Fleur (rue Antony)


Antony Simon Fleur est né le 2 octobre 1876 à Besançon (Doubs). Fils de deux alsaciens : Eugénie Désirée Haas originaire de Colmar et de Samuel Fleur originaire de Niederbronn. Sur son acte de naissance, il est écrit que son père exerce le métier de ministre officiant (l'équivalent d'un Rabbin pour une communauté qui en est dépourvue). Il passe son baccalauréat de lettres modernes en 1894 et son certificat d’enseignement de l’allemand en 1906. Il commence sa carrière dans l’enseignement comme répétiteur au lycée de Châlons-sur-Marne en 1896. Il est successivement affecté aux lycées de Nantes, Moulins, Clermont-Ferrand et même assistant à Berlin en 1908, puis ce sera Belfort, Vannes et enfin le lycée Dupuy de Lôme de Lorient à compter du 15 janvier 1923. Admis à faire valoir ses droits à la retraite à dater du 1er octobre 1937, il est nommé professeur honoraire le 12 mai 1939. Marié, père de trois enfants, il mène une vie paisible à Lorient jusqu’à l’arrivée des Allemands. Il fait partie des 18 personnes qui résident à Lorient et qui ont été recensées et obligées de porter l’étoile juive, suite à l’ordonnance allemande du 28 mai 1942. Il juge qu’il n’a pas à porter l’infamante étoile jaune. Après les bombardements intensifs sur Lorient en 1943, il décide d’emménager avec sa famille dans leur maison de campagne de Quiberon. Ancien combattant de la Grande Guerre de 1914-1918, blessé et décoré, il est théoriquement protégé par les nouvelles lois du régime de Vichy.
Arrêté parce que juif lors de la rafle du 5 janvier 1944, il est déporté sans retour par le convoi n° 68 parti de Drancy vers Auschwitz le 10 février 1944. Colette, sa fille, raconte : « Jamais mon père n’avait évoqué devant moi l’éventualité d’une déportation… Étant en vacances pour les fêtes de Noël, j’étais présente le 4 janvier 1944 lorsque vers 8 h du matin, deux soldats de la Wehrmacht vinrent chez nous, avec l’ordre d’emmener mon père à la Kommandantur. Ils dirent que moi aussi je devais les suivre, mais mon père leur fit remarquer que, selon la loi juive (quelle ironie) j’étais aryenne (NDA : sa mère étant catholique). Mon père partit donc seul. Ayant appris qu’il avait été transféré à la prison de Vannes, nous avons été autorisées à lui porter un colis de vivres et quelques effets. C’est là que je l’ai aperçu pour la dernière fois ! Lorsque les gardiens nous ont vu faire des signes, ils m’ont chassée de la cour où je me trouvais tandis qu’il assistait à l’ouverture du colis que je venais de déposer... »
Sources : Archives du lycée - Sa fille, Colette Fleur-Marcombe

Appellation adoptée par délibération du conseil municipal du 12 novembre 1971.

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