Évacuation et retour du conseil municipal


En 1846, la première usine à gaz de Lorient, qui permet l’éclairage de la ville de Lorient, s’installe au Manio rue du Vieux-Gaz (actuelle rue Jean-Marie Touliou). Elle s'installe sur Keryado. Elle est en fonctionnement jusqu’en 1882, date à laquelle elle est remplacée par celle de La Nouvelle-Ville. Avec la disparition de l’utilisation du gaz, les lignes électriques à haute tension à construire pour l’Entreprise Energie électrique de Basse-Loire passent en traverse de Keryado.

Il en est de même pour l’alimentation en eau. Dès le temps de la Compagnie des Indes dont le premier réseau fait de conduites en cuivre ou laiton est opérationnel dès 1740 pour alimenter l’enclos du port. Une des canalisations capte ses eaux à Kerforn. À partir des années 1760, les canalisations sont remplacées par des canaux de pierre maçonnés ou taillés. Celle s’alimentant à Kerforn et qui traverse les terres du Manio est encore visible notamment l’aqueduc de la rue Duliscouët. En 1851, la municipalité lorientaise décide de s’affranchir de la Marine en se dotant de son propre réseau. Le réservoir de la rue Beauvais, achevé en 1860, est alimenté par de l’eau captée à Saint-Armel, à Kerulvé, au Pouillot ainsi qu’à Quéven. En 1887, un réservoir de 12 000 m3 d’eau potable, propriété de la ville de Lorient, est construit au Petit-Paradis sur le point le plus haut de Keryado. L’eau y est acheminée depuis une station de pompage installée à Kerguillette. L’eau provient du Scave, l’un des affluents du Scorff.

Le 19 novembre 1889, une commission nommée par le conseil municipal de Lorient visite les installations achevées. Ce jour-là 1 000 m3 d’eau sont déjà dans le vaste réservoir et à compter du 23 novembre, il est procédé au nettoyage des tuyaux de la grande artère jusqu’à la porte du Morbihan. Le maire Rio souhaite alors que la terre provenant du château d’eau de Keryado serve à combler la petite bouche de l’étang du Faouëdic.

En juin 1892, la ville de Lorient est obligée de rétablir l’ancienne conduite d’eau avec le château d’eau de la rue de l’Hôpital (rue Jules Le Grand) car le réservoir du Petit-Paradis ne peut contenir que 8 000 m3 d’eau sur les 12 000 prévus à cause de plusieurs fissures.

En 1897, Lorient fait entièrement clôturer le réservoir et le terrain lui appartenant. Le but est alors de protéger le réservoir contre les malveillants qui détériorent les ouvrages ou y déposent leurs ordures ce qui pose un problème d’hygiène publique. La partie du terrain bordant la rue de Brest étant déjà enclos d’un mur, il reste alors les trois autres côtés à clôturer. Il va aussi être installé une porte à l’escalier d’accès au terre-plein du réservoir. À ce moment-là, Lorient envisage déjà d’installer un deuxième réservoir sur le terrain contigu à clôturer en même temps et sur lequel sont déposés les déblais du réservoir existant. Ce réservoir dont les premiers plans sont établis au mois de février 1897, doublerait les capacités d’approvisionnement en eau et sera de toute façon une réponse inéluctable face à l’augmentation des abonnements et à la dépense d’eau qui s’accentue. La surface du terrain qui appartient à Lorient, a alors une longueur développée de 291,10 mètres. En attendant la construction du deuxième réservoir, le conseil municipal de Lorient propose d’y installer une pépinière qui servirait à faire des élèves pour les jardins publics.

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