Chavaroc Marguerite


Chavaroc Marguerite (1894-1943)
Dactylographe
Résistante morte en déportation

Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume
Croix de guerre avec palme

Marguerite Germaine Bauché (épouse Chavaroc), fille de Pierre Marie Bauché (second maître mécanicien) et de Marie Françoise Le Bayon, est née le 3 octobre 1894 à Hennebont. Dactylographe de profession, elle se marie le 4 janvier 1918 mais elle se retrouve rapidement veuve d’Eugène « Valryc » qui décède à Lorient le 10 avril 1922. Le 4 septembre 1923, elle épouse en secondes noces, Louis Éloi Chavaroc qui exerce la profession d’ajusteur.

Le couple s’installe à Quimper au début des années 1930. Rejetant l’occupation allemande, son mari est un membre actif du réseau de résistance Johnny depuis le mois d’avril 1941. Il s’occupe principalement de recueillir des informations sur les bateaux militaires allemands stationnés à Brest grâce à un Ausweiss lié à son entreprise d’électricité automobile.

Sa femme Marguerite, également résistante, est chargée de recevoir à son bureau les courriers provenant des diverses sources de renseignement. Ils sont arrêtés tous les deux à Quimper, le 14 février 1942 par l’Abwehr d’Angers. Marguerite va alors passer d’une prison à l’autre, toujours en cellule individuelle : prison de Rennes, prison de la Santé, établissement pénitentiaire de Fresnes. Le 10 novembre 1942, elle est transférée en même temps que Lina Kûhn, Simone et Marie Alizon, au fort de Romainville sous le matricule 1192. Le 22 janvier 1943, 100 premières femmes sont transférées à Compiègne au camp de Royallieu. Le lendemain, 122 autres dont Marguerite Chavaroc y sont amenées. Le 24 janvier au matin, 230 femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne. Parmi elles, Lisette Moru (1925-1943), Danielle Casanova (1909-1943), Marie-Claude Vaillant-Couturier (1912-1996) ou encore Charlotte Delbo (1913-1985). Elles vont occuper les quatre derniers wagons d’un convoi ferroviaire dans lequel 1 450 hommes sont en attente depuis la veille. En gare de Halle (Allemagne), les wagons des hommes sont séparés de ceux des femmes.

Ce convoi de femmes, dit convoi des 31 000, arrive le 26 janvier au soir, au KL d’Auschwitz-Birkeneau. Elles ne sont sorties des wagons que le lendemain matin. Conduites à pied, elles pénètrent dans l’enceinte de Birkenau (Auschwitz II) en chantant La Marseillaise. Durant les deux premières semaines, elles sont toutes mises en quarantaine au block 14. Puis le 3 février, elles sont conduites à Auschwitz I, pour être toutes photographiées selon les principes de l’anthropométrie (3 vues : de ¾, de face et de profil). Les numéros de matricule de ses Françaises vont de 31 625 à 31 854 : pour Marguerite Chavaroc, elle porte désormais sur sa chair le matricule 31 796. 80 % d’entre elle ne survivent pas. Le 12 février, ces 31 000 sont assignées au block 26 et vont commencer à être envoyées dans les Kommandos de travail.

Marguerite est rapidement atteinte par la dysenterie et est transféré dans le revier de Birkenau (baraquement d'infirmerie destiné aux prisonniers malades). Àgée de 49 ans, elle y décède le 14 mars 1943.

Son mari, déporté de Compiègne par le même train qu’elle, lui vers le KL d’Oranienburg-Sachsenhausen (matricule 58 300), survit à la déportation. Il est libéré à Schwerin le 3 mai 1945. À son retour, bien que malade, il écume les administrations à la recherche d’informations sur son épouse, déportée dans ce camp où la durée moyenne de la survie est de 20 jours. Il se remarie à Quimper en 1948. Il décède à Clohars-Carnoët le 9 juillet 1980.

En 1955, Marguerite Bauché (épouse Chavaroc) est nommée chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume avec attribution de la Croix de guerre avec palme.
Le nom de Marguerite Chavaroc figure parmi les noms des 28 morts du réseau Johnny, inscrits sur une plaque commémorative apposée à proximité de l’église Sainte Trinité de Kerfeunteun (Quimper).

Source :
http://www.memoirevive.org/marguerite-chavaroc-nee-bauche-31796/

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