Propriété de Pont-Emplar


Aujourd’hui situé rue Duliscouët, l’aqueduc de mur en pierre qui date des années 1760 et fait office de mur de clôture, longe toute la partie basse du jardin de la propriété. Cet aqueduc provenant de Kerforn est alimenté par cinq sources des environs de Kerfichant. Situé en plein Manio, le nom ancien de ce lieu-dit est Pont-Emplar. La haute demeure bourgeoise, couronnée d’un toit à la Mansart et flanquée d’une tour d’angle percée de fenêtre de style gothique, abrite l’escalier d’accès aux étages. La maison est à l’origine approvisionnée en eau par un puits installé directement dans la cuisine.

Une propriété qui comprend habitation de plaisance, jardin et dépendances est mise en vente par adjudication le 23 décembre 1890 au prix de 18 000 francs. N’ayant trouvé acquéreur, son prix est baissé à 14 000 francs et une nouvelle vente a lieu le 28 juillet 1891. Le 16 juin 1897, la propriété dite Pont Emplar, alors située chemin du Manio, est cette fois-ci mise en vente par licitation judiciaire au prix de 5 000 francs. L’affaire a été portée en justice par Alexandrine Corven contre Henri Corven (négociant en grain du Faouët) et Charles Le Hénaff demeurant rue Saint-Vincent à Calvin en Lorient. Elle est louée de façon verbale à Joseph Le Mentec pour 200 francs par an. La propriété est alors décrite comme suit dans le journal le Nouvelliste du Morbihan du 20 mai 1897 : une maison construite en pierres et couverte en ardoises avec deux longères et deux pignons privatifs ouvrant au midi sur un terrain appartenant à la propriété et la séparant du chemin du Manio ; elle se compose au rez-de-chaussée de deux pièces à feu ayant chacune une porte et une fenêtre ; au-dessus de chaque pièce un grenier avec lucarne. Cette maison a de long environ quatorze mètres et environ cinq mètres de profondeur ; au midi de la maison, deux petites écuries en appentis, l’une au levant, l’autre au couchant ; devant la maison un terrain à peu près rectangulaire séparant la maison de la route du Manio, donnant du midi sur le chemin, du levant sur terre à Duliscouët et du couchant sur terre à Le Nid ; au nord de la maison une parcelle de terre, partie en prairie, partie en labour, de quatorze ares cinquante centiares  environ, donnant du levant sur prairie Veuve Danic ou représentants, du couchant sur terre Le Fèvre et Le Brech, du nord sur terre Le Bot. Au midi de la maison, un puits ; dans la prairie un lavoir ; […] propriété portée au plan cadastral de Ploemeur sous les numéros 452 – 452 bis – 452 de la section F. » Au vu de la description et de la localisation, cette demeure en vente en 1897, si elle est dénommée de la même façon, n’est pas la même propriété. Sur le cadastre de Ploemeur et comme sur celui de Keryado, les numéros de parcelles de la propriété qui nous intéressent sont 387, 388, 389, 390 et 391.

En 1971, un couple se porte acquéreur de la demeure de la rue Duliscouët.

Le docteur Hyacinthe Duliscouët de Keryado, qui travaillait au bureau de bienfaisance de Lorient et a œuvré à l’indépendance de Keryado, n’est autre que le grand-père du nouveau propriétaire.

Le docteur a notamment reçu par un arrêté du ministre de l’intérieur du 20 février 1893 une médaille honorifique d’argent pour son dévouement lors de l’épidémie cholérique de 1892. Michel Duliscouët, officier de santé à Keryado, obtient quant à lui le même jour, une médaille de bronze. En 1889, le docteur selon le journal Le Patriote Breton du 1er novembre 1889 est domicilié au bois-Calvin et est alors désigné par un détracteur sous le vocable la Petite Sévigné du bois-Calvin. Hyacinthe Duliscouët est aussi trésorier du Comité départemental de secours aux marins-pêcheurs dont le siège est à Lorient, vice-président de la commission sanitaire de Lorient.

La demeure est mise en vente en 2017. D’une surface de 180 m2 habitable, elle comprend entre autre trois chambres, un salon avec cheminée, parquet et boiseries…

© 2018 - Site officiel des Archives et du patrimoine de la Ville de Lorient

Retour en haut