Manoir du Pouillot


Le terme Pouillot apparaît au XVIIIe siècle. Le nom du lieu-dit a évolué dans le temps : Portz Ruault en 1446, Portz Rivault en 1508, Poulriault en 1540, Poulriaut en 1683, Poullo en 1684, Le Pouryot en 1701 ou encore Le Poullou en 1705 [en 1705, Pierre Le Douarain et Julienne Noday du « lieu noble du Poullou (Pouillot) » se marie à Ploemeur].

En 1683, le site appartient aux héritiers de Jean Riou de Quermello (Kermelo) qui l’ont acquis du sieur de Kergouraut de Baud et les domaniers sont notamment Jean Le Limantour et Louis Scolan.

En 1774, la propriété appartient à François de Saint-Pierre, négociant à Lorient. Il loue alors une tenue à Étienne Drugeon marié à Anne Hervo, pour une durée de neuf ans. Cette baillée informe que le jardin a été agrandi lors de la précédente location et que le nouveau locataire est autorisé à agrandir les ouvertures des logements, écuries et étables et de positionner les arbres en espalier contre les murs du jardin. En 1778, le fermier est alors André Le Pogam.

Dix ans plus tard, le propriétaire est Philippe Lajus, chirurgien major sur les vaisseaux, époux de Marie Catherine de Saint-Pierre, fille de François de Saint-Pierre. Il loue à compter du 1er septembre 1785 et ce pour trois ans, la métairie du Pouillot avec les logements à Joseph Le Lin et Anne Le Bellec, à l’exception de la petite chambre, du grenier joignant au pressoir, du petit jardin, d’un petit verger et de deux morceaux de terre. Dans l’acte notarié, la grande maison de style XVIe siècle, est alors mentionnée. Veuf, Philippe Lajus décède à Lorient le 14 juillet 1804. Les locataires se succèdent : Jean-Marie Le Doussal en 1841, Joseph Le Doussal en 1846.

En 1852, la propriété passe aux mains d’Auguste Pierre Dalmas (directeur des affaires civiles et du sceau au ministère de la justice). Il a épousé Philippine Zulmé Raoul, fille de Jean-Marie Raoul et de Marie Catherine Lajus, et petite-fille de Philippe Lajus et de Marie Catherine de Saint-Pierre. Les 30 mai et 4 octobre 1852, un bail à ferme est consenti par acte reçu par le notaire lorientais Du Boutiez de Kerorguen, à la famille Le Doussal. Puis en 1861, le nouveau locataire est Louis Mabec. Yves-Marie Le Hunsec lui succède en 1866. Le bail est reconduit en 1872 et 1876 à Jean-Marie et Yves-Marie Le Hunsec.

Puis, le 21 août 1917, Auguste Dalmas, héritier du député Albert Dalmas, lui-même héritier d’Auguste Pierre, vend la propriété à Eugène Le Caignec et à son épouse Marie Louise Le Bellec. Cultivateurs et propriétaires au lieu-dit de Kerbréhueste en Keryado, ils gardent la propriété jusqu’au décès d’Eugène Le Caignec, le 28 juillet 1937.

Son épouse et ses enfants, représentés par Joseph Le Moing vendent la propriété aux enchères. Après plusieurs enchères, Andrée Charlotte Allanic, née Marchal, (épouse d’Alexandre Allanic, docteur en médecine domiciliés 2 rue du Poulorio), acquiert le bien le 10 mars 1938 par une vente aux enchères publique à la bougie. L’ensemble est loué à des agriculteurs. En octobre 1970, elle se sépare de l’enclos et du manoir alors loués par monsieur Le Paugam. Le manoir est très endommagé et les nouveaux propriétaires, monsieur et madame Pichereau, entreprennent d’importants travaux de restauration. Les 360 mètres d’enceinte sont restaurés. Quant au bâtiment d’habitation, la corniche dont il ne restait plus que les deux angles a été restaurée avec du tuffeau importé de la région de Saumur.

Le manoir est situé sur une motte féodale enclos d’un mur qui remonte au XIe siècle. Le bâtiment principal est remanié au XVIIe siècle avec des références à l’habitat de l’époque : double corps de logis, symétrie des ouvertures. Les trois tours du mur d’enceinte sont des pigeonniers avec des niches pouvant abriter des couples qui peuvent recevoir jusqu’à 500 pigeons. Sans ouvertures sur l’extérieur, on y accède par une porte intérieure. Sur les murs, on peut également retrouver des pierres rondes sculptées qui indiquent qu’il y avait une cour de justice seigneuriale. L’ensemble comprenait également une chapelle, d’ailleurs un acte de décès des registres paroissiaux de Ploemeur du 6 février 1684 indique qu’une personne est enterrée dans l’église du Poullo (Pouillot). Les haut murs pourraient être une protection contre le vent afin de faire des jardins un espace propice aux légumes et aux fruits. Le parc doté d’un appentis abritant un four à pain et une cheminée, est divisé en quatre parcelles par des murs. Selon le comité d’histoire de Ploemeur, il s’agit probablement des restes des murs correspondant aux six parcelles du cadastre de 1901. À l’arrière de la maison, se trouve un édifice en ruine, mentionné comme écurie au cadastre. Selon le propriétaire en 2012, il pourrait s’agir de l’ancienne chapelle. Les bâtiments de ferme pourraient être les plus anciens.

Entre le cadastre de 1901 et une visite effectuée par les membres du Comité d’histoire du pays de Ploemeur le 10 avril 2012, il n’y a pas de modifications importantes du site et le plan ne révèle aucune différence pour les jardins et les bâtiments.

En 1985, les terres qui ont été achetées par la Ville de Lorient sont louées à des fermiers.

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