Beauvir Rogé


Rogé Beauvir (1915-1994)
Architecte

Rogé (Roger Henri) Beauvir est né le 16 mars 1915 à Saint-Brieuc et décède à Larmor-Plage le 29 décembre 1994. En juillet 1938, il épouse à Morlaix, Anne Sanséau, professeur au collège de jeunes filles. Le journal La Dépêche de Brest du 31 juillet stipule qu'il est alors architecte à Lorient.

Élève de l'école régionale d'architecture de Rennes, il y est admis en deuxième classe le 10 juillet 1934 et en première classe le 30 octobre 1936. Le 7 février 1939, il obtient trois secondes médailles en dessin et en projet rendu, au concours Rougevin et Eustache. Le 14 juin 1946, 195e promotion, il obtient son diplôme mention très bien, avec le projet de la reconstruction d'une ferme sinistrée dans la Poche de Lorient.

Architecte DPLG (diplômé par le gouvernement), il est inscrit à l'ordre des architectes en 1944 dans la circonscription de Rennes. Il est replié jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale à Ergué Armel (23 rue Ampère) dans le Finistère. En 1945, il revient à Lorient et s'installe rue Léo Le Bourgo jusqu'en 1947.

Son désaccord célèbre avec la motion « les architectes du Morbihan condamnent les taudis modernes de Le Corbusier » lors de la présentation de la cité radieuse de Marseille démontre bien ses préférences pour la modernité.

Il travaille à l'agence Reglain avant de s’installer dans sa maison au 64 avenue de la Marne, qui avec son toit terrasse, déjà marquera les esprits. Il a dessiné cette villa "art Déco tardif" lorsqu'il était prisonnier de guerre en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale. La liberté de tenter des formes nouvelles ou de réaliser des prouesses techniques est un trait de son caractère. Même s'il participe à la reconstruction d’une bonne partie de la ville de Lorient de manière assez sage, il est l’un de ceux qui fera avancer la technique des entreprises Lorientaise en osant demander ce qui était encore impossible : des volutes de béton, des terrasses reposant sur le vide, des poutres démesurées aux formes audacieuses...

On lui doit une partie de l'îlot du Royal, ainsi que l'angle de la rue du Couëdic et de la rue de Liège qui abritera longtemps l'agence Reglain. Ses bâtiments du centre-ville n'auront jamais la force de ses villas où furent appliquées quasi systématiquement les cinq points de la modernité. Ses œuvres urbaines les plus intéressantes se trouvent à La Perrrière (entreprise Kolorian) et à La Nouvelle-Ville (le CEP). En outre, il est associé à l'architecte vannetais Guy Caubert en 1952 pour la cité paroisse du Bono.

C'est un homme de défi allant jusqu’à faire venir par wagon spécial la plus grande vitre fabriquée alors par Saint Gobain, pour les baies de sa villa de Larmor-Plage. C'est d’ailleurs dans la réalisation de villas qu’il se montre le plus audacieux. Au départ, il demande à son ami l'architecte Roger Le Flanchec de concevoir cette villa mais ce projet étant jugé inconstructible n'aurait jamais obtenu le permis de construire.

Il met fin à son activité le 31 décembre 1983.

Retour en haut