Rue située dans le quartier de l'Eau-Courante, elle relie le boulevard Eugène Cosmao-Dumanoir à la rue Émile Bourdelle
Marguerite Caudan (1920-2021)
Résistante durant la Seconde Guerre mondiale (Je ne suis pas entrée en résistance, car j’y étais déjà !)
Marguerite Caudan, née le 12 février 1920 à Paris, est décédée le 13 novembre 2021 à l'âge de 101 ans. Résistante de la première heure durant la Seconde Guerre mondiale, elle reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur le 31 janvier 2021. En 2004, suite au décès de son époux Louis, natif d’Hennebont, elle vient s’installer à Plouhinec dans ce coin de Bretagne qu’elle et son époux ont toujours aimé. Son admiration pour la communauté de la danse bretonne, a également été l’une de ses motivations pour déménager à 90 ans. D’ailleurs, elle pratique longtemps la danse bretonne et déclare à presque 100 ans : La varappe, le ski, le tai-chi, j’ai dû arrêter. Mais la danse bretonne, ça ne me fatigue pas !
Son engagement contre le nazisme, Margot le vit comme un cheminement normal. Parmi ses camarades de classe, elle côtoie des juifs venus d'Europe centrale, des italiens qui lui racontent les violences du régime de Mussolini et des allemands dont les parents ont fui le régime Nazi. Les injustes subies par ses nouveaux amis, ne la laisse pas indifférente. Alors âgée de 14 ans, favorisée en outre par l'ouverture présente au sein de sa famille, elle se mobilise dès février 1934, contre le danger fasciste. En 1935, elle adhère aux jeunesses communistes. À partir de l'été 1936, elle soutient les Républicains espagnols.
En avril 1940, huit jours après son mariage, Marguerite Caudan est arrêtée pour son appartenance à l’UJFF (Union des Jeunes Filles de France) qu'elle a intégré en 1937. Incarcérée à la prison de Fresnes puis à celle de la Roquette, elle est transférée en mai 1940, de prison en prison jusqu'au fort du Hâ à Bordeaux. Elle se souvient de sa libération : en ce début d’été 1940, il régnait une pagaille immense à Bordeaux. Grâce à cela, nous avons eu la chance d’être libérés assez rapidement, sans qu’aucun acte officiel ne soit réalisé. C’était un peu comme si on se débarrassait de nous parce que nous étions trop encombrants.
Puis avec son mari Louis, un Breton originaire d’Hennebont, elle se voit confier fin août 1940 une imprimerie à Meudon : alors que je suis de nouveau installée dans le XIe arrondissement, mon mari démobilisé et moi recevons la visite d’Henriette Schmidt. C’était une des responsables nationales de l’Union des jeunes filles de France qui avait été mandatée par la direction clandestine du Parti communiste français. Cet emploi est une couverture qui lui permet de travailler dans l'ombre. Le premier tract de l'imprimerie clandestine est imprimé en octobre 1940, pour la manifestation de lycéens et d'étudiants du 11 novembre 1940 à Paris, sur les Champs-Élysées et devant l'arc de triomphe, pour la commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918. L’engagement du couple, malgré la répression de cette manifestation, ne faiblit pas. À l’été 1941, toujours à la demande d'Henriette Schmidt, ils cachent Fernand Grenier, le futur représentant des FTP auprès du général de Gaulle, évadé de Châteaubriant alors qu'il aurait dû en être le 28e fusillé.
Agent de liaison, elle transporte faux papiers, matériaux pour explosifs, consignes... jusqu’à son arrestation en juin 1943. Elle subit un interrogatoire musclé et est à nouveau incarcérée à la prison de la Roquette. Échappant à la déportation, elle y reste emprisonnée jusqu'au début de l’insurrection parisienne en août 1944. Cette libération lui permet de participer à la Libération de Paris. Une trentaine de ses codétenues ont été déportés alors que d’autres ont été fusillées sur place. Quand Marguerite aborde cet emprisonnement, elle déclare on n’attache pas d’importance aux petites choses, après ça.
Après la guerre, Margot Caudan devient responsable du comité d’entreprise de Renault à Boulogne-Billancourt.
À la fin de sa vie, Margot, parle beaucoup plus de ses actes de résistance face à l’Allemagne nazie et au régime de Vichy : On est de moins en moins nombreux à pouvoir témoigner, alors j’y vais. Je suis un peu dure de la feuille, mais quand les jeunes viennent me trouver, je ne peux rien leur refuser ! Elle rencontre des lycéens et des collégiens bretons à qui elle raconte sa jeunesse qui a nourri ses idées, son engagement naturel aux Jeunesses communistes, la création de l’UJFF et sa rencontre avec son mari, Louis.
Lorsqu’elle reçoit la médaille de la Légion d’honneur, cette femme humble qui ne court pas après la reconnaissance déclare : Quand on agit selon sa conscience, ce n’est pas pour des décorations. Plutôt que de parler d’elle, elle vante les mérites de l’action collective, la logique de la Résistance. Puis, elle dédicace sa médaille aux fusillés, aux tués... qui n’ont pu célébrer la Libération. Elle pense aussi à celles et ceux des jeunesses communistes et de l’UJFF qui ont eu un parcours identique au sien. Elle n'oublie pas Rémy Guillevic, combattant de la Poche de Lorient durant la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit de son camarade au sein du comité du pays d’Auray de l’Association nationale des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale et des Ami(e)s de la Résistance (ANACR), décédé à Locoal-Mendon dans sa 95e année en mai 2021. Ancien président du comité d'Auray qui a, comme elle, partagé ses souvenirs dans les écoles de la région, ses obsèques ont eu lieu à Lorient le 7 mai 2021 au funérarium de Kerlétu.
Source : journal Le Télégramme du 11 février 2020 (journaliste Sophie Prévost) ; journal Ouest-France du 24 octobre 2018.
Appellation adoptée par délibération du conseil municipal du 31 mars 2022.