Un territoire ouvert


Keryado est un territoire ouvert sur le Finistère et le Morbihan.

Selon les époques, Keryado a connu plusieurs écritures : Kerjado, Kerriado, Keriado, Keryadot, Keryadau, Quériadeau.

Keryado viendrait du mot breton keriadoù qui signifie maisonnées soit quelques maisons d’un hameau dispersé. Le hameau originel de Keryado se situe à l’arrière du Petit-Paradis, de chaque côté de la route qui mène au bourg de Ploemeur via Kerfichant et la rue de Kerlouano qui mène au manoir du Bourgneuf. Il reste aujourd’hui notamment dans l’impasse de Ploemeur, rue Anne de Bretagne et aux alentours quelques maisons de ce hameau étiré. L’origine du mot peut aussi être un dérivé de Kerjegadou ou Kerjégado du nom de la famille propriétaire de vastes domaines durant plus de deux siècles sur Keryado.

Originellement sur le territoire de Ploemeur, Keryado est divisée en trois sections cadastrales (Saint-Maudé, Saint-Mathurin, Saint-Armel) composées de nombreux villages, hameaux et lieu-dit très éloignés du bourg de la commune. On y recense de nombreuses dénominations, certaines qui perdurent et d’autres qui se chevauchent, disparaissent où se remplacent au fil du temps : Ar Garriel, Ar Verje, Beg an Hent, Bois du Château, Le Bourgneuf, La Cardonière (Cardonnière), La Chartreuse, Le Toullogotte, Er-Predelau, Kerandur, Kerbréhueste (Kerbrevest), Kerguillette (Kerguillet ou Kerdillet), Kerforn, Kergoat, Kergoal (Kergoahal), Kerléganic, Kerlégant, Kerlétu, Kerlouano, Kernitra, Kersabiec, Kerulvé, hameau de Keriado (Keryado), Koad an Iliz, Lan-Bego, Lann Damani, Le Manio, Le Mir (dit aussi le Petit Mir), Montplaisir, Parc er Vourzoze, Parc-Lannec-err-Maous, Park ar Brug, Park an Darz, Park an Devenn, Park ar C’hoad, Park ar Groez, Park ar Pont, Park ar Wern, Park Hir, Parkoù Lann, Parl Poullig Bihan, Park Poullig Bras, Park ar Lann, Penher – Le Brec’h, Lann Vihan, La Périnière, Le Penher-Masson, Le Perroquet-Vert, Le Petit-Paradis, Le Petit-Parco, Le Plénéno, Pont an Diaoul, Pont-Emplar, Pont Justin, Le Pont de Rhun, Le Pouillot, Poul Fank, Poul Glas, Prad an Oen, Prad ar C’hoad, Prad Don, Le Réservoir, Saint-Armel, Saint-Mathurin, Saint-Maudé, Sept Chênes Verts, Ti Lann, Toull Bazhadou, Toull Logod, Toul Moro, Toul Segot, Le Vieux-Gaz…, puis Calvin (Calahuen), la Croix de Calvin, Le Rouho, Saint-Uhel et Tréfaven à cheval sur les communes de Keryado et Lorient, Le Gaillec et Keraude à cheval sur les communes de Keryado et Ploemeur, Le Vieux-Moulin et Kerdual à cheval sur Keryado et Quéven, et enfin Kerfichant et La Villeneuve à cheval sur Keryado, Lorient et Ploemeur.

Lorient : une terre enclavée entre la Mer, Keryado et Ploemeur

L’estuaire de Lorient marie la mer à un vaste territoire rural, riche d’espaces naturels. Par sa seule situation, la rade est une terre d’échanges.

Le 31 août 1666, la Compagnie des Indes Orientales s’installe sur la rive droite du Scorff. Il s’agit d’y établir le chantier naval de la Compagnie. Bien délimitée par un mur d’enceinte (l’Enclos du port), le premier village de Lorient est né. Mais l’accroissement très rapide de la population contraint la ville à se développer hors de l’Enclos. Puis, à la recherche de vastes espaces et de tranquillité, plusieurs officiers de la Compagnie des Indes construisent leurs demeures sur le territoire de Keryado en Ploemeur. Par la suite, de nombreux ouvriers s’installeront sur la commune de Keryado où la vie, les terrains et les habitations sont moins chères.

Une phase urbaine très dynamique marque alors le XIXe et le début du XXe siècle jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Lorient devient l’un des points d’application majeur de l’effort de guerre nazi, et donc la cible des forces alliées qui décident son anéantissement. Détruite à plus de 85%, il s’avère très tôt que sa reconstruction ne comble pas le besoin en logements de Lorient en pleine expansion.

C’est précisément à ce moment que l’ancien village de Keryado, devenu depuis commune, est rattaché à la cité portuaire.

En à peine trois siècles, Lorient, et en à peine plus d’un siècle, Keryado, semblent déjà avoir eu plusieurs vies. Les aléas de l’histoire ont donné à Lorient le rôle d’une ville continuellement neuve. Consciente de son héritage, elle a dû se réorganiser, se recomposer sur elle-même. Le rattachement de Keryado s’inscrit dans ce mouvement continuel qui ouvre le champ des possibles.

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