Le Poulichet (rue Joseph Marie)


Rue située dans le quartier Chaigneau, elle relie le cours de Chazelles à l'intersection entre la rue de la Doûve et la rue Charles Le Samedy.

Joseph Marie Le Poulichet, né le 8 février 1923, 87 rue du Port à Lorient, était le deuxième enfant d’une fratrie de trois. Sa mère, Marie Anne Treussard, tenait à cette adresse un cabaret bien situé tout près de la porte de l’arsenal, connu sous le nom de « salle Bosson » où des bals étaient organisés. Son père Joseph Le Poulichet était clerc de notaire. Il fut élu conseiller municipal en 1925 sur la liste d’Emmanuel Svob.
Le 18 juin 1940, comme plusieurs de ses camarades du lycée Dupuy-de-Lôme désirant rejoindre l’Angleterre, il s’embarqua sur le chalutier Sainte-Marie mais dut revenir à Lorient. En 1942, sa deuxième tentative pour quitter la France échoua à nouveau. Accompagné de deux camarades, il avait voulu rejoindre l’Espagne afin de s’engager dans la France libre mais fut arrêté à Nantes par la gendarmerie française alertée par la mère d’un de ses compagnons.
Lors des bombardements en janvier 1943, Joseph et sa famille quittèrent leur maison, 18 rue de Carnel où ils habitaient depuis 1932, pour se réfugier à Guiscriff.
Joseph Le Poulichet s’engagea dans la Résistance, au Front National le 2 février 1944 dans le secteur de Guiscriff, s’occupant d’abord du recrutement pour le maquis en formation et de la récupération des armes. Il participa à de nombreuses actions contre l’ennemi. En juin 1944, il collabora au sabotage de la ligne de chemin de fer Carhaix-Rosporden et à la destruction des lignes téléphoniques reliant Guiscriff à Le Faouët et Le Faouët à Gourin, ainsi qu’à celles employées par les Allemands sur la commune de Lanvenegen.
Joseph Le Poulichet de la 2e compagnie du 2e bataillon FTPF, formé le 20 juin 1944, réussit à conduire sa section à travers les embuscades allemandes jusqu’au village qu’il avait eu ordre de rejoindre.
En juillet 1944, il participa à des embuscades sur la route Pontivy-Rostrenen et à des attaques contre les Allemands leur occasionnant de nombreuses pertes.
Il prit part à la libération de Rostrenen le 3 août 1944, vingt-quatre heures avant l’arrivée des blindés américains et à celle de Lézardrieux le 15 août.
En août et septembre, il aida à l’instruction à la caserne du 35e de Vannes, au centre d’instruction Koenig à Rostrenen et au camp de Meucon.
Il arriva sur le front de Lorient dans le secteur de Nostang le 24 septembre. Avec sa compagnie, dès le lendemain, au cours d’une patrouille, un observateur allemand placé dans le clocher de l’église de Merlevenez fut tué, des mitrailleuses ennemies furent réduites à l’impuissance. Le Poulichet fut nommé adjudant.

Au début du mois d’octobre, il fut mis à la disposition des unités américaines sur le front de Nostang. Ayant réussi à recueillir des renseignements sur les emplacements de l’artillerie ennemie, Joseph reçut les félicitations d’un colonel américain.
Le 20 octobre, la section qu’il commandait parvint à repousser les Allemands qui pilonnaient les lignes françaises et tentaient une sortie.
Le 28 octobre 1944, sa compagnie dut se replier sous la pression allemande. Restant en arrière-garde pour protéger le repli, le lieutenant Le Poulichet fut grièvement blessé. Le 31 décembre 1944, alors qu’il se trouvait toujours en traitement à l’hôpital 33 à Vannes, il fut décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palmes.
Il fut cité à l’ordre de la division en février 1945 par le général de division Allard, commandant la XIe région militaire : « Lors d’une attaque allemande le 28 octobre 1944, est resté en arrière-garde pour protéger le repli de sa compagnie. Combattant jusqu’à épuisement de ses munitions, tuant quatre Allemands et en blessant plusieurs autres. Au cours de l’action a été grièvement blessé ».
Il mourut des suites de ses blessures à l’hôpital maritime le 23 septembre 1946.
Il est inhumé aux côtés de ses parents au cimetière de Carnel (C13 p44).

Appellation adoptée par délibération du conseil municipal du 26 janvier 1984.

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