Duval (impasse Anjela)


Située dans le quartier de Quéhellio, l'impasse Anjela Duval débouche sur la rue de Quéhellio.

Marie-Angèle Duval, dite Añjela Duval, est née le 3 avril 1905 au Vieux-Marché (Côtes d'Armor) et décède à Lannion le 7 novembre 1981. Son frère Charles, né en 1900, meurt avant sa naissance et sa soeur Marie Adèle (Maia) née en 1893 également, à l'âge de 10 ans. Seule enfant survivante d'une famille de modestes cultivateurs, elle reste travailler avec ses parents et reprendra l'exploitation familiale dont elle hérite.

Elle quitte l'école vers 13 ou 14 ans. En 1955, après sa journée de travail aux champs, elle commence à écrire, au coin du feu près de ses chiens, des poèmes en breton sur des cahiers d'écolière. Ses poèmes sont inspirés de la nature, de la vie rurale et de la culture bretonne, de l'amour, de la solitude, de la mort, de la souffrance... Elle est une fervente défenseure de la langue et de la culture bretonne. Emprunt d'humour et de poésie, ses textes dans un style simple et direct, utilisent un langage accessible à tou(te)s.

Paysanne du Trégor, elle commence à écrire en breton à cinquante ans, le soir, après la dure journée de travail. Elle est révélée au grand public en 1971 par l'émission de télévision Les Conteurs d'André Voisin. En 1973, elle publie son premier recueil de poésie Kan an Douar (Le chant de la terre). Ce recueil de 117 poèmes écrits en breton, lui vaut le prix Bretagne Yann Ber Kalloc'h. Son poème le plus célèbre Karantez vro (L'amour du pays) raconte comment elle a préféré sa terre plutôt que de suivre le marin qu'elle aimait : siwazh, an hini a garen, Na gare ket 'r pezh a garan, Eñ na gare nemet ar c'hêrioù, Ar morioù bras, ar Broioù pell, Ha me ne garan 'met ar maezioù, Maezioù ken kaer va Breizh-Izel ! (Hélas celui que j'aimais, n'aimait pas ce que j'aime, Lui c'était la ville, l'océan, les pays lointains, et moi, la campagne, la si belle campagne de Basse-Bretagne).
Elle écrit également Dezhañ pinvidigezh, enorioù, Din-me paourentez ha dispriz, Met 'drokfen ket evit teñzorioù, Va Bro, va Yezh ha va Frankiz ! (Lui a eu les honneurs et la richesse et moi la misère et le mépris, Mais je n'aurai jamais échangé même pour des pépites, mon pays, ma langue et ma liberté !).

En 1980, elle reçoit le prix Trépos pour un texte en prose sur la mendicité au début du XXe siècle. Elle publie des poèmes ou des contes dans des revues comme Barr Héol et Al Liamm.

Dans son testament-poème écrit en breton, elle demande que le jour où je serais morte, je vous en supplie, ne pleurez pas, j'aurai trouvé meilleur monde [...]. Ensevelissez-moi dans le drapeau breton avec seulement une poignée de verdure et de fleurs des champs.
L'ouvrage Oberenn glok regroupant l'intégralité de son oeuvre est édité en 2000 à 1000 exemplaires rapidement vendus. À l’occasion du centième anniversaire de sa naissance, son oeuvre est rééditée.

Des poèmes d'Añjela Duval sont chantés par Nolwenn Le Roy, Gwennyn et Yann Thiersen. Ils sont également partiellement traduits par Pierre-Jakez Hélias et Paol Keineg. Depuis novembre 2011, une statue en granit gris-bleuté du centre Bretagne la représantant est érigée dans sa commune natale du Vieux-Marché et le 19 juin 2024, une statue en bronze la représantant avec un de ses chiens est inaugurée à Carhaix. Son oeuvre a été intégralement éditée et mise en ligne par l'Université de Rennes 2.

Appellation donnée par délibération du conseil municipal du 19 décembre 1985.

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