Pont de la Puce qui Renifle


Louvent Léonce Garnier, né le 22 février 1874,  épouse Marie Louise Robic le 27 janvier 1902 à Lorient. Il doit son premier prénom au nom de famille du propriétaire de la maison dans laquelle il est né à Ambrières (Marne) : Alexandre Prosper Louvent.  
Maréchal des logis au premier régiment d'artillerie coloniale, Louvent Garnier habite Ploemeur au moment de son mariage. Sa femme, tailleuse, née à Lorient le 16 février 1880 est la fille de Marc Robic, charpentier au port, et de Marie Angélique Augustine Le Squer, débitante de boissons.
En 1906, Louvent Garnier, alors en retraite, ouvre son débit de boissons avec jeu de boules et une charcuterie au lieu-dit la Butte du Polygone, sur la route menant de Lorient à Larmor. Le quartier, ancienne zone d’entrainement de tir au canon, est  jusqu'alors peu urbanisé (trois ou quatre maisons). Dans ce lieu assez désert, où se trouve jadis un petit bois surnommé le Bois d’Amour, s’est produit de nombreuses attaques à main armée. Un, lieu qui inspire la crainte au Lorientais et où un gardien de batterie de Locqueltas assassine sa femme. Son corps a été retrouvé contre la borne militaire qui délimitait le terrain militaire.
Il est l'un des premiers à acheter un terrain dans ce « lotissement Coupanec ». Sur le terrain qu’il achète et où il va construire une maison abritant son commerce, se trouve alors la borne de délimitation de terrain militaire. La porte du café est située à cet emplacement.  Il donne à l'établissement le nom La Puce qui renifle et y installe une enseigne en tôle qui rappelle les enseignes humoristiques du Moyen-âge. Une énorme puce brune peinte sur un fond vert est dessinée sur le panneau. L’établissement connaît, dès son ouverture, un immense succès. Les Lorientais ne disent plus qu’ils vont à la Butte du Polygone mais qu’ils se rendent à La Puce qui Renifle.
Pourquoi avoir installé cette enseigne ? Le futur beau-père de monsieur Garnier, charpentier au port, également fabricant et sonneur de biniou, avait peint sur le pignon du débit de boisson de son épouse, au coin de la rue de Keryvaland l’inscription suivante : Où allons-nous ? Que faisons-nous ? Rentrons chez Robic boire un coup. L’inscription sur ce bistrot aurait pu laisser rêver monsieur Garnier à se dire qu’un jour il pourrait faire mieux que son beau-père.
Cette route très fréquentée fait la renommée de l'estaminet et la « fortune » du propriétaire. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, aucun enfant ne connait le nom de la Butte du Polygone et tous les adultes identifient également le quartier sous l'appellation La Puce qui renifle. Le pont qui enjambe la Pénétrante (desserte portuaire) rappelle le nom du « café » qui à finit par devenir un nom de lieu-dit. Le commerce était situé au bout de la rue Jean Coquelin, sur la petite place donnant sur le rond-point Bir-Hakeim, rond-point auparavant dénommé rond-point de la Puce. Louvent Garnier, alors veuf, décède à son domicile au 173 rue de Larmor, le 28 mars 1953.

Dénomination adoptée par la délibération du conseil municipal du 26 janvier 1984.

Retour en haut