Blimo Robert (1903-1958)
Ingénieur
Prisonnier de guerre
Délégué du ministère de la reconstruction
Représentant de la Marine nationale
Conseiller municipal
Président de l Amicale des Anciens du lycée Dupuy-de-Lôme
Robert Jean Émile Blimo, fils de François Émile Blimo, ordonnateur des hospices de Lorient et de Julienne Anne Marie Le Gousse, est né à Lorient le 3 octobre 1903. De 1914 à 1922, il effectue brillamment toutes ses études au lycée Dupuy-de-Lôme puis à Saint-Louis. Admis à l’école centrale, il en sort avec le diplôme en 1926.
Incorporé au 512e régiment de chars de combat à compter du 13 novembre 1926 comme chasseur de 2e classe, il suit les cours de l’école des officiers de réserve (EOR) à l’école militaire d’infanterie et des chars de combat (EMICC) du 16 novembre au 10 mai 1927 inclus.
Nommé sous-lieutenant de réserve d’infanterie, il est libéré le 5 novembre 1927 et reste affecté dans la réserve au 503e régiment de chars.
Il épouse en premières noces à Paris le 26 janvier 1928, Marguerite Eugénie Le Lardeux. Il est promu lieutenant de réserve le 25 octobre 1930. Veuf, il épouse le 1er octobre 1938, en secondes noces à Paris, Suzanne Juliette Léonie Mangin.
À nouveau veuf, il épouse le 22 juin 1957, en troisièmes noces à Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime), Jeanne Amélie Marie Louise Crenne-Dupont. Il a donné naissance à trois enfants : Anne-Marie, Robert et Jean-Loïc.
En 1929, Robert entre aux Pompes Ledoux, puis chez Renault et à la Société des camions Bernard à Arcueil jusqu’au 31 décembre 1938.
Rappelé sous les drapeaux le 2 septembre 1939, affecté comme adjoint technique au général commandant les chars de la IIIe Armées, il rejoint le commandement de chars le 10 septembre 1939. Promu au grade de capitaine de réserve le 1er septembre 1939, il est affecté au dépôt de chars n° 504.
Capturé le 24 juin 1940 à Biffontaines (Vosges), il est envoyé via Stuttgart, au camp de prisonniers de guerre pour officier, l’oflag XIII de Nuremberg.
Durant sa captivité, il est interné dans cinq camps différents notamment à cause de ses tentatives d’évasion.
Il est interné à l’oflag VII-B d’Eichstätt à 100 kilomètres au nord de Munich. Nouveaux transferts à l’oflag XVIII A (Linz en Autriche), à l’oflag XVIII-B à Wolfsberg (Autriche) puis à l’oflag II-B à Arnswalde (actuelle Choszczno en Pologne). Il est libéré par les Alliés le 22 avril 1945 à l’oflag 83 (à Wietzendorf en Allemagne) sous le matricule 3005. Il y avait été envoyé avec environ 60 % des PG du camp II-B par une longue marche de plus de 500 kilomètres. Commence alors son parcours de rapatrié. Il est envoyé à environ 14 kilomètres au sud de Wietzendorf, à Bergen. Puis ce sera plusieurs villes du Reich vaincu : Celle, Hanovre, Münster, Wesel. Pour le 14 mai 1945, il est considéré comme rapatrié et il est enregistré au centre de libération de Vannes le 23 mai 1945. Il conserve toute sa vie une carte d’époque sur laquelle il a notamment dressé, son parcours de prisonnier de guerre.
Avant de revenir s’installer rue Bayard dans le Lorient reconstruit, il s’installe à Carnac, avenue de Port en Dro.
Promu chef d’escadrons le 5 octobre 1949, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 5 janvier 1956. Le 8 mai 1956, a lieu à Lorient, une cérémonie avec prise d’armes devant le Cercle des officiers, en contre-bas de la rue de la Cale Orry, où le contre-amiral Galleret, commandant de la Marine de Lorient, le décore officiellement de sa médaille de chevalier.
Il décède à son domicile de Lorient, rue de Kerjulaude, le 11 janvier 1958.
À son décès, le bulletin de l’amicale des anciens du lycée de Lorient dit de lui :
Mobilisé comme officier de réserve en 1939, il avait en 1940 fait vaillamment son devoir dans une unité de chars de combat puis subi la dure et longue épreuve de la captivité. 1945 marquait son retour à Lorient où après avoir initialement œuvré à la délégation du ministère de la reconstruction, il s’était ensuite consacré plus spécialement aux occupations de sa charge de représentant près de la Marine Nationale.
Mais son inlassable besoin d’action, sa générosité innée, son sens de l’humain, l’avaient conduit à mettre au service d’activités diverses, conseil municipal, Croix-Rouge, premier président de l’amicale des Anciens du lycée, amicale des officiers de réserve, ACPG et Football Club Lorientais, ses belles qualités d’intelligence, son robuste bon sens, son dévouement et aussi une ardeur parfois véhémente, mais toujours sincère et animée par un cœur généreux et une foi profonde dans l’avenir du pays.
Voici 3 ans environ, son état de santé l’avait forcé à composer temporairement avec certains impératifs. Mais à peine rétabli, il s’était refusé à apporter le moindre frein à ses activités.
Le président de l’Amicale lui rend aussi hommage :
L’association Amicale des Anciens du lycée Dupuy-de-Lôme, à laquelle Robert Blimo était si attaché conservera fidèlement le souvenir de son président, puis vice-président, qui après avoir été un brillant élève du vieux bahut, avait dans les rangs des anciens, su conserver intacts, sa flamme, sa générosité de cœur, son sens de l’humain et sa confiance en la jeunesse.