Barbaron Mathurin


Mathurin Barbaron (1737- 1782 ou 1783)
Lieutenant de frégate, corsaire du roi

Mathurin Barbaron, né le 20 juillet 1737 à Lorient, est le fils de Jean Barbaron (chirurgien-major de la Compagnie des Indes) et de Louise Laurent (parfois écrit Lorans) qu'il épouse en secondes noces à Lorient le 8 janvier 1725. Mathurin a pour parrain Mathurin Laurent et pour marraine Margueritte Laurent, tous deux vraisemblablement des membres de la famille de sa mère. Louise Laurent décède à Lorient le 2 août 1740. Alors veuf pour la deuxième fois, Jean Barbaron, se remarie pour la même raison en 1742, 1762 et 1781, année de son décès.

Jean Barbaron, né à Fajolles (Tarn-et-Garonne) entre au service de la Compagnie en 1721. Ancien chirurgien-navigant qui devient chirurgien-major en 1741 à l'Hôpital de la Compagnie des Indes à Lorient pour 600 livres, portés à 800 en 1756 quand, face à son vieillissement, la Compagnie décide d'employer un chirurgien adjoint : Jacques Dupel, ancien chirurgien major des vaisseaux avec une solde annuelle de 600 livres. Ils occupent le poste jusqu'en 1770 après la dissolution de la Compagnie, prononcée le 13 août 1769. Rendu à la vie civile, il est nommé premier lieutenant du chirurgien du roi pour la ville de Lorient. Il dirige alors une étude de la communauté chirurgicale civile.

Le 24 novembre 1750, à l'âge de 13 ans, Mathurin Barbaron embarque volontairement et sans solde, pour le compte de l'armateur Droneau, sur le navire le Renard, armé à Lorient pour Marseille (désarmé le 31 mars 1751). Le 3 septembre 1751, Mathurin Barbaron embarque à nouveau volontairement et sans solde, pour le compte de la Compagnie des Indes, sur le navire la Reine des Anges, armée à Lorient pour Marseille et Cadix (désarmé le 24 juillet 1752). Le 4 février 1753, il embarque pour Pondichéry sur le Saint-Louis en tant que deuxième enseigne avec une solde de 20 livres (désarmé le 22 janvier 1755). Le 31 mars 1756, il a une solde de 50 livres en tant que deuxième lieutenant à bord du Duc de Bourgogne qui doit se rendre en Inde. L'armement du navire étant annulé, il reste à terre (désarmé le 12 juin 1756). Le 30 septembre 1756, il est premier lieutenant sur la frégate de la Compagnie des Indes le Bristol. Parti de Lorient le 25 octobre 1756, le navire est désarmé le 15 juillet 1757 à l'Île de France. Du 10 juillet 1757 au 30 novembre 1759, il fait partie de l'équipage du Duc d'Orléans et du 1er décembre 1759 au 18 juillet 1761 de celui du Centaure. Sa solde atteint alors 90 livres. Le 1er juillet 1761 le Fortuné est armé à l'île de France pour le compte de la Compagnie des Indes direction le Bengale avec Barbaron pour deuxième lieutenant. Le 25 septembre, l'équipage est sauvé suite au naufrage du Fortuné à Fish-Bay en Afrique du Sud. Ayant rejoint le cap de Bonne-Espérance, Barbaron monte sur le Condé le 13 novembre 1763 et rejoint Lorient le 12 janvier 1764. Le 15 Novembre 1766 Le Duc de Choiseul est armé à Lorient pour l'Inde avec Barbaron pour premier enseigne payé 60 livres. Le navire est désarmé le 6 juin 1768. Réarmé pour l'île de France le 25 mars 1769, Barbaron voit sa solde passer à 90 livres en tant que deuxième lieutenant. Le navire est désarmé à Lorient le 12 juillet 1770.

Le 23 janvier 1776, il épouse, à Port-Louis (île Maurice), Renée Françoise Le Breton, née à Lorient le 2 janvier 1748, fille de Louis Vincent Le Breton de La Gultoir et de Jeanne Françoise Le Moué. La date exacte du décès de Mathurin Barbaron est inconnue mais le 2 novembre 1783, alors veuve, Renée Françoise épouse à Port-Louis (île Maurice), le lieutenant de frégate malouin Jean Marie René Martin d'Aumont de l'Églan.

En 1781, Mathurin Barbaron, à bord du corsaire Sainte-Thérèse (affrété par les armateurs malouins Pitot frères), accoste sur l'île de Mahé pour s’y ravitailler. La baie par laquelle il pose le pied à terre sera dénommée en son honneur anse Barbaron. C'est aussi sur l’île que se trouvent de nos jours les jardins du grand domaine Barbaron. L'île de Mahé est baptisée ainsi en référence à Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais. En effet, les Français débarquent sur l’archipel en 1753, d’après l’ordre d’invasion de Bertrand François Mahé de La Bourdonnais, alors gouverneur de l’Isle de France (actuelle Île Maurice)].

Mathurin Barbaron réside un moment aux Seychelles utilisant l'île Mahé comme base. Durant cette période, il renomme l'île Saint-François en île Sainte-Thérèse, du nom de son navire. Aujourd'hui, l'île Thérèse (1,6 km de long, plage de sable de 700 mètres, 164 mètres au-dessus du niveau de la mer), à proximité de la côte ouest de Mahé, n'est pas habitée en permanence mais fréquentée par des touristes.

En 1782, en pleine guerre anglo-hollandaise, il fait escale à Malacca après avoir échappé avec le Sainte-Thérèse à quatre navires de la flotte britannique. Il entre alors au service du gouverneur néerlandais. Il patrouille avec le navire hollandais le Mars et capture ainsi le navire anglais Betsy alors ancré au large de Pulau Bayan, dans l'archipel de Riau. Il s'empare de la cargaison très précieuse d'opium. De retour à Malacca, Barbaron reçoit sa part du butin. Suite à cette prise du Lorientais le Raja Haji qui dirige Riau, rompt l'accord signé en 1780 avec les Néerlandais, au motif d'avoir refusé de partager le butin avec lui.

Suite aux guerres napoléoniennes, l'archipel passera sous tutelle britannique.

 

 

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