Bollet Paul


1912-1976
Croix de guerre 1939-1940
Conseiller municipal de Lorient 1957-1959
Maire-adjoint de Lorient 1959-1965

M. Paul Bollet n’est plus
Le 6 avril 1976, le journal Ouest-France fait part de son décès à Lorient : Agé de 63 ans, retraité de l’arsenal, agent immobilier, était également bien connu à Lorient par son action sur le plan syndical puis politique. Après avoir été un militant ardent de la C.F.T.C., M. Bollet était devenu conseiller municipal puis adjoint au maire de Louis Glotin. Ancien combattant de 1939-1945, il était encore président de la commission cantonale d’aide-sociale et président de l’A.E.P des groupes scolaires de Sainte-Thérèse et du Sacré-Cœur. Il s’est aussi intéressé de très près au sport dans notre cité et a été longtemps un dirigeant dévoué du C.E.P. Profondément chrétien, bon et conciliant, d’une intégrité rigoureuse, d’humeur toujours égale, M.Bollet était estimé de ses nombreux amis aujourd’hui consternés et dans la peine. 

Paul, Lazare Bollet est né le 18 juillet 1912 à Châteaurenault en Indre-et-Loire de Claude, Symphorien Bollet et d’Henriette Arpin. Policier municipal à la mairie de Tours (1913), Claude installe sa petite famille dans cette ville et s’apprête à couler des jours heureux.  Hélas, le 1er août 1914, par décret du président de la République : « La mobilisation des armées de terre, de mer est ordonnée, ainsi que la réquisition des animaux, voitures et harnais nécessaires au complément de ces armées. » C’est avec tristesse et résignation que le soldat Claude Bollet quitte sa famille et rejoint le 11e régiment du Génie à Épinal avant de partir au front. Le 17 février 1915, il est grièvement blessé à Fontaine-Madame près de La Harazée dans la Marne en portant secours à un camarade. Pour lui, la guerre est finie !  Sa bravoure est récompensée par une citation à l’ordre de la division et l’obtention de la Croix de guerre avec palme : « Très bon sapeur, très courageux, a été grièvement blessé en mettant à l’abri du bombardement, un de ses camarades blessé. » Malgré les soins, il décède de ses blessures de guerre et laisse une famille dans la peine. Le 23 janvier 1930, à l’âge de 18 ans, Paul s’engage pour cinq ans dans la Marine nationale et rejoint l’école des marins radiotélégraphistes de Toulon. Quelques mois plus tard, il obtient son Brevet élémentaire et est affecté comme matelot radio à la 1e escadrille de sous-marins à Cherbourg. Il navigue sur le sous-marin de 1re classe de grande patrouille Henri-Poincaré et sur le transport pétrolier Durance.

Le 11 janvier 1935, il quitte la marine et s’installe à Lorient. Il n’est pas trop dépaysé en s’installant dans cette ville particulièrement accueillante pour les marins qui déambulent le long du cours de la Bôve « délurés, le pas vif comme s’ils partaient faire le tour du monde.[1] » Ce n’est plus son quotidien car il a rencontré lors d’une escale dans le port morbihannais, une charmante jeune fille qui lui fait découvrir une cité attachante et tout particulièrement le centre-ville et le dédale des rues qui mènent toutes à la pompeuse église Saint-Louis et à la charmante place Bisson. Désormais, il lui reste à trouver un travail et c’est avec satisfaction qu’il entre le 3 juillet 1935, à l’arsenal et se marie quelques mois plus tard à Lorient. C’est une nouvelle vie qui commence avec de multiples engagements au sein de la paroisse Sainte-Jeanne d’Arc, au Cercle d’éducation physique et d’entraide sociale (CEP) nouvellement crée[2] par l’abbé Laudrin et au syndicat CFTC de l’arsenal. La famille vit alors au rythme des appareillages de Paul chargé de régler les sondeurs acoustiques des navires[3] et des promenades le weekend au parc Brizeux sans oublier le dimanche, la messe à l’église Sainte-Jeanne d’Arc et l’apéritif au restaurant Louis XIV. Cette vie paisible et insouciante ne fait pas oublier la situation internationale et la montée du fascisme. L’Allemagne nazie inquiète et les grandes puissances se préparent à un conflit inévitable.

Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le même jour, l’ordre de mobilisation générale est décrété et le 3 septembre, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. Dès le 2 septembre, Paul est sur l’aviso-dragueur Chevreuil et le mois suivant, il embarque sur le patrouilleur Penfret II qui a besoin d’un radiotélégraphiste expérimenté. Après plusieurs jours de navigation, le navire rejoint l’escadre française à Alger puis c’est Tunis, Casablanca et Bizerte. Pendant ce temps à Lorient, les exercices d’alerte aérienne se déroulent presque dans un ordre parfait. Il est vrai que les derniers propos[4] de l’amiral de Penfentenyo ont de quoi inquiéter : « Lorient est une des villes les plus menacées de France ! »  La situation va très vite se dégrader car le 10 mai 1940, la Wehrmacht envahit les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg et pénètre en France. Le 14 juin, les Allemands sont à Paris ! Le nouveau président du Conseil, Philippe Pétain, demande l’armistice. Le 18 juin, à Londres, le général de Gaulle dénonce la trahison du maréchal Pétain et appelle ses compatriotes au combat : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » L’armistice de la honte est signé le 22 juin 1940 alors que les troupes allemandes à Lorient demandent à la population de « conserver son calme et son sang-froid ! » et de suivre les recommandations : « les cafés, débits et restaurants pourront rester ouverts jusqu’à 22 heures pour la population civile et jusqu’à 23 heures pour les troupes allemandes. Aucune circulation ne sera tolérée dans les rues de Lorient et des communes environnantes à partir de 23 heures (heure nouvelle allemande). » Il est également interdit d’écouter la radio anglaise et la population est encouragée à suivre les émissions allemandes en langue française. » Alors que le drapeau nazi à Croix gammée orne les principaux édifices, le premier U-Boot ennemi se présente dans la rade. Comme de nombreux soldats et marins, Paul est démobilisé et arrive le 10 septembre 1940 à Lorient. Il revient au moment où les bombardements de la R.A.F. s’intensifient et font de nombreuses victimes civiles. La décision de l’amiral Dönitz, commandant en chef de l’arme sous-marine allemande, d’édifier sur la presqu’île de Keroman une importante base pour abriter les sous-marins scelle le destin de la cité. Les années se suivent et inlassablement les bombardiers reviennent causant de nombreuses destructions et de nouvelles victimes. Devant l’intense activité des sous-marins, il est décidé de « bombarder les bases opérationnelles des U-Boote sur la côte ouest de la France (…) avec les moyens les plus puissants, contre Lorient. »  Le jeudi 14 janvier 1943 à partir de 23 heures 45, commence la destruction de la cité. « Toute la ville et l’arsenal flambent[5] » c’est une nuit cauchemardesque !

Au matin, c’est un spectacle de désolation qui attend les habitants qui fuient cet enfer de feu et de flammes. Paul, Raymonde et leurs deux enfants prennent le train et se réfugient à Auray. Ils sont en sécurité mais pour combien de temps car ils apprennent avec stupéfaction que les réfugiés sont priés de quitter Auray, le plus rapidement possible ! En effet, Les repliés et les réfugiés du pays de Lorient ne sont pas toujours accueillis avec enthousiasme dans les communes du Morbihan et sont souvent traités de « quémandeurs ! » Dans ces conditions, Ils décident de partir dans la famille à Cussy-en-Morvan en Saône-et-Loire. Quelques mois plus tard, Paul est rappelé par l’arsenal de Lorient et la famille quitte le Morvan à la fin du mois de juin 1943 et s’installe à Plumelec dans le Morbihan. Muté brièvement à Bordeaux, Paul est nommé moniteur au Centre d’apprentissage des constructions navales replié aux Forges de Lanouée à Josselin[6]. Une nouvelle fois, un déménagement s’impose à Josselin !

Le 6 juin 1944, le débarquement des forces Alliées en Normandie provoque un immense espoir. Dans le pays de Josselin, de nombreux patriotes rejoignent la Résistance ! Les parachutistes de la France Libre aidés par les F.F.I. harcèlent sans relâche les troupes allemandes, sabotent les voies ferrées et les lignes téléphoniques et leurs infligent de sérieuses pertes. Le 31 juillet 1944, après la percée d’Avranches, les blindés américains foncent vers Brest et Lorient alors que les Allemands se replient sur Festung-Lorient. Pontivy est libérée le 4 août et ce même jour, le Comité départemental de la libération hisse le drapeau français orné de la croix de Lorraine à la préfecture de Vannes et accueille le lendemain les troupes américaines. Ces dernières poursuivent leur progression vers Auray et appuyées par les F.F.I. et les F.T.P libèrent le 7 août le pays de Ploërmel, Josselin et Malestroit. A Lorient, le général allemand Wilhem Fahrmbacher attend sereinement l’assaut des « envahisseurs !»  Il dispose d’environ 26 000 hommes puissamment armés et protégés par les nombreux ouvrages fortifiés qui forment tout au long de la ligne de front une barrière infranchissable. Le général américain « Tiger Jack » Wood refuse d’engager le combat et décide d’assiéger l’adversaire. Le siège du front de Lorient, long de 64 kilomètres qui s’étend de la Laïta à Quiberon avec les îles de Groix et de Belle-Île-en-Mer est « verrouillé » par des éléments de la 94e division d’infanterie U.S. et par la 19e division d’infanterie du général Borgnis-Desbordes.[7] L’attente est longue pour les réfugiés lorientais alors qu’Emmanuel Svob reprend du service !  Enfin, le 7 mai 1945, le Reich capitule et les forces allemandes retranchées dans la Poche de Lorient signent la reddition à Étel. Le 8 mai 1945, à 15 heures, le général de Gaulle annonce à la T.S.F. la fin des hostilités. Lorient est libérée ! Le 10 mai 1945, le général Fahrmbacher, commandant le 25e corps d’armée, remet son arme au général Kramer, commandant les forces américaines. À midi, les soldats américains de la 66e division d’infanterie et les soldats français de la 19e d’infanterie entrent dans une ville ravagée. C’est la fin de cinq années de malheur, de misère et d’humiliation et un moment de joie intense pour les réfugiés lorientais. Certes la ville est détruite mais elle est libre et ils sont impatients de la retrouver et de la reconstruire.

[1] La 19e D.I. est composée des mouvements de la résistance morbihannaise (F.F.I., F.T.P, ORA etc..) sous le commandement du général Borgnis-Desbordes, secondé par Paul Chenailler (colonel Morice.) Plus de 12 000 résistants sont affectés au siège de Lorient.
[2] Réunion à l’amirauté, le 27 octobre 1939.
[3] Paul Bollet.
[4] Depuis le mois de juillet 1943, 160 apprentis y poursuivent leur formation. Le choix de l’endroit est dicté par la présence d’une usine hydro-électrique et par la forêt de Lanouée qui n’est pas un objectif stratégique. Les jeunes réfugiés sont accueillis avec bienveillance même s’il s’agit pour le clergé local de « voyous communistes. »
[5] Madeleine Desroseaux.
[6] 15 juin 1934.
[7] De 1936 à 1939 il travaille à l’installation et réparation des sondeurs acoustiques Marti et U.S sur différents bâtiments comme le croiseur Montcalm, le contre-torpilleur Volta, Indomptable, d’Entrecasteaux et Mogador, le torpilleur Sirocco

Le retour à Lorient

Devant la fermeture du camp des Forges[1] Paul réintègre en même-temps que ses élèves l’arsenal et quitte Josselin pour Auray afin de rallier plus rapidement son travail. Après de nombreuses années d’attente (1948), la famille retrouve Lorient et emménage dans le quartier de la Nouvelle-Ville dans une maison en dur entourée d’un vaste jardin.  Ils ont changé de paroisse et « appartiennent » maintenant à Sainte-Anne d’Arvor dont le nouveau recteur, le chanoine Didier, rescapé du camp de concentration de Dachau en Allemagne est confronté à une situation compliquée. Il arrive dans une paroisse dévastée, l’église est partiellement détruite, les écoles et le patronage inexistants. Les paroissiens sont en baraques comme la plus grande partie des habitants. En quelques années, il reconstruit l’église, la dote d’un autel et d’une table sainte en granit, remonte les vitraux et achève le clocher. Le 5 octobre 1953, Mgr Le Bellec, l’évêque de Vannes, consacre l’église Sainte-Anne d’Arvor. C’est un grand jour pour le chanoine Didier fier « d’exhiber son église belle dans sa robe austère de granit breton ». Il relance également les mouvements d’action catholique, les cours de catéchisme pour les enfants, le patronage pour les adolescents et pour les « pauvres » de la paroisse, il organise : la collecte et la distribution de charbon, de vêtements, de cadeaux et de jouets à l’approche de Noël en faveur des personnes âgées et des enfants. La kermesse permet également de recueillir de l’argent afin de faire face aux innombrables besoins de cette grande et populeuse paroisse[2]. Pour mener ces différentes actions, il est aidé par un clergé volontaire et par une équipe de laïcs dynamiques et soudés et tout particulièrement par Paul et Raymonde[3].  Cette dernière s’investit principalement auprès des familles car les besoins de l’après-guerre sont immenses. Elle lance les heures d’amitié afin d’accueillir les familles heureuses de se retrouver, d’échanger, de confier leurs problèmes et leurs attentes et de s’entraider. Elle leur propose de nombreuses animations au moment de Noël, de la chandeleur, de Pâques et organise des voyages d’agrément afin de permettre aux femmes et aux enfants de profiter d’une journée en plein air. C’est également une attention portée aux personnes âgées par des visites fréquentes des animatrices de quartier et par l’invitation à un repas annuel. C’est encore, les cours de catéchisme, la préparation aux sacrements et l’aide aux plus démunis. Un ouvroir complète le dispositif et une bibliothèque paroissiale « nourrit » les âmes. Paul fait partie du conseil paroissial présidé par Louis Glotin et du comité de construction de l’Ecole technique Saint-Joseph à Kerguestenen. Il milite avec ce dernier pour la liberté de l’enseignement au sein de l’Association départementale des parents d’élèves de l’enseignement libre. Par la suite, il préside le conseil paroissial et dirige l’organisme de gestion (AEP) des écoles catholiques de la paroisse : l’école maternelle et primaire du Sacré-Cœur, l’école primaire Sainte-Thérèse, l’école technique Notre-Dame-du Foyer et préside l’Association des parents d’élèves de l’école technique Saint-Joseph[4].

C’est ce même souci des autres qui fonde l’action de Paul à l’arsenal, c’est un militant ardent et passionné de la « cause » ouvrière, qui devient tout naturellement l’un des leaders de la C.F.T.C et s’emploie avec vigueur à défendre les intérêts des personnels.

[1] Paul le quitte au début du mois de mai 1946.
[2] En quelques années, elle passe de 2000 à 10 000 personnes.
[3] Elle préside le service morbihannais d’Éducation familiale et siège au conseil départemental de l’ACGF.
[4] Maire-adjoint de Lorient, il inaugure le 30 mai 1959, avec l’évêque de Vannes, Mgr Le Bellec, l’Ecole technique Saint-Joseph à Kerguestenen.

Les élections municipales

Dans le prolongement de son action syndicale et paroissiale, Paul Bollet se présente aux élections municipales du 26 avril 1953, sur la liste d’Union pour la Défense des Intérêts Communaux, menée par Joseph Périgault. Cette liste est surtout opposée à celle du Parti Communiste dirigée par le maire sortant, Charles Le Samedy et à celle du Parti Socialiste (S.F.I.O), conduite par le député du Morbihan et conseiller sortant, Jean Le Coutaller.  Lors du scrutin à la proportionnelle, aucune majorité ne se dégage et il faut attendre le conseil municipal du 3 mai 1953 pour connaître le nouveau maire. Devant le « péril » communiste, la liste d’Union et la liste Socialiste s’unissent et élisent le socialiste Jean Le Coutaller, maire de Lorient. Pour les communistes, c’est une coalition honteuse ! Le socialiste Étienne Pennober, est élu premier adjoint et Joseph Périgault, deuxième adjoint. Le décès de ce dernier, le 14 janvier 1957, propulse Paul Bollet au conseil municipal. Le journal Ouest-France le présente comme « fort sympathique. » Pourtant, cette appréciation ne plait pas au parti communiste qui dans un tract stigmatise la première intervention du « militant ouvrier » Bollet. Lors du conseil municipal du samedi 17 mars 1957, les élus communistes protestent « contre l’action de la police pendant des jours à la gare routière pour contraindre les usagers des cars ouvriers à payer 20 % d’augmentation. »  D’après Roger Le Hyaric, conseiller municipal communiste, le maire Le Coutaller et les représentants politiques des patrons et du gouvernement étaient embarrassés mais : « Heureusement pour eux, un ange a plané sur le Conseil municipal, le militant Bollet qui sans doute inspiré par le Saint-Esprit, est venu à tire d’ailes à leur secours. » Accusé « de se ranger d’emblée du côté de la police et de la défense des patrons[1] » il devient la cible favorite des cellules communistes de l’Arsenal lesquelles mettent en garde les ouvriers qui « ont raison de se méfier de ce qui est sympathique à la réaction. Ils ne pourront que constater que de plus en plus nombreux sont les responsables CFTC qui deviennent des renégats de classe ! » Les propos des communistes laissent indifférents les syndicalistes de la C.F.T.C habitués aux coups de menton d’un mouvement en perte de vitesse et condamné à l’outrance. Il prend rapidement « ses marques » au sein de l’assemblée communale et affronte le parti communiste[2] qui dénonce l’envahissement des congrégations religieuses et souhaite l’union des communistes et des socialistes « pour sauver Lorient, bastion de l’école laïque, de l’envahissement de l’école confessionnelle qui reste chez nous l’avant-garde de la réaction la plus dure et la plus attardée » !  Bien évidemment, Paul Bollet déplore ces propos archaïques et au contraire attend des élus qu’ils reconnaissent le dévouement des religieux et des religieuses qui poursuivent dans des conditions difficiles la scolarisation des jeunes lorientais. Pour lui, l’essentiel est ailleurs, l’arsenal, le port de pêche, le port de commerce méritent l’attention des conseillers municipaux, car de leur activité et de leur développement dépendent la prospérité de la ville. Il est urgent de se pencher sur les véritables enjeux de l’avenir et fort de ce constat, il se présente aux élections législatives du 23 novembre 1958, sous l’étiquette de la Démocratie Chrétienne de Georges Bidault.

Il se présente une nouvelle fois, le 1er novembre 1962, aux élections législatives sous l’étiquette M.R.P.

Les élections municipales des 8 et 15 mars 1959

La campagne électorale promet d’être rude car six listes sollicitent les suffrages des électeurs. Le Parti Socialiste S.F.I.O avec Jean Le Coutaller, la liste Socialiste, Républicaine et Laïque de René Dervout, la liste de Concentration Républicaine d’Etienne Pennober, la liste du Parti Communiste de Roger Le Hyaric, la liste des Intérêts Communaux et d’Expansion Économique de Gustave Robin et la liste d’Union menée par le sénateur Joseph Yvon. Trois listes se retrouvent au second tour après de nombreuses tractations :  la liste d’Union de Joseph Yvon fusionne avec la liste d’Etienne Pennober. En face, la discorde règne, la constitution d’une liste unique de gauche échoue. Jean Le Coutaller présente la même liste et le Parti Communiste s’allie avec la liste de René Dervout et sollicite les suffrages des électeurs sous l’appellation d’Union des gauches afin de faire échec aux réactionnaires à Lorient ! Cette division à gauche provoque la victoire de la liste d’Union.

 « À Lorient, la liste d’Union est élue en totalité au second tour » titre La Liberté du Morbihan. Louis Glotin, est élu à l’unanimité, maire de Lorient. Etienne Pennober est nommé premier adjoint, Denise Court, conseillère générale du canton de Lorient-Centre est élue 2e adjointe et Paul Bollet, 3e adjoint. Maurice Bardet, Georges Kerhouant, Marcel Vince et Roger de Vitton, complètent le Bureau municipal. La nouvelle équipe se met rapidement au travail, il est vrai qu’un grand nombre d’élus[3] participait déjà à la municipalité précédente. Chargé des sports et de la jeunesse, Paul Bollet prend résolument en charge la politique sportive et - malgré les critiques - « Il y a seulement quinze ans que la guerre est terminée ! » le dossier du jumelage avec la ville allemande de Ludwigshafen et dirige en juin 1960, la première délégation de sportifs à se rendre en Allemagne.  Ce déplacement est un grand succès et l’année suivante la ville de Lorient reçoit à son tour, une délégation allemande pilotée par le docteur Ludwig.  La signature de l’acte solennel du jumelage, le 28 mai 1963, est un grand moment d’émotion pour tous les participants. La charte du jumelage exprime en quelques lignes l’esprit qui anime les deux cités : “Notre commune volonté est de coopérer dans un esprit de compréhension réciproque et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour conduire les citoyens de nos villes à mieux se connaître afin qu’ils soient unis les uns aux autres par une sympathie agissante.” De nombreux dossiers sont abordés et solutionnés lors de la mandature par la municipalité qui œuvre sans relâche au service de la population. Elle transforme la cité qui au fil des années devient « Lorient La Jolie !»  Le 13 février 1965, lors de la dernière séance du conseil municipal, le maire Louis Glotin affirme avec force : “Vous comme moi, pouvons quitter cette Mairie la tête haute, ayant conscience d’avoir accompli notre tâche dans le seul intérêt de la population lorientaise, n’ayant eu en vue que l’extension de notre Cité – et dans ce cadre la satisfaction des désirs de sa population. ”

Les élections municipales des 14 et 21 mars 1965

L’équipe sortante se présente fière de son bilan et espère l’emporter malgré les dissensions de fin de mandat. Louis Glotin, mène la liste d’Action Sociale et d’Expansion Économique avec les deux adjoints emblématiques de la mandature précédente : Denise Court et Paul Bollet. En face, la liste d’Union Démocratique et Sociale conduite par Yves Allainmat, un nouveau venu sur la scène politique locale rassemble les forces de gauche. A la surprise générale, les socialo-communistes[4] remportent l’élection et s’installent à la mairie. C’est une terrible désillusion pour l’équipe sortante et particulièrement pour Paul Bollet qui s’était investi avec passion au service de la cité. Dégagé de toutes obligations municipales, il s’installe comme agent immobilier et retrouve une vie plus calme entouré de ses six enfants et de ses nombreux petits-enfants. Il est à nouveau candidat le 14 mars 1971 sur la liste d’Entente Démocratique pour l’Expansion et le Renouveau de Lorient, menée par Roger de Vitton. C’est son dernier « combat » politique ! 

Le 5 avril 1976, son décès brutal bouleverse sa famille et ses nombreux amis. Le 7 avril 1976, pour ses obsèques l’église Sainte-Anne d’Arvor est comble pour lui rendre un dernier hommage. Un nombreux clergé assiste à la cérémonie et entoure son neveu, le père missionnaire Bernard Keradec qui rappelle « son engagement au service des autres, y compris dans l’animation de la communauté chrétienne de Sainte-Anne d’Arvor qui le reçoit aujourd’hui. » Le 6 juillet 1992, le conseil municipal de Lorient attribue le nom de Paul-Bollet à une rue de la cité en reconnaissance de son engagement au service de la population. Son épouse le rejoint, le 26 mai 1992. Ils sont inhumés au cimetière de Carnel - Carré 9 -Tombe n° 38.

[1] Roger Le Hyaric, conseil municipal du 17 mars 1957.
[2] Conseil municipal du 6 octobre 1956. Déclaration pour le groupe d’Union Ouvrière et Démocratique de Roger Le Hyaric.
[3] Etienne Pennober ; François Le Corre ; Marcel Vince ; Eugène Guégan ; Yves Pigrée ; Paul Bollet ; Joseph Yvon, étaient en 1953 candidats sur la liste d’Union pour la défense des intérêts communaux conduite par Joseph Périgault.
[4] 12710 suffrages se portent sur la liste de gauche et 11487 électeurs votent pour la liste de Louis Glotin. La défaite est imputée en partie au dossier du bassin à flot et aux dissensions de fin de mandat.

Textes et images : © Patrick Bollet

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