Allainmat Yves


Allainmat Yves (1906-1993)
Maire de Lorient
Député de Lorient
Officier de la Légion d’honneur

Louis François Yves Allainmat est né le 6 novembre 1906 à Kerity, une ancienne commune rattachée à Paimpol (Côtes-d’Armor). Orphelin, fils de Célina Jeanne Gouriou décédée le 7 octobre 1907 et de Sylvain François Louis Allainmat, un terre-neuvas décédé le 24 février 1915, il est alors recueilli par une famille lorientaise. Le 18 avril 1929, alors instituteur, il épouse à Lorient Marie Anne Joséphine Périgault née à Lorient le 26 juin 1910 et fille de Joseph Louis Marie Périgault, charpentier, et d’Honorine Keriquel. Le mariage est célébré par l’adjoint au maire et conseiller général Léo Le Bourgo.

Yves Allainmat se révèle être un bon élève. Une fois sorti de l’École normale d’instituteurs de Vannes, il effectue sa première rentrée scolaire en tant qu’instituteur dans une école laïque en 1929. Il enseigne dans le Morbihan à Saint-Jean-la-Poterie puis à Saint-Jean-Brévelay. Puis durant 30 années, il rejoint l’École normale de Gorée au Sénégal. D’abord enseignant, il devient inspecteur pour toute l’ancienne Afrique occidentale française. Avec l’indépendance et la dissolution de l’Afrique Occidentale Française, il est nommé directeur du cabinet du ministre de l’éducation nationale de Haute-Volta. Il a alors en charge le service d’enseignement du nouvel État créé le 11 décembre 1958 et indépendant le 5 août 1960. En 1962, inspecteur primaire du corps autonome de l’enseignement et de la jeunesse, il se retrouve en retraite.

Revenu sur Lorient après l’indépendance de la Haute-Volta, il milite au sein de la fédération SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) où il prend la relève de Jean Le Coutaller décédé le 5 octobre 1960. Il est alors le nouveau directeur du journal de la fédération, Le Rappel du Morbihan. Sa carrière politique commence. Aux élections municipales de mars 1965 où tête de la liste d’union de la gauche (SFIO, PC, PSU), il ravit la mairie à Louis Glotin dès le premier tour. Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968, il siège à l’Assemblée nationale en tant que député après avoir mis en échec le ministre gaulliste de la défense Pierre Messmer avec 2 500 voix d’avance. Après les évènements de mai 1968, le 30 juin 1968, il perd son siège face à Roger de Vitton. De 1969 à 1971, il participe à la transformation du SFIO en Parti Socialiste et suite au congrès d’Épinay du11 au 13 juin 1971, il devient membre de la tendance Bataille socialiste.

Réélu à la mairie de Lorient en 1971, Yves Allainmat surnommé « le Petit maire » à cause de sa taille, démissionne en 1973. Il juge inefficace le cumul des mandats et cède ainsi sa place à Jean Lagarde le 6 juillet 1973 pour se concentrer sur son mandat de député. En effet, du 2 avril 1973 au 2 avril 1978, il siège à nouveau au sein de l’Assemblée nationale. De 1977 à 1978, il en est le vice-président. Veuf depuis le 19 septembre 1964, Yves Allainmat se remarie à Guidel, le 28 décembre 1974, avec Nicole Andrée Elvire Amant.

En 1978, au vu de son âge, il décide de se retirer de la politique. Pour lui succéder aux législatives, il soutient la candidature de Jean-Yves Le Drian, maire adjoint depuis 1977 alors que Jean Lagarde lui préfère Pierre Quinio (maire de Quéven). Pour favoriser l’élection à l’Assemblée nationale de Le Drian, Allainmat apparaît en tant que son suppléant. La section locale du parti socialiste suivant Allainmat, des tensions surviennent entre Jean Lagarde et lui. Lagarde démissionne et le 4 juillet 1981, grâce aux soutiens d’Allainmat, Jean-Yves Le Drian, député depuis le 3 avril 1978, est élu maire de Lorient. C’et en 1981 que Yves Allainmat est fait officier de la Légion d’honneur.

Bien qu’il se soit retiré de la politique, un banquet est organisé en son honneur pour fêter son quatre-vingtième anniversaire. Autour de Pierre Mauroy, Edmond Hervé ou encore Louis Le Pensec, 600 personnes sont réunies pour l’occasion.

Il décède à Lorient le 31 mars 1993. Dès le 30 septembre 1993, Lorient lui rend hommage en dénommant le stade du Moustoir, stade Yves Allainmat. L'année 1993 voit aussi la naissance d'un grand tournoi de handball avec l'arrivée du trophée Yves-Allainmat. Ce tournoi qui est une référence dans la région lorientaise  à une renommée qui dépasse les frontières de la Bretagne avec chaque année de nombreuses équipes venant de toute la France.

Deux autre communes lui rendent hommage en attribuant son nom à une rue : Saint-Jean-la-Poterie et Saint-Jean-Brévelay où il a un temps été instituteur.

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