Commerce et artisanat


Dès le début du XXe siècle, les artisans et petits commerces sont nombreux et variés sur Keryado : alimentation, boulanger, cafetier, charron, coiffeur, couvreur, décorateur, épicier, électricien, forgeron, vitrier, plâtrier, plombier-chauffagiste, peintre en bâtiments, maçon, menuisier, vitrier… Bien souvent les cafés possédaient une épicerie et si les entrées étaient séparées, on pouvait passer de l’un à l’autre par l’intérieur.

Aujourd’hui il existe un lieu dénommé allée de la Savonnerie. Cette allée doit son nom à fabrique de savons créée par Louis le Leuxhe en 1898. L'entreprise était installée au 5 rue de Ploemeur à Keryado et compta jusque 8 employés. Elle produisait le savon de Lorient, un savon de ménage. L'activité cesse en 1939, peu avant l'arrivée des troupes allemandes à Lorient. Il y eut vraisemblablement un autre atelier dans ce secteur, car on relève en 1795 un texte concernant un sieur Besson manufacturier de savons à la campagne du paradis.

En 1930, le premier garage automobile ouvre à l’angle des rue de Belgique et de Ploemeur. Il est repris en 1937 par Nédélec et devient garage – station-service. Une seconde station-service est installée à l’entrée de l’impasse Le Bayon. Au lendemain de la guerre, Keryado compte plus de 180 commerces. À part les métiers disparus, la variété des artisans perdure et s’est diversifiée. Certains commerces marquent les esprits de plusieurs générations de Keryadins : Au Petit Bazar de Keryado, laiterie de Kerguillet fondée en 1920, café et salle de réception Le Courrier Fidèle, Cycles Bouger, épicier - charcutier-traiteur Le Garrec, la Coop de la rue de Belgique, le café Le Petit Bonhomme Cassesoif, Radiovision Jean Calvar qui sonorise les bals et les fêtes des écoles, le Café du Puits qui disparaît avec l’aménagement de la Pénétrante, le café – charcuterie – épicerie – mercerie Le Perroquet Vert…

Le 22 octobre 1980, la décision de création de la zone artisanale du Manio sur un espace de 14 000 m2 est actée par le conseil municipal, comme prioritaire. Elle est prévue sur des terrains appartenant à la collectivité.

Dès l’annonce du projet, un comité de quartier se prononce contre cette implantation arguant, que le quartier subit déjà les nuisances de la pénétrante et qu’en plus, on veut «  amener les nuisances d’une zone artisanale… ». « C’est un quartier oublié depuis vingt ans. C’est le bout du monde ici. Nous avons fait preuve de patience et de civisme, mais on n’est pas récompensé. »

Le projet prévoit l'aménagement en sept lots de 1 000 à 2 000 m2 auxquels on accède par la rue des Laboureurs. Le remblaiement de la zone est effectué avec les excédents de déblais de la desserte portuaire (pénétrante). Le 6 janvier 1981, la municipalité organise une rencontre avec le comité de quartier afin d’étudier des correctifs à apporter pour une bonne cohabitation et que le voisinage ne soit pas gêné ni par le bruit ni par le stationnement.

Le 21 janvier 1982, le plan d’aménagement de la zone d’activités sur un terrain municipal de 15 000 m2 situé entre la rue Anne de Bretagne et la rue du Manio est présenté au conseil. Le projet tient compte de la demande du Comité de quartier d’y inclure un espace vert important. Aussi de sept lots initialement souhaités, le projet passe à quatre lots de 900 m2 en moyenne. Début novembre 1983, une première entreprise s’installe : le peintre en lettres Bossé.

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