitures.

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