Droneau (rue Claire)


Claire Droneau est née à Lorient le 3 septembre 1704 et y décède le 24 mars 1782. Fondatrice du premier hôpital de Lorient (Maison de la Miséricorde). Elle est la fille de Michel Droneau (échevin de la ville de Lorient et caissier de la Compagnie des Indes) et de Renée Le Barse. Philantrope, cette ancienne directrice de l’Hôtel-dieu, amie de Jeanne Molé (fondatrice des sœurs de la Charité), est apparenté aux familles de La Mettrie, Esnoul Deschâteles, Dupuy-de-Lôme, Favereau...
Sensible au sort des plus pauvres, elle loue des maisons afin de les assister de ses bons soins et conseils. De fortes augmentation des loyers la pousse à vouloir construire sa propre maison.
En 1728, elle acquiert, pour la somme de 1 200 livres, un terrain qui mesure 84 pieds de long (à peu près 28 mètres), bordé d'un côté par la mer, de l'autre par la rue du Faouëdic (ancienne rue de l'Hôpital, actuelle rue Jules Le Grand). En 1731, grâce au concours de plusieurs bonnes œuvres de la ville, à des aumônes et des quêtes, aux 7 000 livres prêtées par son père, elle ouvre une maison de refuge pour les pauvres pour la somme de 15 000 livres et y ajoute du mobilier estimé à 1 500 livres. Sa Maison de la Miséricorde fonctionne au moyen de quêtes et de charités auprès des personnes pieuses et peut recevoir une trentaine de malades.
N'arrivant plus à subvenir aux besoins des patients, elle décide, par acte daté du 8 septembre 1740, devant le notaire royal Le Guével, de céder à la communauté de ville de Lorient, le terrain et la maison avec tout ce qu'elle contient. L'hôtel-dieu est né. En contre-partie, elle reçoit du receveur des octrois de la Ville de Lorient, en tant que directrice à vie de l'hôpital, une rente annuelle du constitut de 7 000 livres appartenant à son père, jusqu'au remboursement intégral. Il est alors convenu, quelle ne peut être destituée sous quelque prétexte que ce soit. Elle est également nourrie, logée, chauffée et blanchie, qu'elle soit saine ou malade. Elle peut être assistée de deux personnes de son choix (nourries et recevant 10 écus de gages par an) et de trois domestiques pour le service de la maison (24 livres de gages par an). Claire droneau bénéficie au premier étage, d'une chambre pour elle et sa bonne. Au deuxième étage, une fois la mort de Claire Droneau survenue et tant que l'établissement perdure en tant qu'hôpital ou hospice, deux lits sont réservés à sa famille : soit pour deux pauvres soit pour les malades de la famille Droneau. Une chapelle est également construite dont le chapelain nourri et logé, perçoit 100 livres de gages. Une autre condition à la donation : une messe y sera célébrée tous les jours et l'aumônier perçoit 100 livres. Des lettres patentes de 1742 autorise également l'hôtel-dieu à recevoir des dons et legs sans avoir de droits à payer.
Il est décidé qu'à sa mort, aucun membre de sa famille ne pourra réclamer ses biens à part ses livres qu'elle leur réserve.
En 1758, l’aumônier Quémard est chargé de l'achat des provisions de l’établissement. Le chirurgien Brossière consulte le matin dans le bâtiment et en extérieur l'après-midi. Par délibération du 5 mai 1759, Claire Droneau décide de céder l'appartement qu'elle possède au titre de fondatrice de l'Hôtel-Dieu pour loger les sœurs de la Sagesse. Toutefois, n'entendant aucunement déroger à ses droits, la promesse lui est faite qu'elle aura un logement dans le futur hôpital. Le 10 septembre 1759, les sœurs de la Sagesse arrivent à l'Hôtel-Dieu et quatre des sœurs en prennent alors la direction.
L'hôpital devenu trop exigu, à partir de 1759, la ville rachète des terrains et maisons alentours, afin de permettre son agrandissement. Deux ans plus tard, un dortoir et un laboratoire sont construits. L'Hôtel-Dieu accueille alors 230 personnes et a deux chirurgiens, un aumônier et sept religieuses. Il faut attendre 1766 pour que les malades de la Compagnie des Indes y soient admis. L'établissement fait office d'hôpital et d'hospice jusqu'en 1906, année où l'hôpital Bodélio est ouvert aux malades à la Villeneuve

Dénomination précédente : rue Sainte-Brigitte (rue qui va du cours de Merville au Tourniquet).

Appellation donnée par délibération du conseil municipal du 4 août 1905.

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