Manoir du Bourgneuf


Construit sur un point élevé de Keryado, le manoir est construit en pierre de craie (tuffeaux) acheminées par bateau avant la Révolution française. La façade nord, aux ailes symétriques, est couronnée d’un fronton triangulaire percé d’un œil-de-bœuf. Son décor d’origine, est austère à l’intérieur, sans boiseries aux murs ni de plancher précieux. Les dalles de schiste et surtout sa charpente de chêne en forme de bateau renversé rappellent sa date de construction. Bien que datant du XVIIIe siècle, l’édifice à subit des modifications caractéristiques du XIXe siècle : du néo-classique avec entre autre une symétrie des façades et uniformité des fenêtres.

La propriété du Bourgneuf, située à deux kilomètres de Lorient et de la gare de chemin de fer à une contenance de quatorze hectares qui comprend une maison de maître, une écurie, un grand jardin et un bois de futaie. La maison comprend un rez-de-chaussée composé d’un vestibule, salon, salle à manger, office, cuisine, hangar ; un premier étage avec quatre chambre à coucher avec cabinet de toilette ; un deuxième étage avec un grenier et cinq mansardes. Les écuries regroupent une remise, une sellerie, une basse-cour, une étable, un pressoir, une grange et une maison de jardinier. Le grand jardin est entouré de murs garnis des deux côtés d’arbres fruitiers. Le bois de futaie est composé de vergers, prairies, terres labourables, avenues ainsi que d’une fontaine et d’un lavoir. Ces informations proviennent d’une petite annonce de vente de la propriété parue dans le journal L’Abeille de Lorient du 27 mars 1870. Le 25 avril 1901, une annonce dans le Nouvelliste du Morbihan nous indique alors que cette propriété qui est à louer ensemble ou séparément, située à proximité de la station des tramways de Keryado, comprend en plus de la maison, de la cour, du jardin et de ses dépendances, une serre. L’immense serre permettait au raisin de mûrir mais leur très mauvais état a laissé place à une piscine. Quant au jardin, il est majoritairement utilisé comme potager jusqu’en 1969, quand monsieur et madame Tréquesser font redessiner le jardin.

Une pierre d’un des bâtiments accolé à la maison de maître portait la mention 1792 mais cette partie trop vétuste a été remplacée par des garages.

Le 9 février 1792, le juge Maurice Toussaint Maujouan et son épouse vendent la demeure et le domaine à Armand Ranfrai-Majonière. Puis, le 19 juillet 1799, le négociant Jean-Pierre Sévène et son épouse Marie-Hélène Le Mir deviennent les nouveaux propriétaires. À sa mort, il lègue la propriété à sa fille Céleste, épouse de François Le Blanc, capitaine de vaisseau.

Le 2 mai 1885, Eugène Le Cagnec achète la propriété principale. Les terres labourables et la ferme attenante sont vendues en 1919 à Eugène Kerlir qui en était jusque-là locataire. Au début du XXe siècle, Le domaine englobe alors deux autres fermes qui sont également vendue quelque temps après celle d’Eugène Kerlir. En 1924, son fils Théophile fait l’acquisition supplémentaire d’une petite maison. En 1931, ce dernier, après le partage avec ses frères et sa sœur, reprend la ferme alors que sa sœur hérite de terrains situés en contrebas du manoir. Leur frère Théodore, résistant, est abattu durant la Seconde Guerre mondiale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands fixent des échelons métalliques aux pins situés devant la façade principale afin de s’en servir comme observatoire.

Aujourd’hui, le manoir et les anciens corps de fermes avoisinants sont accessibles par l’allée du Village du Bourgneuf qui débouche sur une porte charretière.

Après la guerre, la ferme disparaît après expropriation et une partie des terres notamment celle hérité par mademoiselle Kerlir et vendue à la ville, forme aujourd’hui le jardin des Quatre Jeudis.

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