Retour de la population et cités de baraques


Commune moins dense et plus éloignée de la base de sous-marins de Keroman, Keryado subit moins de perte immobilière que la ville de Lorient bien qu’elle ait également subit plusieurs bombardements importants entre janvier et février 1943. En 1936, Keryado compte 5 191 habitants. Pendant la guerre, 4 891 personnes sont évacuées de la commune. Au 22 octobre 1946, la population keryadine est de 5 458 personnes. 5228 sont des réfugiés. Ce qui veut dire que 230 personnes n’ont pas quitté Keryado durant le conflit. Sur les réfugiés, 650 sont à reloger en baraque.

Keryado est confrontée à la même problématique que Lorient. Une ville qui a subit les aléas de l’occupation, de l’évacuation et de la destruction. En 1945, la Poche enfin libérée, les Keryadins attendent de pouvoir revoir leur ville. Le nombre d’habitants à reloger est estimé à 4 855. Le commune de Keryado, afin d’accélérer la reprise et le retour de la population, opère à des réquisitions. Pour la fin de l’année 1946, 36 sont effectives et 19 encore en cours.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Keryado compte 873 immeubles à usage d’habitation ou commercial et 58 à usage industriel. Le nombre d’habitants sinistrés qui sont dans l’incapacité de réintégrer leur demeure est de 850. 92 immeubles sont totalement détruits et 85 partiellement détruits ou endommagés. 43 d’entre eux sont réparés et habitables au 31 décembre 1946.

Comme sur le reste du territoire, des cités de baraquements provisoires vont naître pour permettre à la population sinistrées de pouvoir se réinstaller : cité Jo Le Borgne (Kerguillette), cité de Kerforn, cité du Mir, cité Jean Le Maux (Le Plénéno - Kerfichant), cité de Kerulvé, cité Le Bloa (Le Manio), deux cités Berthelot (Le Rouho), cité commerciale de la place de la Liberté. Les cités Jo Le Borgne (Kerguillette) et Le Bloa (Manio) sont deux cités de baraques américaines.

En avril 1946, les cantonniers et les associations qui organisent des réunions et les bals de Keryado sont chargées du nettoyage du baraquement où se trouve le ravitaillement et qu’ils utilisent.

En juin 1946, une fois les opérations de déminage et de déblaiement terminée, la cité de la place de la Liberté est dotée de neuf baraques de type commercial dont la Poste pour permettre à l’économie de repartir. Parallèlement, 28 baraques américaines sont installées dans la cité Jo Le Borgne qui prend officiellement cette dénomination le 21 janvier 1946. Georges dit « Jo » Le Borgne est un lieutenant FFP fusillé par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. La cité de baraques américaines du Manio prend le nom de cité Le Bloa le 5 août 1946. Roger Le Bloa est un sous-lieutenant tué à l'ennemi dès le début du conflit.

Les choix d’implantation de cités provisoires ne doivent pas entraver la reconstruction aussi les plus grandes sont installées dans les quartiers périphériques de Keryado. C’est notamment le cas de la cité Jean Le Maux, installée le long de la voie ferrée où à la fin de la guerre des baraquements avait déjà été installé, avant le retour de la population, pour les prisonniers de guerre allemands. Petites villes dans la ville, la vie des cités s’organise avec son lavoir, l’apparition de commerces (épicerie, café…), de petits métiers, de petits jardins… dans une ambiance particulière où l’entraide prédomine, où tout le monde se connaît et se soucie du voisin, un espace de jeux et de découverte permanent pour la jeunesse. L’ambiance particulière qui y règne crée une forme de nostalgie d’une période parfois de privation mais où les relations prédominent et où tous les espoirs sont possibles.

Au recensement de 1946, 5 043 Keryadins sont recensés et au 31 décembre, la municipalité recense 5 586 réfugiés qui y habitaient avant la fin de la guerre. Sur ce nombre, 141 personnes sons relogées dans les immeubles réparés, 511 personnes en baraques et 135 relogées après des arrangements à l’amiable. Le nombre de baraquements édifiés est alors de 156 : 13 baraques commerciales, 6 diverses (école publique et école privée, terrain de sport, baraque municipale sur la place de la Liberté), 129 à usage d’habitation et 8 hangars.

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